La notoriété de la marque Audi s’est en partie faite sur la technologie Quattro suite aux succès en compétition du fabuleux Coupé UR aux mains de pilotes de renom comme Michèle Mouton ou Walter Rohrl. Dès lors, les modèles de série en profiteront, donnant ainsi un gène supplémentaire à l’ADN de la marque d’Ingolstadt. Aujourd’hui c’est près d’un tiers de la gamme commercialisée en Quattro.

Nous avons profité des derniers flocons des giboulées de printemps pour prendre en main une A4 Avant deux roues motrices et amener un peu de réflexion sur ce mode de transmission souvent oublié lors des différents essais.

Nous reviendrons sur le produit en lui-même pour une présentation succincte puisque ce n’est pas un nouveau modèle en soulignant l’éternelle qualité qui reste un maître mot chez Audi. Notre Audi A4 Avant (B9) 3.0 V6 TDI 218ch Design Luxe S tronic a fière allure et reflète la classe discrète et l’élégance. La Marque aux anneaux a toujours soigné ses breaks et celui-ci ne saurait déroger à la tradition. Les lignes sont tendues, un tantinet agressives mais surtout très racées !

Alors que la Nationale 7 est à la mode, nous choisissons d’emprunter l’autoroute de l’Est puis la RN19 jusqu’au célèbre village de Colombey les deux Eglises. Au cours de ce trajet, nous découvrirons ensemble les différentes fonctions de l’A4 et Dieu seul sait qu’elles sont nombreuses tant au niveau sécuritaire, confort, et aides à la conduite. Puis nous nous pencherons également sur les qualités dynamiques de notre monture.

Paris ! Nous quittons le XVIe arrondissement pour très vite faire une halte au Champ de Mars pour découvrir le Virtual Cockpit dont est pourvu notre modèle d’essai. Ces données ont déjà été présentées dans des précédents articles mais il est bon de revenir sur cet équipement très complet et ses deux écrans. Téléphone, GPS, système audio et ordinateur de bord y sont regroupés, le tout réglable depuis le volant multifonction permettant ainsi à un conducteur seul à bord de gérer ses besoins en matière conduite. Le GPS en trois dimensions est particulièrement réaliste et surtout très réactif, qualité toujours utile dans une circulation parisienne qui peut se révéler dense. Les couleurs sont vives et agréables. L’écran central donne toutes les indications ainsi qu’un rappel sur le combiné devant le volant entre le tachymètre et le compte-tour. La vision haute qui se généralise sur bon nombre de véhicules et qui n’est plus un scoop, est également fortement appréciée.

Moteur ! Le 3 litres TDi se fait discret, la boite automatique avec ses différents modes est réactive et son double embrayage permet de passer chacun des 7 rapports en 2 dixièmes de secondes. Penchons-nous sur cet embrayage à double arbre : un sert à passer les rapports pairs et le deuxième les rapports impairs. Lorsqu’un de ceux-ci est engagé, le système prépare le passage du suivant sur l’arbre secondaire, simple mais révolutionnaire et dotant les Audi d’un agrément de conduite sans à-coups et des montées en régime franches dès les tours les plus bas jusqu’à plus de 5000 tours/minutes. Le V6 issu du 272 ch « dégonflé » à 218 ch ne rechigne pas à la tâche et se montre à la hauteur pour mener les 1480 kg à vide du break. Les routes vallonnées de Haute Marne nous le prouverons aisément.

Cette fois, c’est parti, direction le périphérique, juste le temps de sortir de notre place de parking à l’aide de la caméra qui recrée une vue 360° au dessus de notre voiture ! Cette Audi est bourrée d’astuces de ce genre et nous sommes comme des gamins avec un gros jouet ! Le détecteur de présence dans les angles morts matérialisé par une veilleuse dans le rétroviseur est top également.

L’autoroute A4 s’offre à nous après quelques ralentissements et il est temps de mettre le régulateur pour rester dans la légalité. Ah le régulateur adaptatif ! Quel confort, seul bémol, déboiter assez tôt avant l’obstacle roulant, une habitude à prendre mais terminé les pressions répétées pour couper ou remettre la fonction en marche. Idem pour les radars de stationnement qui font détecteurs de piétons et génèrent ainsi un freinage automatique d’urgence. Nous nous approchons de plus en plus de la voiture autonome dont on parle tant !

La météo n’est pas avec nous ce qui nous permet de juger la tenue de cap par grand vent, l’excellent Cx de l’A4 se joue des rafales, point besoin de Quattro dans la situation actuelle, la monte en 245/40 R18 assure le passage de la puissance aux roues sans effets de couple même lors de tombées de rapports au kick down. Notre Audi reste indifférente et avale les kilomètres sans coup férir ; j’avoue avoir gardé un petit côté rebelle fan de la conduite arsouille, mais dans le cas présent je me laisse aller au confort de notre salon roulant.

Puisqu’il est question de salon, un rapide retour sur la qualité de fabrication Audi, même si ce n’est qu’un rappel. Le mariage du Cuir Nappa Atlas beige avec surpiqûres gris granit, de l’alcantara et des inserts en aluminium est parfait et l’harmonie est omniprésente sans être clinquante, toujours la classe discrète ! La climatisation bi-zone à l’avant et réglable également à l’arrière est à souligner. L’espace dédié aux passagers derrière les places conducteur et passager, souvent décrié est somme toute correct et le coffre de 505 litres accepte sans rechigner bagages et clubs de golf, le tout modulable, bien évidemment pour atteindre 1500 litres de contenance.

Le temps se dégage, une petite halte au lac de Mesnil St Père pour une pause gustative nous permet de faire le tour de l’A4. Le coloris Gris Daytona souligné par l’entourage des vitrages latéraux et les barres de toit chromées donne un peu de contraste, tout comme la double sortie d’échappement. Les phares xénon et feux LED font partie des équipements de série tout comme la très discrète antenne de toit. L’Audi attire les regards, elle reste une référence dans sa catégorie et le promeneur lambda ne s’y trompe pas ! Une fois encore cette ligne est superbe…

Nous ne sommes pas loin de notre but, et les esses avant d’arriver à Colombey vont nous permettre d’éprouver la tenue de route de la Belle. Sa plateforme entièrement revue en 2015 est à la hauteur de nos espérances, elle avale les courbes sans sourciller, peut être un léger roulis à haute vitesse. L’essieu allégé à cinq bras donne à l’Audi une précision parfaite, le placement en courbes est précis et le train arrière posé sur de simples ressorts hélicoïdaux suit sans questions inutiles, l’empattement de 2820 mm et les voies de plus de155 mm n’y sont pas étrangers. Une fois encore la version traction avant assume son rôle avec brio. Le seul environnement où cette dernière avouera ses limites sans équipement, c’est un sol enneigé. Nous en ferons l’amère expérience, quelques peu honteux sur le parc d’un restaurant non dégagé, mais gageons qu’avec quatre gommes hiver elle saura également se montrer à la hauteur. Et coté consommation, le V6 reste très raisonnable. Lors de notre galop d’essai quelquefois musclé, à aucun moment nous ne dépasserons les 6 litres au 100km ! Agréable surprise lors du plein de carburant, nous trouverons la trappe de remplissage d’AdBlue à coté de celle de gazoil, fort pratique par rapport à certaines marques où il faut accéder à ce réservoir par la soute à bagages.

En résumé, une version deux roues motrices est parfaite pour une utilisation normale. Les Quattro seront préférées par les conducteurs évoluant dans des régions montagneuses ou sur des routes à risques neigeux. Nous n’avons trouvé que des attraits à cette A4 Avant et un seul défaut : la qualité a un prix, les options également, ce qui peut amener au final une addition dépassant les 60 000 euros. Toutefois cette qualité est également un atout en cas de financement, la bonne tenue des Audi sur le marché de l’occasion offre des valeurs rachats de location à fort taux, ce qui a pour effet de baisser les loyers mensuels.

A louer donc, au propre comme au figuré !

Crédit photos : Gilles Dichamp.

Merci à Audi France pour le prêt de cette Audi A4.