Avec les nombreux articles parus sur le blog abordant le sujet, je pense que tout le monde l’aura compris : le diesel n’est définitivement plus à la mode. Emetteur de particules pour les uns, antithèse du plaisir de conduite pour d’autres, sa mort a été annoncée à maintes reprises. Pourtant, nombreux sont les constructeurs à continuer de développer ces motorisations pour bon nombre de modèles. 
À l’heure où la personne lambda souhaitant une voiture pour voyager s’oriente vers un SUV (diesel évidemment), pourquoi l’amateur d’élégantes berlines et coupés classieux n’aurait-il pas le droit d’avoir également recourt à ce carburant ? Explorons la question avec cette nouvelle mouture de la récente Audi A5, la version cabriolet.

Essayée en version Coupé, Sportback et S par mes collègues Thomas et Gabriel (essais à relire ici et ), charge à moi d’essayer la déclinaison cabriolet de cette nouvelle A5. Plutôt emballé par les modèles de gammes inférieures et les nouvelles technologies embarquées (Virtual Cockpit en tête), je me réjouissais d’avance de savourer cette A5 sur un trajet au long-court, à savoir en un week-end environ 1200 km d’autoroute et de voie rapide. Initialement tenté par le V6 TDI de 218 ch d’ailleurs essayé par Gilles sur l’A4 Avant ici, je ferai contre grosse cylindrée sobriété à la consommation, pas plus mal niveau budget pour un week-end me direz-vous.
C’est donc le 2.0 L TDI qui m’accompagnera tout au long de cet essai.
Dans mon entourage, les premières réactions furent plutôt mitigées. Un cabriolet avec un petit moteur Diesel ? Mais quelle hérésie ! Où est donc passé le plaisir de conduire ? Il est vrai qu’au premier abord, le terme cabriolet synonyme d’un choix plaisir pour une voiture s’oppose à diesel, qui rime le plus souvent avec nécessité.
D’autre part, le 2.0 TDI que j’avais déjà eu l’occasion de croiser sur d’autres produits Volkswagen Group (je pense au Tiguan) ne brillait dans mes souvenirs pas par son caractère rageur, à voir donc.

Mais petit retour en arrière, avec la première génération apparue en 2007 (déclinaison cabriolet en 2009), il y a donc pratiquement 10 ans.
Par rapport à cette dernière, la nouvelle mouture 2017 gagne 4 cm en longueur mais surtout plus de 70 kg sur la balance pour atteindre un poids à vide de 1840 kg, un sacré chiffre au regard de la motorisation dont je dispose !
La nouvelle génération du 2.0 L TDI développant initialement 170 ch puis 177 avec le restylage de mi-carrière passe donc comme vous l’aurez compris à 190 ch. Les performances s’en trouvent transfigurées en permettant au 0 à 100 km/h de gagner une seconde en passant de 8,8 à 7,8 secondes, ce qui n’est pas rien ! D’autre part, la vitesse maximale annoncée est portée à 233 km/h, soit 11 de plus que précédemment. Quelques kilos mais surtout quelques chevaux en plus et la nouvelle A5 Cabriolet gagne en dynamisme.

Dynamisme dans les lignes également. Le style est bien évidemment identique au coupé, la capote souple en plus (tout comme Mercedes et sa Classe C Cabriolet tandis que BMW continue de miser sur un toit « en dur » pour la série 4).
Me concernant, je pense que le style de cette nouvelle mouture vieillira bien plus vite que la generation précédente, la faute à une nervure latérale très marquée, accentuant le côté dynamique de l’auto tout en rabaissant la ligne générale de profil mais donnant un air faussement baroque qui selon moi dessert à l’harmonie de l’ensemble. Les jantes 19 pouces à 15 branches de notre modèle d’essai viennent remplacer les 5 branches 18 pouces de série avec le pack extérieur S-Line. Pour certains « ça claque », pour ma part je commence à en avoir ma tasse de thé de cette mode des jantes diamantées qui trahissent
Du reste, la face avant demeure très aggressive, accentuée par une calandre à barres létérales chromées, un bouclier spécifique au pack extérieur S-Line et enfin une signature lumineuse LED reconnaissable entre mille associée aux clignotants dynamiques, trahissant la présence des fameux phares Matrix LED.
La force d’Audi c’est d’avoir réussi au fil des ans à abandonner définitivement les rondeurs au profit de lignes saillantes sans pour autant choquer la clientèle en changeant radicalement de style. Et qu’on se le dise, la force d’une marque généraliste côté style, c’est d’évoluer sans révolutionner, attestant d’une pérénité et surtout d’une capitalisation des acquis d’un constructeur.

A chaque règle son exception. Si le design extérieur n’a rien de vraiment nouveau, l’habitacle et les technologies embarquées dans cette nouvelle A5 Cabriolet viennent enfoncer un peu plus le clou pour placer la generation précédente au rang de vetuste. Sans parler de la satisfaction insolente du cadre supérieur en mal de reconnaissance lorsqu’il pointe le nez de son A5 tout neuve à côté d’une version antérieure au feu rouge. Je vous l’accorde, les prejugés sur les allemandes et leurs propriétaires nous permettent bien des écarts, j’en profite ! N’empêche que, sur un trajet de 5h30 pour presque 600 km, seules deux voitures m’ont posé soucis, 2 Audi… Un problème d’ego les gars ?
Je m’égare. L’habitacle donc, reprend trait pour trait celui de l’A5 Coupé et Sportback. Et malgré la présence de l’écran central et du Virtual cockpit, je reste surpris par la multitude de boutons places absolument partout sur la console centrale. Du réglage de volume multimedia au choix du mode de conduite du DCC (qui est pourtant accessible via le menu classique et la molette de selection), tout y est. Au centre trône le sélecteur de boîte qui donne clairement envie d’être saisi à pleine main comme pour passer des rapports plutôt que d’opter pour les palettes.
Ô surprise, c’est une sellerie cuir/tissu qui habille cette configuration pourtant très complète. On est vraiment dans l’archétype de la configuration allemande : peinture argent fleuret, ambiance habitacle noire et sieges tissus, et pas loin de 16 000 € d’options. « Montre moi tes options, je te dirai d’où tu viens. »

Les options comprennent les sieges avant chauffant/massant, l’excellent système audio Bang&Olufsen (bien que clairement pas au niveau du Bower&Wilkins apercu entre autres chez Volvo), le DCC (Dynamic Châssis Control déjà croisé sur d’autres modèles du groupe) ainsi qu’un ensemble complet de systèmes d’aides à la conduite pour une conduite quasi semi-autonome. Equipée pour la route vous avez dit ?

Oui, certains font de la route en SUV ou dans de grosses berlines, comme c’est l’été j’ai opté pour le cabriolet.
Toutes vitres levées et filet anti-remous en place, aucun problème pour rouler cheveux au vent à 130 km/h. Et encore, « au vent » c’est vite dit, tant les perturbations sont atténuées voire supprimées par la configuration décrite ci-avant.
Vous commencez à le comprendre l’intérêt du cabriolet Diesel ? Profiter des qualités routières d’un imposant coupé tout en prenant un petit bain de soleil pour arriver tout bronzé à destination. Merci qui ? Merci Audi.
Mon trajet était le suivant : Paris -> Crozon (en Bretagne). Près de 600 km au total avec de l’autoroute jusqu’à Rennes, puis une cinquantaine de kilomètres sur voie rapide limitée à 110 km/h et les 100 derniers kilomètres composés de petites routes disposant cependant d’un excellent revêtement et de lignes blanches clairement identifiables par la voiture.
Malgré quelques ralentissements au départ, la circulation devient très vite beaucoup moins dense et je peux ainsi me mettre en configuration « trajet au long-court » comme j’aime le faire à savoir : siege reculé, jambes allongées, volant près du corps, régulateur une dizaine de km/h au dessus du flot de circulation, DCC en mode « comfort », toutes aides activées, un paquet Haribo à portée de main et enfin ma musique « chilling » du moment soit Thylacine. Je vais bientôt me transformer en bloggeur lifestyle avec tout ça…
C’est clairement pour moi LA meilleure configuration possible pour profiter au mieux des qualités routières de cette A5.
Mais deux éléments viennent toutefois entacher la copie.
Premièrement, je ne vous recommande définitivement pas le mode « efficiency » du DCC, au risque de perdre jusqu’à 15 km/h en montée malgré le régulateur de vitesse enclenché. Dommage, l’une des raisons de mon choix pour ce 2.0 TDI 190 étant la sobriété…
Deuxièmement, même reproche qu’auparavant sur l’Activ Line Assist qui passe son temps à me balancer d’une ligne à l’autre de ma voie de circulation là où d’autres constructeurs parviennent à maintenir la voiture au centre de cette voie.
Cependant, le confort ne souffre quant à lui d’absolument aucun reproche malgré les jantes de 19 pouces. Aucune prise de roulis intempestive et une direction parfaitement calibrée pour un dosage idéal une fois le contrôle repris.
L’excellent système B&O participe également à la sensation de bien-être ambiante l’augmentation du volume ne souffrant d’aucune altération ou vibration désagréable au contraire, il fait partie de ces systèmes audio que l’on aime pousser dans ses retranchements pour redécouvrir certaines musiques.
Du reste, l’insonorisation a fait l’objet d’un travail exemplaire. Même en mode « dynamic » pied au plancher, l’A5 nous préserve du hurlement désagréable d’un 4 cylindres Diesel, même avec le toit ouvert et CA c’est cool !

Un peu à la manière de « Bienvenue chez les ch’tis », la pluie fait son apparition après Rennes, l’occasion de s’arrêter pour recapoter bien que l’opération soit possible jusqu’à 50 km/h, ce qui est vraiment très confortable afin d’éviter de gêner les autres usagers par un arrêt prolongé au feu en ville.
Il ressort de la manoeuvre que malgré la capote relevée, ma passagère arrière (à droite) se trouve bien à son aise. Avec un conducteur dont la taille n’excède pas 1m80, il est tout à fait possible d’envisager les longs voyages à 4 sans pour autant sacrifier le confort de ses passagers.
Capote en place, le coffre est d’ailleurs plutôt logeable, ce qui est légion sur de grands coupés. Avec 380 litres et 320 lorsque la capote est ouverte, il s’agit tout simplement du plus grand coffre de la catégorie. Astuce, il vous est même possible via un petit bouton à l’intérieur du coffre à gauche de déplier le bac qui sert à dissimuler la capote une fois repliée afin de vérifier si une fois vos bagages en place, il vous sera possible de décapoter. L’espace alloué reste conséquent mais gare aux bagages épais !

Restait un dernier point à aborder pour que l’essai soit complet. Bien que nous souhaitions vous présenter prochainement cette nouvelle A5 Cabriolet avec une motorisation plus « noble », je n’ai pas résisté à l’envie d’enchainer une paire de virolos à rythme soutenu pour voir ce qu’elle avait dans le ventre.
En mode Dynamic, la réponse de l’accélérateur se fait plus franche et sensible tandis que la direction raffermie au poil permet un assez bon feeling de la route, malgré la multitude d’assistances électroniques qui la sépare de moi. Le volant Sport 3 branches S-Line est une réelle invitation à placer ses mains à 9h15 et ne plus le lâcher.
La boite S-Tronic 7 rapports est toujours une belle réussite. Bien qu’enfonçant régulièrement au plancher la pédale de droite, les kick-downs sont d’une douceur impressionnante, ce qui ne donne même pas envie de jouer des palettes pourtant si plaisantes à manier.
La taille démesurée de la pédale de frein invite quant à elle au freinage musclé et tardif, et je ne me ferai pas prier.
Ça peut paraitre totalement contre nature de malmener un pachyderme nourri au mazout, mais après cette petite session, je n’ai qu’une envie : essayer une S5. Bien menée comme une traction l’exige, il est quasiment impossible de prendre le châssis en défaut tant il absorbe chaque imperfection du revêtement. Le train arrière reste parfaitement en ligne à chaque freinage et enroule comme il se doit chaque virage. On sent véritablement que la voiture peut encaisser le double de puissance sans aucun problème tant ce genre d’exercice parait naturel à son volant.
Et pour couronner le tout ? La consommation s’envole mais pas les vocalises, un diesel discret même en charge, bon sang que c’est agréable.

Convaincu ? Il est indéniable que cette A5 Cabriolet est une routière hors-pair, bonne à avaler du kilomètre à n’en plus finir et à en redemander. Et pour l’utilisation que j’en ai faite, je n’aurai pas voulu autre chose qu’un Diesel qui m’a tout de même gratifié d’un 6,7 L / 100 km en consommation moyenne sur environ 1500 km d’utilisation ville/route/autoroute sans ménagement. Sous ses airs discrets, elle cache d’ailleurs bien ce dont elle peut être capable.
Et bien que le prix d’appel pour une A5 Cabriolet 2.0 TDI 190 S-Line puisse paraitre presque « raisonnable » (j’insiste sur les guillemets) à 57 000 €, dans le cas présent une facture totale de plus de 72 000 € pour un cabriolet diesel gris avec sièges tissus, je dis non.
Typiquement allemande cette configuration…

Tous mes remerciements à Florian pour sa disponibilité et à Audi France pour le prêt du véhicule.

Crédits Photos : Ancelin Schoenhentz