Bernard Rochette, l’un des trois cadres de Renault soupçonnés d’espionnage a annoncé ce jour avoir reçu sa lettre de licenciement pour « faute lourde » et il a exprimé sa volonté d’aller jusqu’au bout dans cette affaire pour être lavé des accusations et réintégrés dans ses fonctions.

B.Rochette souligne que « cette lettre ne donne aucune information concrète, fait état d’un licenciement pour faute lourde avec trois fois rien si ce n’est essentiellement des convictions de la part de Renault ». « Il n’y a absolument aucun détail : j’aurais reçu des sommes d’argent d’une source étrangère et Renault ne dévie pas d’un pouce depuis les interrogatoires auxquels j’ai été soumis » ajoute le cadre. Renault a décidé de mon sort uniquement su des convictions et non des faits avérés insiste B. Rochette qui s’estime victime d’un piège tendu par la direction du constructeur. Il reproche en outre à la direction de Renault de ne jamais prendre en compte ou écouter ses explications et sa bonne foi.

Il poursuit  » je suis révolté et je suis complètement déterminé à me défendre, j’irai jusqu’au bout. J’exigerai des excuses publiques de Renaultn je veux être lavé de cela et réintégré à cette entreprise. Comme les deux autres cadres, il laisse à l’entière disposition des enquêteurs et de la justice ses ordinateurs, disques durs ». Invité à dire s’il comptait porter plainte contre son ex-employeur, B.Rochette  a répondu que  » ce sera le début de la réplique et de notre révolte, il est clair que nous allons continuer à nous battre « . A la fin de l’entretien le cadre a affirmé vivre un cauchemar et être totalement étranger à cette affaire d’espionnage si affaire d’espionnage il y a !

Michel Balthazard de son coté va engager une action aux Prud’hommes dès lundi et il se donne quelques jours pour lancer d’autres actions contre Renault. L’avocat de B.Rochette lancera aussi dès lundi une action en justice pour diffamation non-publique devant le tribunal de police compétent. Selon Maitre Thouvenin, l’avocat de M.Balthazard, Renault n’avance aucune preuve réelle ou sérieuse, autrement dit Renault a fait de la déduction en se basant notamment sur une lettre anonyme. Toujours selon l’avocat cela semble du travail bâclé, fait à la va vite !

M.Balthazard ayant reçu exactement la même lettre que B.Rochette sur le fond , il est fort probable que lui aussi entame la même procédure pour diffamation. Un autre élément du doute, explique l’avocat vient du changement de qualification des actes par Renault. La lettre d’information fournie par le constructeur parle d’informations stratégiques alors que P.Pélata , directeur de Renault général délégué de Renault a précisé il y a une semaine qu’aucune pépite technologique, stratégique sur le plan de l’innovation n’a pu filtrer à aucun moment de l’entreprise y compris les 200 brevets déposés ou en cours de dépôt.

Cette affaire  prend aussi un tournure presque cocasse quand des sources proches du dossier révèlent que M. Balthazard s’est rendu très fréquemment en Chine et en Asie. la première et légitime raison c’est que son fils vit et travaille en Chine et c’est à l’occasion de voyages chez Samsung Motors et Nissan pour la direction du groupe que M. Balthazard s’organisait pour prendre quelques jours pour aller rendre visite à son fils en Chine. Mais où cela devient interessant c’est quand on  apprend que c’est la CAT, agence de voyage et transport de Renault qui a toujours organisé les voyages et réservé les différents trajets en avion. L’avocat de finir avec ce fait à noter, la dernière fois que M.Balthazard s’est rendu en Chine, c’était en novembre 2007 avant que son fils ne parte s’installer aux USA.

De son coté Matthieux Tenenbaum se dit stupéfait par la gravité des accusations de Renault, basées ici encore sur une dénonciation anonyme l’accusant d’avoir touché des pots de vin et commis des actes contraire à l’éthique.

Enfin sachez que les batteries du futur en cours de développement chez Renault-Nissan en partenariat avec le CEA ne sont en aucun cas concernées par l’affaire comme l’a confirmé P. Pélata. De son coté le gouvernement français, actionnaire de Renault assure qu’il ne vise aucunement la Chine qui a d’ailleur nié toute implication politique ou industrielle dans ce dossier. Le gouvernement chinois se dit d’ailleurs particulièrement irrité par des accusations sans fondement, irresponsables et inacceptables. Hier vendredi, il a été ouvert une enquête de police préliminaire pour espionnage industriel au profit d’une puissance étrangère.

Via AFP, LeFigaro,Challenge.