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En ce premier week-end de juillet, Catherine Laborde est sous pression : l’indice UV et le mercure s’affolent. Quoi de mieux qu’une découvrable pour profiter de ce temps et prendre du plaisir au volant, cheveux aux vent ? Fuyons la canicule parisienne, direction la Normandie en DS 3 Cab THP 165.

La DS 3 est une pionnière : c’est elle qui a fait renaître le Phénix et relancé la branche haut-de-gamme de Citroën. Vendue à plus de 350 000 unités depuis 2010, la petite citadine premium est un succès incontestable dans un segment pourtant richement fourni et avec comme principales concurrentes l’Audi A1, l’Alfa Romeo MiTo ou encore la Mini. De façon à lui donner un nouveau souffle et assoir un peu plus sa domination, Citroën DS a décidé de renouveler sa citadine phare en la modernisant à l’intérieur comme à l’extérieur à l’occasion du dernier Salon de Paris.

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Humblement nommée Ultra Prestige, nous avons affaire ici à l’une des superbes (et sûrement la plus luxueuse) éditions limitées disponibles sur la DS 3. Le nom est un peu « too-much » en France mais devrait plaire au marché asiatique, où DS décolle littéralement : 26 000 DS vendues en 2014, soit 22 % des ventes de Citroën. Cette série spéciale a donc pour base la finition Sport Chic et ajoute à la citadine quelques appendices haut-de-gamme de façon à lui donner encore plus d’exclusivité. Déjà extrêmement séduisante et aboutie en version « traditionnelle », la DS 3 Ultra Prestige en remet une couche et montre tout le savoir-faire du constructeur en matière de personnalisation et de soin apporté au look de sa citadine. Habillée d’une magnifique robe « Whisper », une teinte prune tirant vers le noir puis vers le violet en plein soleil, et chaussée des superbes jantes 17 pouces Bellone noires diamantées, dont le centre est assorti à la couleur de la carrosserie, la DS 3 Ultra prestige fait dans le raffinement. Chaque détail de cette voiture a été soigné, à l’image de l’intégration un peu partout du monogramme DS : comme paupières de phares, niché sur le côté des feux arrières, sur les rétroviseurs, mais aussi sur la toile de la capote.

Le restylage a été l’occasion pour la DS 3 de changer de vue et de se doter, en série en finition Sport Chic, des superbes projecteurs DS LED Vision. Ces derniers rassemblent le meilleur des deux mondes en combinant LED (perspicace) et xénon, dans l’optique (notez le jeu de mot : optique, phare… Je suis déjà loin) de donner un look décalé à la voiture de jour comme de nuit, et de la doter d’un éclairage exceptionnel une fois dans la pénombre (en feux de route, on a réellement l’impression d’être en plein jour tant ils sont puissants). Cerise sur le gâteau, les superbes clignotants progressifs soulignent le regard de notre belle et les feux arrières 3D sont une merveille. Tout n’est que détail dans le luxe les amis.

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À l’intérieur aussi, la DS 3 Ultra Prestige mérite son patronyme. Elle se voit dotée d’une planche de bord recouverte de cuir blanc et badgée DS, très agréable au toucher mais incompatible avec une utilisation quotidienne « normale » de la voiture tant il se salit vite. On est dans le luxe, on s’en fout… Même constat pour l’exclusive sellerie « bracelet de montre » dégradée noir et blanc, du plus bel effet. Aux antipodes de cette démonstration du savoir-faire DS, « chassez le naturel, il revient au galop » : on sent encore l’appartenance au groupe PSA par l’utilisation de plastiques très moyens à certains endroits et de petites pingreries (coucou les économies d’échelle). Mention spéciale aux commodos de réglages du régulateur de vitesse et de la radio derrière le volant que j’étais heureux de retrouver puisqu’ils étaient également de la partie sur ma première voiture : une 206 1.4 HDI sortie il y a… 10 ans.

Notre DS 3 très haut-de-gamme fait étonnamment l’impasse sur des équipements basiques pour une voiture de ce standing, comme le réglage électrique des sièges avec mémoire (qui eût été pratique puisque ceux-ci se dérèglent dès qu’une personne pénètre aux places arrières) ou le régulateur de vitesse intelligent avec alerte de franchissement de ligne. On a toutefois droit au freinage d’urgence en ville (30 km/h max.), aux sièges chauffants (même si j’avoue ne pas avoir vérifié leur efficacité vue la chaleur), à une caméra de recul plus que bienvenue et à… un parfumeur d’ambiance, qui embaume l’habitacle d’une douce odeur de rose. Côté multimédia, notre modèle d’essai avait quelques mois et n’était donc pas doté de l’écran tactile, récemment ajouté sur l’ensemble de la gamme DS. J’ai donc dû me contenter d’un écran 6 pouces élégamment intégré à la planche de bord en cuir et d’un système vieillissant se commandant depuis de minuscules touches et une microscopique molette. Inutile de vous dire que rentrer une adresse dans le GPS est un fardeau et naviguer dans les menus est une épreuve.

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Après 5 minutes de manipulation pour saisir « Fécamp », DS et moi partons pour la Normandie. Température oblige, le bouton d’ouverture de la capote me fait de l’œil et je ne tarde pas à découvrir la belle. La cinématique est la même que sur la 500c et se décompose en deux étapes : la première impulsion permet d’ouvrir le toit jusqu’au-dessus du coffre, alors que la deuxième fait descendre la capote sur la lunette arrière. Dans cette dernière configuration, le rétroviseur central ne vous sera plus d’aucune utilité puisque la capote repliée fait perdre toute visibilité, un point embêtant que DS aurait pu contourner en permettant une vision arrière permanente par la caméra de recul. À l’arrêt, j’avoue avoir regretté le fait de ne pas pouvoir me la jouer James Bond en agissant sur l’ouverture ou la fermeture de la capote directement depuis la clé ; en plus d’être sympa, cela aurait été un vrai plus côté pratique puisque la DS3 Cab met de looongues secondes à se (dé)couvrir. Heureusement, l’opération peut se dérouler jusqu’à 120 km/h en cas de pluie soudaine ou d’arrivée sur le Périph’ pour éviter de prendre une douche ou une cure de CO2.

L’A13 se profile et la forêt de Marly me permet de goûter aux joies de l’autoroute en découvrable. La configuration de la DS3 Cab, découvrable plus que vraie cabriolet, permet de rouler confortablement cheveux au vent jusqu’à 110/120 km/h. Poissy, 130 km/h, de façon à arriver sur la côte normande sans avoir la tête comme un ballon, je referme le toit de la belle et la transforme en DS 3 quasi-traditionnelle. On se sentirait presque oppressé dans ce sombre habitacle avoir après avoir goûté aux joies d’une découvrable…

N’ayez crainte, les fauteuils invitent au voyage et, à l’avant comme à l’arrière, la DS 3 est une bonne petite routière. Elle accueille sans problème quatre adultes et offre même une cinquième place centrale arrière, chose rare dans un cabriolet. Bien que le coffre soit plutôt spacieux (245 L vs. 130 L pour la Mini) et que son volume ne change pas en fonction de la configuration du toit, son accès est laborieux : ne comptez pas pouvoir y glisser l’énorme valise de votre chère et tendre ou le vélo du petit dernier, l’accès est étroit et l’espace se destine, vue sa disposition, aux week-ends en amoureux et aux parties de golf entre amis. Une DS 3 traditionnelle sera plus pratique au quotidien et ne nécessitera pas de contorsions de votre part pour rentrer un pack d’eau dans le coffre. Passée cette petite concession, la DS 3 Cab est une voiture bien conçue et aussi agréable à vivre… qu’à conduire.

Le Cap Fagnet, au-dessus de Fécamp, offre un panorama unique sur les falaises normandes et marque le point de départ d’une route aussi agréable que belle à parcourir le long de la côte. Les routes sont vides et « cruiser » au volant de la DS 3 est une invitation à la détente et au plaisir de conduire.

Notre version d’essai embarque le quatre cylindres turbocompressé 1.6 THP de 165 chevaux. Ce dernier a gagné 10 chevaux tout en étant un poil moins gourmand que la génération précédente. PSA décline son 1.6 THP à toutes les sauces puisqu’il est présent sur la DS 3 avec 165 chevaux, sur la 308 GT avec 205 chevaux et bientôt sur la 308 GTI avec… 270 chevaux. Même si le très agréable PureTech 110 ch est disponible au catalogue, ce THP est celui qui convient le mieux à la DS 3 Cab. Ce denier brille par sa souplesse et sa polyvalence, en proposant un couple de 240 Nm dès 1400 tr/min et abattant le 0 à 100 km/h en 7,5 secondes.

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Reposant sur un châssis sain et pouvant compter sur de très bonnes liaisons au sol, la DS3 sait être ferme sans pour autant être aussi rigoureuse qu’une MiTo : elle filtre correctement toutes les aspérités de la route et ce malgré une monte en 17 pouces. La citadine offre une tenue de route remarquable et une très bonne motricité, sans avoir recours à un quelconque répartiteur électronique. En parcourant les routes à lacets du bocage normand, la DS 3 ne prend quasiment pas de roulis et, même en la titillant un peu, il est difficile de la mettre à défaut. La direction, sans réelle consistance mais néanmoins précise, invite quant à elle plus au confort qu’à la sportivité.

Le quatre cylindres est lui dans cette lignée et, bien qu’il soit performant à tous les régimes en proposant d’excellentes reprises, s’essouffle assez logiquement aux abords de la zone rouge (6000 tr/min.). Le THP 165 ne fait pas dans l’extravagance et laisse à la DS3 R le soin d’apporter à la gamme une pointe de sportivité. Il colle toutefois parfaitement à la philosophie de la DS 3 Cab qui consiste à arriver rapidement et confortablement à destination pour ensuite profiter pleinement de sa douceur cheveux au vent au bord de l’eau. Sa double sortie d’échappement laisse échapper un rugissement pas désagréable à l’oreille qui se feutre puis disparait une fois notre vitesse de croisière atteinte et la 6e passée. Si bien que sur autoroute, à part les quelques légers bruits d’air occasionnés par la capote, la DS 3 est reposante à conduire. Ajoutez à cela une chaîne Hi-Fi plutôt performante et l’on dispose de la citadine de plus de 170 ch la plus agréable qui m’ait été donnée de conduire (loin devant la MiTo QV et un poil devant l’Audi A1 TFSI 180).

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La boîte manuelle à 6 rapports offre une commande directe et précise mais souffre d’un étagement un brun trop long, si bien que l’on se retrouve ainsi à passer une 3e à 110 km/h et une 4e à 130 km/h pour aller chercher les derniers chevaux. Inéluctablement, jouer à cela a un impact sur l’appétit de la voiture et l’on se retrouver à frôler avec les 14 L / 100 km… En conduite coulée, on ne dépasse heureusement pas les 7/8 L / 100 km sur un parcours mixte autoroute/route/ville.

La DS 3 Cab n’est pas une sportive : on avale les kilomètres des routes du bocage normand avec un plaisir inconsidéré en entendant le quatre cylindres se libérer après chaque courbe tout en sentant le soleil vous offrir quelques couleurs. Elle ne nous donne en cas envie « d’attaquer » à son volant comme cela pourrait être le cas au volant d’une Cooper S, pour ne citer qu’elle.

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À ce propos, la DS 3 Cab THP 165 n’a pas vraiment de rival hormis l’anglaise et, affichée autour de 31 000 € dans cette édition haute-couture Ultra Prestige, représente un véritable premium français dans la catégorie des grosses citadines. Surtout qu’elle en a des qualités cette DS3… En plus de proposer une polyvalence certaine grâce à son espace intérieur et ses cinq places, elle bénéficie depuis son restylage d’un panel de motorisation de qualité qui lui donnent l’opportunité de toucher tous types de conducteurs et de bourses. Cerise sur le gâteau, DS propose un programme de personnalisation poussé de sa citadine qui permet de ne pas avoir la même voiture que n’importe qui…

Bref, la DS 3 Cab THP est une voiture qui donne la banane et procure du plaisir à ses occupants. Une voiture passion quoi.

Merci à DS pour le prêt et à Ugo Missana pour les photos.