Mercedes nous a convié, le 20 juin dernier, à essayer la gamme AMG sur piste et sur route à l’occasion du dénommé AMG Live. Chanceux que nous sommes, vous direz-vous ? A la différence près que cette fois-ci, nous sommes invités à vivre une journée clients. Une journée que vous pouvez vivre de la même façon que nous et tout à fait gratuitement. Si, si ! A la condition d’être client ou potentiel client, faut quand même pas pousser. Néanmoins, c’est ici une belle démarche de la part de Mercedes car, comme vous allez le voir, la marque a mis les petits plats dans les grands.

L’essai se déroulait sur le circuit de Chenevières, en Lorraine. Mais l’AMG Live parcourt différents circuits de France afin de se rapprocher de tout le monde : le Castellet, le Mans, Albi ou encore la Ferté Gaucher. A l’arrivée, vous retrouvez un beau condensé de la gamme AMG avec entre autres A45, GLA45 mais aussi C63 S, E63 S et même les fabuleuses AMG GTC et AMG GTR. Vous aurez également la possibilité d’essayer la gamme 43 AMG sur route, ce que nous ferons plus tard.A peine arrivés et après les formalités d’usage, on enfile son casque et on saute en voiture. Nous prendrons tout d’abord le volant d’un dragster, la Mercedes SL63 AMG. Avec 585 chevaux, elle égale la puissance de l’AMG GTR mais ses 900 Nm de couple obtiennent, et de loin, le record de la gamme, SL 65 AMG exceptée. Sur piste, accompagnés de notre instructeur, nous pouvons profiter pleinement de la voiture.

La Mercedes SL63 AMG est une voiture lourde, plus d’1,8 tonne, et plutôt typé GT que sportive. Pour autant, le comportement ne se désunit pas et le roulis reste contenu. Le moteur, avec cette valeur de couple camionesque, est un pur régal et n’engage jamais à l’envoyer dans le haut du compte tour. Dès 1000 trs/min, le V8 bi-turbo arrache le bitume dans une motricité bluffante : le 0 à 100 km/h s’établit tout de même en 3,7 secondes. Même si ce n’est pas sa vocation, la voiture possède un mode Sport qui relâche un peu la tension sur le train arrière et le rend plus mobile tout en gardant une grande sécurité : fort appréciable. Même si cette SL63 AMG n’est pas faite pour le circuit, elle s’en tirera avec les honneurs.

A peine sorti de ce coupé, que nous sautons dans un autre: la Mercedes AMG GTC. Changement de philosophie, changement de monde. Afin de la replacer dans la gamme, la Mercedes AMG GTC se trouve entre les AMG GT/GTS et l’AMG GTR. C’est un peu un compromis des deux mondes. Elle est moins démoniaque et sportive que l’AMG GTR même si elle en reprend des éléments de design : calandre Panamericana et ailes arrières. Pour autant, elle rajoute un peu de piment par rapport aux AMG GT/GTS avec plus de puissance (557 chevaux), les éléments aérodynamiques de la GTR et surtout, son train arrière directeur. C’est une sorte d’AMG GTR cabriolet assagie.

Nous sommes assis très bas et le long capot intimide. En revanche, la position de conduite parfaitement ajustable et le bon maintien des sièges rassurent. Une fois en piste, l’AMG GTC démontre un certain équilibre et une absence de sous-virage, ce que l’on devrait attendre d’une voiture dont le V8 bi-turbo est positionné si en avant. Parlant du moteur, son caractère évolue fondamentalement par rapport à la SL63 AMG. Moins coupleux, malgré ses 680 Nm, mais également moins puissant, il abat pourtant le 0 à 100 km/h dans le même temps que celle-ci.

En revanche, comme je le disais, son caractère n’a plus rien à voir. Il ne rechigne pas à monter dans les tours avec une faible inertie et une boite assez courte, tant et si bien qu’on se retrouve à égrainer les rapports presque sans discontinuer. Il chante à l’accélération et vocifère des gerbes de gaz imbrûlés à la décélération. Quel moteur ! La boite accouplée à ce fabuleux moteur est une double embrayage rapide et efficace. Elle répond à la moindre injonction aussi bien à la montée qu’à la descente. Un point marquant restera tout de même le train arrière directeur. Cette voiture est longue et possède un grand empattement. Le train arrière directeur balaye tout cela d’un revers de main et vous donne l’impression d’une voiture plus courte et plus agile, surtout dans le serré.

A la sortie de la piste, l’instructeur me propose de faire un tour musclé en passager avec lui, j’accepte. Si j’avais l’impression de bien rouler, sans pour autant chasser le chrono, je me suis instantanément senti le plus mauvais conducteur que la terre ait jamais porté. Conduire une voiture comme celle-là est une chose, la piloter en est une autre. Il m’a totalement remis les organes internes en place mais surtout, la voiture a démontré un savoir faire que je n’imaginais pas. Jamais piégeuse, profondément efficace et au freinage sans faille. Il faut dire aussi que le niveau des instructeurs présents est impressionnant : ancien pilote de F1, cascadeur, propriétaire d’école de pilotage… Ils sont tout aussi intéressants que les voitures en elles-mêmes.

Je sors de la voiture, content. Il faut passer maintenant au clou du spectacle : la Mercedes AMG GTR. Le temps d’avaler une bouteille d’eau et de profiter des rafraîchissements mis à disposition par Mercedes. La vague de chaleur ne nous épargne pas. Même voiture, autre ambiance. A l’extérieur, la voiture a encore pris en agressivité en passant du cabriolet au coupé. Le pare choc arrière se dote d’un seul échappement central et d’un diffuseur bien plus agressif. Sur le coffre, un aileron fixe est venu compléter la panoplie. A l’intérieur, un bouton permettant de régler le contrôle de traction est apparu, il possède neuf positions. De plus, l’alcantara et le carbone ont de part et d’autre remplacé le cuir. Pour faire court, vous prenez le résumé de la GTC et vous augmentez tout de 50%.

Le grip est encore plus important grâce, notamment, aux Pilot Sport Cup 2. L’accélération est encore plus véloce avec 585 chevaux et 700 Nm de couple. La boite est encore plus rapide. Le moteur est encore plus sonore. Les sensations sont encore plus jouissive. Quelle machine. Une chose m’aura fortement impressionné : la motricité. Même en deuxième, sortie de virage et roues droites, pied au plancher, tout passe au sol sans le moindre soupçon d’hésitation. Les vitesses de sortie de virage sont tout simplement balistique. Vous avez un petit aperçu en vidéo ci-dessous.

Vient ensuite l’occasion d’assister à une petite présentation d’AMG avec tout d’abord un peu d’histoire. AMG est né dans les années 1960 grâce à deux ingénieurs : Hans Werner Aufrecht et Erhard Melcher. Ils travaillent au département de développement du groupe Daimler-Benz où ils préparent le moteur de course de la 300 SE. Cependant, le groupe décide de suspendre ses activités dans le sport automobile. En 1967, ils décident alors de créer leur propre entreprise à Burgstall, à coté de Großaspach. Ainsi naquit AMG. En 1971, lors des 24 Heures de Spa, la 300 SEL remporte la course et fait 2ème au général, un exploit qui fera connaitre AMG.

La fin de la journée débouchera sur un essai routier de la gamme 43 AMG. Nous essayerons la Mercedes E43 AMG et la Mercedes C43 AMG cabriolet de respectivement 367 et 401 chevaux. Si certains trouverons à dire qu’il ne s’agit pas là de vraies versions AMG, ils auront probablement raison. Pour autant, Mercedes a réalisé ici une gamme absolument fabuleuse. Elles n’ont peut être pas le châssis des BMW mais elles préservent un certain confort conjugué à une excellente tenue de route.

Mais LE point important à mon sens et qui me fait littéralement craquer, c’est ce moteur. Le V6 bi-turbo que l’on peut trouver au cœur de la gamme 43 AMG est une pure merveille pour qui veut quelque chose de puissant, confortable et agréable. Ce V6 est un véritable élastique capable d’enrouler sur le couple mais aussi d’aller chercher des tours. Il chante à n’en plus finir tout en restant feutré. Ce V6 est tout simplement magistral, j’avais eu l’occasion de l’essayer dans une Mercedes SLC 43 AMG et j’en avais redemandé, me voilà servi.

Que conclure de tout cela ? Mercedes propose, avec AMG Live, un moment en immersion dans l’entièreté de sa gamme : sur route avec les 43AMG et sur piste avec les AMG. Le tout dans un cadre idéal, sécuritaire et professionnel. Il n’y a pas de marque, à ma connaissance, qui fasse autant pour leurs clients ou leur futurs acheteurs. Si, Porsche, mais en un endroit unique et non en faisant le tour des circuits. On ne peut que louer ce genre d’initiative et je vous encourage vivement à vous rapprocher de votre concessionnaire Mercedes le plus proche afin de soudoyer une invitation. S’il vous plait, ne me dénoncez pas, il vont sûrement m’en vouloir. Seul bémol, la journée est extrêmement rythmée, mais il faut dire que nous étions là en tant qu’essayeur ce qui ne reflète pas le profil d’un client/futur client.

Un grand merci à Mercedes pour l’organisation de cette séance d’essai.

Photos : Aymeric V.