Bristol : Ville britannique située au sud ouest de l’Angleterre sur la rivière Avon, 416.000 habitants recensés. Cary Grant est né à Bristol tout comme les groupes Portishead, Massive Attack ou les chanteurs Tricky et Nick Kersaw ( perdu corps et âme pour ce dernier ! ). La ville était réputée pour son industrie aéronautique notamment parce que Bristol possèdait d’immenses hangars dans lesquels furent assemblés les Concorde…. mais non je ne vais pas vous parler de géographie mais de Bristol Cars Ltd, entreprise de construction automobile née en 1946 du coté de Filton près de… Bristol ! La marque est toujours située au même endroit depuis 1946 mais possède un show room dans le très chic quartier londonien de Kensington. Le petit constructeur anglais de voiture de luxe a une particularité il ne possède ni concessionnaire, ni agents commerciaux à travers le monde mais il traite en direct avec tous ces clients que l’on estime entre 50 et 75/an sachant que la dernière grosse année de production répertoriée fut 1982 avec 104 voitures produites.

Bristol se fit remarquer dès 1947 avec sa 400 qui est une quasi copie des BMW 327-328 tant sur le plan esthétique que sur le plan technique, on retrouve même le fameux double haricot, marque de BMW. Le L6  BMW revu et corrigé par Bristol fut même en service jusqu’au début des années 60 avant d’être remplacé par les V8 du groupe Chrysler et c’est encore le cas.  Chez Bristol les modèles sont faits pour durer et alors que la marque a changé de propriétaire en 1997 et que depuis, elle a lancé les terribles Fighter ( 550 à 780 chevaux ) et Fighter T ( moteur V10, 8.0L biturbo de plus de 1050 chevaux, 1404 Nm, Vmax théorique de 434 km/h autolimitée à 355 km/h et 0 à 100 km en 3.3 secondes ), la marque de Filton a relancé l’an passé la mythique 411 dans sa version Mk6 suite à la demande de la clientèle qui ne se reconnaissait pas  dans les Fighter trop sportives et les Blenheim trop modernes  ! si si ….

Donc voici le retour de l’atypique 411 dans sa 6eme évolution depuis sa présentation né 1969 dont la dernière version Mk5 fut produite jusuqu’en 1976 et à 287 exemplaires. La ligne générale est restée la même depuis 41 ans, seules les vitres sont un peu plus teintées, les rétroviseurs sont devenus électriques et les jantes sont passées de la tôle ou des rayons aux jantes alu excessivement modernes et en… 15 pouces chaussées dans une dimension oubliée de nos jours, le 215/70 R15 ( ou 225/60 R 16 en option pour les fous de modernité ) que vous ne trouverez que chez les grands manufacturiers sur commande ou chez le manufacturier anglais Avon. Sous le long capot de la 411 Mk6 on retrouve toujours un V8 Chrysler 5.7 L à injection dans une version confortable de 355 chevaux environ associé à une BVA4 et un différentiel qui transmet la puissance au pont arrière .

Et en montant dans une 411, c’est un nouveau monde qui s’ouvre à vous à moins que ça ne soit un retour vers le passé car si l’équipement est complet, réalisé sur mesure malgré quels détails typically british comme les HP arrières situés au pied de la banquette ( comme sur les Austin Mini ) et parfois moderne  ( cf Poste Radio CD/MP3/GPS de chez Becker au look rétro- je vous en avais parlé l’an passé-  ), ici pas de DA mais une direction à pas variable, pas d’ABS car les Bristol freinent très bien et tiennent excellemment la route dixit le constructeur ! Ce sont des étriers à 4 pistons qui officient à l’avant et à 2 pistons qui travaillent à l’arrière .

Sachez que la 411 est tout de même annoncée pour une Vmax de 230 km/h et un 0 à 100 km/h en 6.2 secondes grâce à un poids de seulement 1676 kg pour une longueur de 4.902 m, une largeur de 1.727 m, et un empattement de 2.896 m. Pas mal pour une vieille anglaise !

Pour l’habitacle de l’auto, il faut oublier le carbone, l’alcantara, pour retrouver les vraies valeurs avec un cuir qui est de la même qualité que celui des Phantom ou des Mulsanne, une moquette en laine Shetland avec surtapis et des boiseries en ronce de noyer comme on en faisait jusque dans les années 70 c’est à dire montée quasiment selon les règles de la marquetterie. Concession à la « modernité », et oui il en faut bien une, des boiseries qui désormais peuvent être en bruyère ou dans des nuances de gris foncé. Chez Bristol vous pouvez aussi choisir votre volant car là encore, oubliez l’airbag et donc mettez bien votre ceinture de sécurité ( Bristol fut le premier constructeur anglais à installer le dispositif de sécurité ). Comme je vous le disais plus haut, on retrouve une radio actuelle ( mais on peut obtenir sur demande une radio/K7), mais aussi la clim, les vitres électriques, les appuies têtes arrières, une belle instrumentations et moult détails chromés ( dont les pares chocs  )qui ont aujourd’hui disparus de nos autos .

Et pour vérifier que le coffre est à la bonne dimension, voici la méthode anglaise … il suffit de pouvoir transporter un sac de golf ou un homme mort ( d’ivresse ?? ) et on a la bonne taille !

Et pour la bonne bouche et la rareté du procédé, voici le système de roue de secours de la série 400.

Pour le reste c’est une auto unique, entièrement réalisée à la main ( plusieurs centaines d’heures ) qui vous coutera la bagatelle de 128.500£ ou 154.500€ mais qui vous fera rouler différemment si ce n’est dans un autre temps même si votre Bristol 411 serie6 est neuve. Une voiture faite pour vous si vous fréquentez assidument les clubs de fumeurs de cigares, si les fauteuils « club » sont votre truc, si « Chapeau melon et bottes de cuir » est votre série fétiche ou si les excellentes Mémoires de Churchill sont votre livre de chevet ( à moins que ça ne soit « la Guerre des Mondes »… )

Si vous trouvez cette 411 trop désuete ( si si il y en a qui disent ça ! ), sachez qu’il existe la plus actuelle Blenheim 3 ( à ne pas confondre avec le bombardier de la seconde Guerre Mondiale ), avec ses feux arrière de vieille Vauxhall Senator, qui est développée sur la même base ( faut surtout pas se priver des bonnes choses ! ), la Bristol Blenheim Speedster et la redoutable Fighter ( au maximim une vingtaine d’exemplaires produits chaque année ).

La Bristol 411 et les Bristol en général sont des autos vraiment faites pour les amateurs de l’automobile anglaise ou les nostalgiques des sixties mais une chose est sure, c’est une manière de rouler singulier !

Pour découvrir les Bristol, c’est par là.

et une vidéo avec la 410 qui est l’ancètre de la moderne 411…

Enfin il ne faut pas oublier les Bristol revues et corrigées par Zagato ( d’ailleurs l’arrière de la Fighter ne ressemble t il pas à celui de l’Alfa Roméo TZ3 présentée il y a quelques semaines à la Villa d’Este ) et surtout les mythiques Cobra de Caroll Shelby construites sur un chassis Bristol !

Soyez fous, roulez en Bristol, vous ferez votre petit effet !

( ps : dans quelques temps, nous parlerons soit d’une Jensen, soit d’une Reliant à moins que ce soit d’une Monteverdi ! )

Via Bristol, Youtube, Classic&Performance.