Mazda Trophée Andros 2016 13

Ça te tente de venir à Isola pour le trophée Andros ?

Instinctivement, j’ai répondu oui.

Puis j’ai réalisé : Ca se passe en hiver ? Il va y’avoir de la neige ? Des skieurs ? Il faut mettre un manteau ? Trois pulls ? Des moon boots en fourrure ? Deux écharpes ? Tout ça pour regarder Miss France se tirer la bourre dans la neige ?!

Mais c’était déjà trop tard.

À vrai dire, pour ceux qui sont réfractaires au ski mais pas à l’automobile, Andros est un moyen intéressant de passer du bon temps à la montagne, en hiver. Par ailleurs, pour les skieurs, les courses se terminent bien après la tombée de la nuit. Bref, Andros, c’est une destination sympa en hiver.

PS: Et oui, il faut mettre des moon boots…

Ce sont les formules un de la neige…

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C’est ce que l’on a coutume d’entendre. Si l’on retient seulement la notion de vitesse absolue, c’est un peu ça. Mais la Formule 1 est une course qui requiert pas mal d’endurance et qui permet de gérer une stratégie de course. Le Trophée Andros s’apparente plus à du Rallye, les épreuves font entre 4 et 8 tours sur un circuit de 800 à 1200 kilomètres, ici, c’est ON/OFF, aucune notion d’endurance, aucune stratégie de course : c’est à fond, du début à la fin.

Les autos étant habillées d’une fine peau, les chocs et accidents sont fréquents mais bénins. Donc, le Trophée Andros, ce n’est pas de la formule un. C’est plutôt un mélange de Rallye sur glace et de stock car.

C’est toujours Yvan Muller la Star…

Mazda Trophée Andros 2016 11

À l’époque, certainement. Ivan Muller détenait le record de victoires sur l’épreuve. Mais depuis cette saison, c’est Jean-Philippe Dayrault, chez Mazda, qui lui a emboîté le pas avec un total de 53 victoires. Pour les spécialistes, pas mal de champions arpentent les pistes verglacées: Olivier Panis, Adrien Tambay, pilote Audi en DTM, Margot Laffite, Nicolas Jamin, pilote en F2000 aux USA….

Les clous volent dans les yeux…

Pneus Trophée Andros 2016Pas vraiment. Ils sont bien attachés aux pneus par des plaques sous le caoutchouc. C’est monsieur Yokohama qui me l’a dit.

Par contre, le pneu, c’est le nerf de la guerre au Trophée Andros: C’est sur ces derniers que se joue toute la course. En fonction des catégories, 6 ou 8 pneus sont alloués par tirage au sort aux autos. Ils s’usent très vite et ne sont efficaces que sur une courte période : trop neufs, les clous ne sont pas assez sortis pour procurer de l’adhérence, trop usés… Et bien ils sont trop usés. Si une équipe utilise un bon jeu de pneus pour les qualifications, elle se retrouve donc avec des pneus usés pour la course. Comme les lots sont numérotés et les numéros inscrits sur les voitures, tout le monde s’espionne pour deviner la stratégie de l’adversaire..

Les motards sont des bagnards russes…

Ou pourrait le penser. Lorsqu’on les regarde, gigoter sur leur moto pour se réchauffer, attendant le feu vert pour s’élancer, on imagine facilement que ces courageux messieurs ont eu le choix entre mourir sur la piste d’isola ou purger la totalité de leur peine dans un goulag en Sibérie.

L’épreuve AMV est une des plus surprenantes du week-end. Les gars partent en meute, sur des motos chaussées en pneus cloutés, et à chaque fois c’est pareil: y’en a toujours un pour se foutre par terre au premier virage. Ce salopard fait tomber tous les autres qui lui roulent dessus et ça finit en paquet de gens et de motos avachis dans la glace et les clous.

Le public est hystérique, le spectacle dantesque. Heureusement, dans ces jeux du cirque à la Mad Max, il est rare de voir des blessés. En fait, les pilotes sont tous des pointures du motocross et viennent s’amuser ici entre deux championnats..

Les voitures électriques sont rechargées par des groupes électrogènes diesel…

Pour ne pas contredire Betteridge et sa loi des titres, je vous le donne dans le mile : Non. Les autos électriques usent peu de batterie : sur un week-end, elles parcourent en moyenne 25 kilomètres. Elles ne requièrent que peu d’électricité pour fonctionner et ne passent pas leur temps branchées sur le secteur.

Chose amusante, elles ne disposent que de deux roues motrices. En course, elles prennent donc moins d’angles que les protos Elite et Elite Pro. Pourtant, en raison de leur faible poids et de leur couple instantané, certains pilotes arrivent à faire le même temps au tour que ces derniers..

Les constructeurs, ils font quoi ?

Les constructeurs ont pour habitude de se disputer la catégorie Reine: l’Elite Pro. Les autos sont très éloignées de la série, avec un châssis tubulaire, quatre roues motrices et directrices et un mélodieux V6 en position centrale. Elles développent 350 chevaux et pèsent environ 1000 kgs. Seule une petite cloison en plexiglas sépare le pilote de la mécanique…

Ils ont un peu déserté les paddocks pour être honnête. Mazda est le seul constructeur officiel et le seul à vraiment s’investir : ils ont un grand paddock et jouent le spectacle à fond. Derrière, le Team WRT engage des Audi A1, pilotées par des pilotes Audi de DTM et dispose d’un budget plus important que le constructeur japonais… Mais chut, Audi n’est pas engagé hein!

Le règlement est compliqué…

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Le trophée Andros se déroule en sept étapes, la première étant Val Thoren, suivie d’Andorre, de l’Alpe d’Huez, puis d’Isola. Enfin, arriveront Lans en Vercors les 22 et 23 janvier, Super Besse le 30 janvier et Saint Dié des Vosges le 13 février.

Chacune de ces étapes compte cinq épreuves : le trophée AMV, à moto, le trophée féminin sur des karts, propulsion, mus par des mécaniques de moto, le trophée ERDF, en voiture électrique, là encore, propulsion, le trophée Elite qui accueille les gentlemen drivers, sur les monotypes à moteur central V6, quatre roues motrices et directrices. Enfin, catégorie reine, le trophée Elite pro, sur les mêmes autos, mais pilotées par des pilotes aguerris.

Concernant l’Elite et Elite Pro, chaque week-end de course se scinde en deux meetings. Un par jour. Chaque Meeting se scinde en trois parties : Séance d’essais, Manches qualificative puis, finale.

Au cours des essais, les pilotes travaillent les réglages de l’auto et leur stratégie de course. Lors des manches qualificatives, ils gagnent au chronomètre leur position sur la grille de la Finale . Et à la Finale, ils se tirent la bourre pour la première place. Les manches qualificatives octroient 75% des points de la journée, les 25 restants découlant de la position sur la ligne d’arrivée de l’épreuve finale.

Il y’a deux manches qualificatives de trois tours par jour. Le circuit étant court (environ 1 kilomètre), les pilotes n’ont pas le choix : il faut être à fond tout le temps. Seul le meilleur tour est conservé et détermine un premier classement, ainsi que la position sur la grille de départ de la finale. Cette dernière se déroule sur 4 tours avec un peloton de 12 voitures.

La catégorie Elite se scinde en deux parties : Elite Pro, les voitures sont alors pilotées par des pilotes professionnels et Elite, ou ces derniers cèdent leur volant aux gentelemen driver, des pilotes amateurs invités par les équipes officielles.

Qui gagne cette année ?

A Isola 2000, c’est Jean Philippe Dayrault qui a remporté la première course de l’Elite Pro, pourtant lesté de 60 kilos. Il était suivi par Benjamin Riviere en DS3 et Franck Laforge en Dacia. Sur la seconde course, c’est Jean Baptiste Dubourg en Clio qui l’emporte devant Adrien Tambay en Audi A1 et Andréa Dubourg en Clio. Au final, Jean Baptiste est premier du classement avec 441 points, suivi par Franck, 400 points et Benjamin, 394 points.
En Elite, Didier Thoral emporte la première course en Mazda 3, Sylvain Puissier la seconde, en DS3. Didier Thoral est en tête du classement, avec 438 points suivi par Eddy Benezet (416 points).
En électrique, Mathieu Vaxiviere est en tête du classement devant Christophe Ferrier et Aurélien Panis. En féminin, c’est Clémentine Lhoste qui est en tête devant Aurore Louison et Laura Monin Bonnard.

Enfin, Sylvain Dabert est le kamikaze qui a su rester en tête des courses motos, loin devant Noël Duvert et Vivien Gonnet..

L’ambiance est glaciale…

Certes. On est à la neige. Mais largement réchauffée par l’accessibilité de toutes les équipes dans les paddocks. Sur la piste, l’avantage de sa petite taille permet de pouvoir observer la course en entier depuis les gradins. Et je vous ais-je parlé des deux présentateurs ? Planqués dans une caravane couverte de neige, ils bavardent toute la journée en commentant chaque événement avec un enthousiasme démesuré. Plusieurs fois dans la journée, leur caravane a été inondée, mais cela n’a même pas suffi à les couper dans leur élan !

Enfin, le soir, dans les restaurants et les pubs de la station, il est possible de s’attabler avec les pilotes, qui témoignent volontiers de leur plaisir à participer à cette course dantesque.

Je remercie Vincent Perraudin d’avoir bravé les éléments et les clous pour nous ramener ces photos.

Je remercie chaleureusement Mazda France pour nous avoir invités sur le Trophée et particulièrement Guillaume et Clotilde pour leur accompagnement et leur sympathie. Vous pouvez suivre l’équipe Mazda sur le site du constructeur, ou depuis leur page Facebook.