Essai Volkswagen e-Golf 2017 - Photos

Quand en plein mois de février pluvieux on reçoit une invitation de Volkswagen pour venir prendre en main la nouvelle Golf restylée en pleine Mer Méditerranée, à Majorque, il ne faut pas de longues minutes pour répondre positivement.  C’est ainsi qu’après la découverte des versions plus classiques il y a quelques semaines, c’est au tour des versions écologiques d’être à l’essai : e-Golf et GTE.

 

Je commence la première demi-journée avec le nouveau millésime de l’e-Golf. Comme Gilles vous l’a expliqué avec amour très récemment sur les Golf thermiques, point de gros changements donc là non plus côté esthétique. Elle bénéficie elle aussi de série de phares full LED arborant la nouvelle signature lumineuse, avec la possibilité d’obtenir en option de jolis clignotants à défilement. Elle conserve toujours sa calandre pleine et décorée d’un liseré bleu, tout comme son pare-chocs avant spécifique orné de feux de jour en forme de C, similaire aux nouvelles Renault. Point noir, qui vous a bien fait réagir sur notre page Facebook, les jantes « Astana » de 16 pouces, au goût douteux.

Ce restyling conserve strictement les mêmes dimensions et offre donc toujours la très bonne habitabilité du modèle au plus de 30 millions d’exemplaires écoulés en plus de 40 ans. Seul le coffre pâtit de la présence des batteries avec un volume diminué d’environ 40 litres (de 341 à 1 231 l). Malgré les très nombreuses versions disponibles dans la gamme, je n’avais encore jamais essayé de Golf, et j’ai été personnellement très déçu par l’ambiance à bord. Austère, sombre et très plastique sont les qualificatifs qui restent après ces quelques centaines de kilomètres à bord. On connaît les allemands et leur finition exemplaire, rien à dire à ce niveau n’ayez crainte, mais c’est tout. Pas de magie. Pas de folie. Heureusement, le nouvel écran de 9,2 pouces est là aussi parfaitement intégré, et de série avec la fonction Gesture Control. Ce dernier vient égayer un peu cette planche de bord et surtout apporter un super confort d’utilisation non négligeable. Avec en plus l’Active Info Display, l’écran de 12.3 pouces venant remplacer les compteurs analogiques (en option), la Golf fait maintenant dans la modernité. Et on aime ça !

 

Vous l’avez deviné, je ne pourrais pas faire de comparaison avec la précédente génération d’e-Golf. Mais à en croire mes collègues je devrais être très agréablement surpris par ses compétences dynamiques. Et ils ont eu parfaitement raison, mais à mon sens, cela se fait en dépit d’un comportement bien moins intéressant que dans les compactes d’aujourd’hui. Je m’explique. La tenue de route n’est pas des plus parfaites : roulis, sous-virage, perte d’adhérence. Cela ne signifie pas qu’elle n’est pas confortable ou sécurisante, au contraire. Mais avec des accélérations et reprises aussi fulgurantes, grâce à l’électricité, l’envie de taper un peu dedans se fait ressentir et pourrait nous amener à être déçu. Alors attention, je veux quand même mesurer mes propos, elle se comporte malgré tout plutôt très bien et surtout elle n’est pas prévue pour cela, ses réglages le sont donc en conséquences. J’ai en fait été entraîné par la horde de Golf GTI Performance qui se trouvait là par hasard, et qui roulait fort, très fort. Et vous savez quoi ? Ils ont été sacrément surpris de ne pas réussir à me distancer !

Essai Volkswagen e-Golf 2017 - Photos

En revanche, et c’est bien là l’essentiel, en conduite de tous les jours elle est d’un confort irréprochable. Elle est douce, parfaitement silencieuse et se manie avec une facilité déconcertante. Pour les irréductibles de l’or noir rien ne change véritablement à son volant par rapport à une voiture thermique, et après seulement quelques jours d’adaptation vous pourriez presque vous demander pourquoi on n’a pas commencé directement par cette énergie. Tout du moins pour notre petit quotidien…

Parlons peu. Parlons efficace. Parlons chiffres. Avec cette nouvelle e-Golf tout augmente : plus de capacité, plus de puissante, plus d’autonomie. Grâce à des cellules lithium-ion passant de 25 à 37 Ah, on se retrouve avec une capacité augmentée de 11,6 kWh sans encombrement supplémentaire ou prise d’embonpoint inutile. Les 35,8 kWh proposent une autonomie annoncée de 300 km NEDC, mais qui semblerait presque tenable : c’est un exploit. Pendant l’essai, plusieurs e-Golf ont parcouru environ 110 km avec une autonomie théorique restante de 205 km. Pour cela, conduite très écolo en mode Brake et Eco+ de rigueur, mais l’évolution en quelques années est vraiment flagrante ! Pour votre quotidien, compter alors plutôt sur une autonomie de 200 à 230 km.

Si l’on peut parcourir plus de kilomètres, on peut également les parcourir plus rapidement. La puissance passe de 86 kW à 100 kW, soit de 115 à 136 ch. Grâce à un couple de 290 Nm le 0 à 100 s’abat en seulement 9,6 s (contre 10,4 s) et les reprises sont toujours plus impressionnantes.

Seul vrai soucis, le temps de chargement augmente lui aussi. Et pas qu’un peu… Chez vous, il vous faudra 17 heures (!!) pour recharger au complet, 11h avec une Wallbox et 45 minutes pour 80 % si vous trouvez une station rapide. (Contre 13h, 8h et 30 min)

Avant de pouvoir faire des économies de carburant il sera nécessaire de digérer le ticket d’entrée qui débute à 39 350 € (hors bonus). A titre de comparaison c’est environ 4 à 5000 € plus cher qu’une Nissan Leaf Acenta ou Hyundai Ioniq Electric Creative aux équipements similaires mais à l’autonomie un peu plus faible. Et même plus de 10 000 € supplémentaires qu’une Renault Zoé, cette fois-ci moins bien équipée mais à l’autonomie supérieure d’environ 100 km.

Essai Volkswagen e-Golf 2017 - Photos

Le second jour étant très serré au niveau du timing, je n’ai alors eu que très peu de temps en compagnie de la GTE. De quoi cependant m’apercevoir que l’hybride est un très joli compromis. On bénéfice du calme de l’électrique lorsque l’on veut, pendant au moins une trentaine de km, et de son punch évidemment. Mais aussi, lorsque c’est nécessaire, de la sonorité sympathique d’un moteur essence (ici, le 1.4 l TSI de 150 ch), avec des accélérations assez redoutables malgré tout. En plus, elle s’avère encore plus dynamique et précise que l’e-Golf. Les trajectoires sont plus facilement tenables, et à des vitesses plus élevées. Le freinage plus mordant, et la tenue de route assez incroyable. Je pensais au départ que l’utilisation du terme « GTE » était plutôt commercial, en faisant un petit clin d’œil à la GTI afin d’attirer quelques amoureux du modèle. Mais j’ai été franchement bluffé par la relative sportivité qu’elle nous démontre et le plaisir qu’elle arrive à procurer.

Peu de changements pour cette nouvelle Volkswagen e-Golf, mais qui pourtant changent tout. Le même dynamisme tout en parcourant toujours plus de kilomètres, un confort au rendez-vous et un comportement sain. En plus, avec de telles évolutions techniques la conduite devient de plus en plus sereine en électrique grâce à un œil moins rivé sur l’autonomie et l’on profite pleinement du calme. On le sait, seuls des tarifs encore bien élevés sont un frein pour de nombreux clients. Mais ça avance, ça avance…

 

Marre d’entendre parler d’écologie ? D’électrique ? Ou d’hybride ? Rassurez-vous nous avions les deux extrêmes lors de ces essais internationaux sur la plus grande île des Baléares. Des GTI Performance et Golf R étaient également à l’essai, la première sur route, la seconde sur circuit. C’est un tout autre monde… Un article dédié arrivera prochainement, alors je compte sur vous pour ne pas louper ça !

Essai Volkswagen Golf GTI Performance e-Golf 2017 - Photos

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)