La circulation à Paris laisse vraiment à désirer. Entre les incivilités au volant et le non-respect du code de la route, les exemples sont foisonnants et en dissuadent plus d’un de prendre sa voiture. Je prends souvent ma voiture de Beauvais pour aller dans le sud de la France, à Port La Nouvelle, et je suis obligé de passer par Paris. C’est l’endroit où je perds le plus de temps : il y a trop de bouchons c’est insupportable, la conduite est stressante et ça fini par devenir un vrai cauchemar confie Philippe.
Alexandre, Copenhagois et venu étudier une année à Paris avoue qu’il n’oserait jamais conduire à Paris : Les scooters doublent par la droite, font des zig-zag entre les voitures. Il y a trop de voiture, une circulation assez rude je ne pourrai pas gérer ça.

Difficile de s’imaginer pire, et pourtant…

Istanbul, capitale économique de la Turquie, trafic routier chaotique, circuit de rallye ville où les fous du volant sont notoires…

Ici, il faut faire attention aux voitures quand tu marches, quand tu traverses me raconte Kerim. En effet, les conducteurs ne prêtent pas attention aux piétons, ils ont l’oeil rivé sur le compte à rebours du feu de circulation qui leur indique qu’il ne reste que 17 secondes avant le passage au feu vert, 13 secondes, les moteurs grondent et menacent de partir…
Quand vous voulez traverser, les véhicules ne s’arrêtent pas, au contraire, ils accélèrent. N’espérez pas qu’une voiture s’arrête pour vous laisser traverser : Ca use de l’essence de s’arrêter pour laisser passer les gens, raconte Bilge, il faut que je repasse en première et ça abime l’embrayage. Ici la priorité à droite, bien qu’existante, n’est jamais appliquée. Et pour couronner le tout, on ne freine pas à une intersection où la visibilité est nulle —on klaxonne et on fait des appels de phares—.

Pour la première fois de ma vie je prends le volant et rentre dans le trafic Stanbouliote. Les piétons n’ont pas l’air très sensibles au passage d’une voiture, l’espace de rigueur à laisser est de 50mm en ville et 5 cm sur route. Je rentre sur la route et je me rends compte que les clignotants sont en option sur les autres véhicules. Appréhender et prévoir mais en même temps ne pas trop réfléchir au risque de briser la mécanique de l’automate qui conduit son taxi et qui s’insère sur la route tel un véhicule prioritaire.

Hop ! Première priorité refusée par un minibus, je ne peux m’empêcher de lancer un petit « connard » mot doux derrière mon pare-brise. Franchissement de ligne continue, refus de priorité aux piétons —régulièrement engagés—, petits coups de klaxons et enfin ma première priorité que je refuse… Eh bien bravo. T’as la conduite turque dans le sang renchérit mon co-pilote. Bon si je récapitule tous mes forfaits il me reste combien de points sur mon permis ? Sachant que j’en ai que 6… Ca ne fait plus beaucoup. Sachant que plus de 25 % des conducteurs sont à défaut de permis. Ca peut expliquer pourquoi la circulation est aussi anarchique, mais bizarrement le nombre de tués sur la route est en dessous du chiffre Français.

Tout se passe bien jusqu’à ce qu’une femme à bord d’un très joli BMW X5 s’engage dans une rue à sens unique à contre sens. Je la vois de loin, je lui fait des appels de phares, klaxons et signe de ne pas continuer mais que nenni… Elle fonce ! Je fais de même dans ma petite 206 —féline—. Freinage in extremis digne d’un film d’action. Une femme d’une trentaine d’année, lunettes de soleil à la Paris Hilton, hystérique me fait tous les signes inimaginables et semble dire des choses pas très douces envers mon petit bolide qui l’empêche de passer… Sa copine, une bonne mémé sort de la voiture croyant pouvoir me séduire me lance un écoute il y a des travaux dans la rue, il y a beaucoup de circulation alors tu fais marche arrière et tu nous laisse passer. Je lui réponds qu’il était hors de question et que je ne bougerai pas d’ici. En l’espace de quelque secondes, deux passants viennent demander ce qu’il se passe, heureusement pour moi, ils prennent ma défense : Madame, vous prenez la rue en sens inverse, vous êtes en tort et vous parlez encore ?. Arrive un autre passant qui se mêle avec eux, puis un taxi s’arrête et me félicite de ne pas avoir cédé et lance à la mémé : c’est complètement anormal ce que vous faites, rentrez immédiatement dans votre voiture et bougez de là, vous bloquez toute la circulation !. Je vous laisse imaginer la tête de Miss Paris Hilton quand elle a dû refaire tout son trajet en marche arrière rebroussant chemin face à une modeste mais non moins charismatique 206 —féline—.

Etant à Istanbul pour un semestre, en échange Erasmus, j’aurai le temps de vous raconter les différents charmes de la circulation en Turquie. En espérant ne pas avoir à vous raconter ce qu’il faut faire en cas d’accident, du moins ne pas en arriver jusque là. Pour information, en Turquie, en cas d’accident, les conducteurs n’ont pas le droit de déplacer les véhicules et doivent attendre la police pour établir un constat, même s’il n’y a pas de dégâts apparents, même si ça crée 3 kilomètres de bouchons.

Enfin, je me rend compte mon article se fait l’avocat de la conduite en France et par souci d’objectivité je me dois aussi de montrer qu’en France on a également nos fous du volant. Certes, il faut être malheureux pour espérer qu’une Mini Cooper S puisse dépasser une Maserati mais les inconscients au volant sont partout.