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La citadine française chic se donne des atours façon bad boy. Et la bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas que de la frime !

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Broaap ! Dans mon parking souterrain, la DS 3 démarre à froid dans un grondement sourd, métallique, rauque, avec des intonations saccadées qui, pendant les quelques secondes où le ralenti n’est pas encore régulier, me font presque penser au flat four d’une Subaru WRX ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est assez évocateur et que cela ne donne pas dans la discrétion.

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Ce qui ne donne pas non plus dans la discrétion, c’est l’habillage de ma DS 3. Certes, la citadine branchée du groupe PSA n’a jamais donné dans l’introversion en adoptant en permanence une posture oscillant entre le snob et le chic, à grand renfort de contraste de couleurs et de possibilités de personnalisation ; j’avais eu d’ailleurs la chance à l’été dernier de tester une Citroën DS 3 Cabrio avec son nouveau moteur 3 cylindres et la boîte auto et je l’avais trouvé plutôt séduisante et pétillante, à condition de laisser la BVA en mode sport (essai : ici). Mais là, on donne ouvertement dans le bad boy, avec ce modèle Performance Cabrio dans sa déclinaison Black Special.

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Mettons les choses dans l’ordre : si la nouvelle DS 3 commence à partir de 15 950 €, la version Performance est elle aussi assez nouvelle en ce sens qu’elle adopte une version du 1.6 THP portée à 208 ch, identique à celle présente dans la Peugeot 208 by Peugeot Sport (essayée ici par Victor), ceci allant de pair avec de sérieuses évolutions sur le train avant, dont nous reparlerons. Bref : la bombinette commence à 27 950 € (30 450 € en Cabrio), et si l’on opte pour une déclinaison plus exclusive, la version Black Special s’offre à vous contre 32 950 € (et 35 450 € pour notre Cabrio d’essai). Si vous pensez que c’est beaucoup d’argent pour les 3,95 mètres d’une DS 3, sachez que l’on peut encore faire mieux avec la série limitée DS 3 Performance BRM Chronographes, vendue 36 950 € ; cette série est limitée à 39 exemplaires dont 10 pour la France. On la reconnaît grâce à sa teinte dorée, et à la terrasse d’un café, on reconnaît son propriétaire grâce à la solide montre BRM V6, faisant partie du package, qui se distingue par ses aiguilles assorties. Elles ne sont jamais très raffinées, les créations de Bernard Richards Manufacture, mais elles marquent sans aucun doute l’attachement de son propriétaire aux valeurs du sport automobile. Pour ma part, j’ai passé pas mal de temps sur leur site, et devant les vitrines des horlogers, sans jamais oser franchir le pas…

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Mais revenons à nos moutons. La version Black Spécial vaut donc 5000 € de plus que la DS 3 Performance de base et certes, sa peinture noire matte, ses éléments en carbone, ses rétroviseurs dorés (et son toit sur la non Cabrio) lui donnent une sacré allure. Elle se distingue aussi par ses feux mi-LEDs mi-xénon, sa caméra de recul, son radar de stationnement à l’avant, son système de freinage assisté en ville et son système audio plus évolué avec notamment un caisson de basse. Sans cela, la DS 3 Performance d’entrée de gamme vaut moins qu’une Peugeot 208 GTI by Peugeot Sport, ce qui remet l’église au milieu du village.

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Un vrai châssis de sportive

La comparaison n’est pas anodine, car au-delà de la nouvelle calandre et de la nouvelle signalétique propre à toutes les DS 3 2016, la version Performance a aussi soigné ses dessous. La précédente version de la DS 3 Racing, dont je parle sans avoir jamais eu l’occasion de l’essayer, il semblerait qu’elle séduisait plus par son moteur que par son châssis. Là, les choses ont nettement évolué.

Jugez plutôt : sous son allure provocante, ma DS 3 Performance Black Special cache ni plus ni moins qu’un train avant de Peugeot 208 GTI by Peugeot Sport. Par rapport à la précédente DS 3 Racing, cela veut dire : une assiette plus basse de 15 mm, des voies plus larges de 26 mm devant et 14 mm derrière, et surtout la présence d’un différentiel Torsen identique à celui qui officiait sur la Peugeot RCZ R de 270 ch. Ça devrait le faire, non ? En même temps, le moteur est passé de 203 ch et 275 Nm à 208 ch à 6000 tr/mn et 300 Nm à 3000 tr/mn, tandis que les rapports de boîte ont été légèrement raccourcis. Bref, elle ne se contente pas d’avoir de l’allure, cette DS 3 Performance Black Special, il semblerait qu’elle se soit également donné les moyens de ses ambitions.

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Prenons place : je n’ai pas d’avis préconçu sur la présence de doré partout. Ça éclaircit un peu l’habitacle. Par rapport à la version 1.2 3 cylindres essayée l’été dernier, je retrouve mes repères tant au niveau des compteurs que de l’infotainment à commande tactile. La seule grande différence tient dans le pédalier alu et les jolis sièges baquet en tissu et Alcantara®. Au fil des kilomètres, je constaterai qu’ils maintiennent biens sans jamais être inconfortables. Par contre, la DS 3 que je connaissais s’est transformée en une auto (très) fermement suspendue, presque raide sans toutefois être jamais cassante, sauf sur les pièges que recèlent parfois notre chaussée. Du coup, le feeling est vraiment sportif, renforcé par la sonorité rauque du 1.6 THP, enfin surtout à bas régime, car tout en haut du compte-tours, elle devient assez commune.

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La bonne équation

L’équation moteur puissant / petite voiture est rarement décevante et la DS 3 Performance est assez jubilatoire à conduire. D’un côté, le 4 cylindres est souple, reprenant sur le régime de ralenti en 4ème au besoin. De l’autre, il est quasiment toujours présent, dans une sonorité profonde lorsque l’on le sollicite vraiment à mi-régime ; enfin, il ne déclare pas forfait jusqu’à son niveau maximal de puissance, dans une accélération certes assez linéaire, mais toujours efficace.

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DS revendique des performances identiques pour le coupé et le Cabrio, avec dans les deux cas le 0 à 100 km/h couvert en 6,5 secondes (ce qui commence à dépoter) et 230 km/h (avec une personne à bord). Pour ma part, j’ai enregistré un 228 km/h compteur à 4 dedans, à 5500 tr/mn en sixième, ce qui me laisse à penser qu’elle pourrait tirer un chouia plus court. Dans ce type d’exercice, la stabilité est irréprochable tandis que la capote ne semble souffrir d’aucun stress ; on connaît des cabrios qui, à ces vitesses, se sentent naître des vocations de parachutes. En usage courant, ce qui est agréable, c’est le couple à mi-régime, qui permet des reprises de grosse cylindrée et des dépassements sans efforts.

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Lors d’un essai assez complet, sur plus de 1000 kilomètres et qui, je dois l’admettre, fut mené assez tambour battant, je m’en sors avec une conso moyenne de 9,7 l/100, soit plus que les 5,4 l revendiqués par DS. Cela dit, c’est en phase avec ce que j’avais constaté sur des autos d’un niveau de puissance comparable, comme l’Opel Corsa OPC et ses 207 ch (essai : ).

Cette valeur peut être revue à la baisse, car sur autoroute à vitesse légale, la DS 3 Performance se contente de 7,7 l/100, et même de 5,6 l/100 sur route départementale à un rythme de sénateur. Donc, grâce à son Stop & Start et dans le cadre d’un usage courant raisonnable, la DS3 Performance devrait être assez frugale en carburant.

Je dois aussi l’avouer : sur un terrain de jeu challengeant, isolé et dont j’ai le secret, j’ai réussi à consommer du 24,4 l/100, mais dans le cadre d’un usage totalement déraisonnable et pas du tout perrichonophile. Cela dit, c’était l’occasion de mettre la DS3 Performance et de la tordre dans tous les sens pour, enfin, lui faire avouer sa véritable personnalité.

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Et sa personnalité, elle tourne autour d’un train avant totalement démoniaque. C’est quoi, un train avant démoniaque, devez-vous vous demander ? C’est très simple, ça tient en trois points. Un : une capacité à rentrer fort en courbe, sans sous-virage, avec un max de précision et un minimum de roulis. DS 3 Performance : check. Deux : au point de corde, conserver du pouvoir directionnel, avec la possibilité de resserrer la trajectoire. DS 3 Performance : check. Trois : en sortie, la capacité à relâcher la sauce sans risquer ni patinage ni remontées de couple parasites dans le volant. Un test de départ gaz à fond au péage n’a même pas réussi à trouver la limite du grip des Michelin Pilot Super Sport. DS 3 Performance : check. Bref, l’avant est juste indestructible, et il participe à l’expérience de conduite assez jouissive de cette traction explosive dont le poids contenu (1175 kilos) aide à garantir une conduite ludique.

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Et l’arrière, dans tout cela ? Il est un rien mobile au lever de pied en entrée de courbe, mais l’ESP jugule et cela reste contrôlable. Par contre, avec l’empattement court, la DS 3 Performance danse la Lambada sur les très forts ralentissements (mais là, on parle de taper fort dans les freins à plus de 180 sur des bosses). Bref, elle vit, elle demande un peu de savoir-faire pour ne pas finir dans le rail : la DS 3 Performance est une GTI telle qu’on les aime !

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Une fois revenue à un état d’esprit plus raisonnable, la DS 3 Performance témoigne de sensations un peu sportives en toutes circonstances : elle reste un peu bruyante sur longs trajets (échappement, capote) et la sono reste finalement assez moyenne sur l’autoroute. On reste ainsi dans l’esprit d’une bombinette, les sensations d’abord, la ouate après..

Au final, je m’attendais à tomber sur une frimeuse qui surjoue son apparence en noir mat, et j’ai découvert une véritable petite sportive, efficace, constante dans l’effort et assez drôle à emmener. Au quotidien, les sièges et les suspensions mettent dans l’ambiance tandis que la capote généreusement ouverte renforce le fun factor et la polyvalence… Carton plein, ne serait-ce le tarif. Mais les DS n’ont pas vocation à se brader, stratégie premium oblige…

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Photos : Benoît Meulin (© Red Door Prod).