Avec cette finition « Performance Line », les modèles DS se dotent d’une attitude plus sportive. Compatible avec leur posture de bourgeoise ? Eléments de réponse avec cette DS4 Performance Line THP 210…

Étonnant, cette idée de mêler les univers du chic et du sport, non ? En tous cas c’est la démarche choisir par DS pour relancer un peu l’actualité autour de sa gamme puisque les « Performance Line » concernent aussi les DS3 et DS5. Gamme dans laquelle la DS4 semble avoir un peu de mal à percer. Preuve étant que lors de sa remise à jour du modèle au second trimestre 2015 qui lui a fait perdre les double chevrons, le dédoublement avec une version Crossback attirait toutes les attentions et faisait un peu plonger la version « classique » dans l’oubli ; version classique dont la caisse redescendait de 25 mm pour devenir plus cohérente et plus dynamique. La preuve ? De cette génération, c’est une Crossback HDI 180 qui avait été essayée par mon collègue Victor, et la DS4 normale, personne n’en avait parlé.

Du coup, la version Performance Line est l’occasion de revenir un peu sur la cette brave DS4. Et ce, d’autant plus que je l’ai à l’essai dans une version THP 210, et que celle-ci est plus à même de porter le flambeau que le BlueHDI 120 ou même le Puretech 130 qui peuvent aussi recevoir ce package. Heureusement, la DS4 BlueHDI 100 & BVM5 n’a pas droit à cette définition. Performance, on a dit…

Que du cosmétique…

Petite déception, soit dit en passant : la ligne Performance Line, ce n’est que du cosmétique. N’attendez pas une gestion revue du moteur, de la sonorité, des réglages de châssis optimisés, des modes « sport » et autres gadgets. Que nenni.

On reconnaît donc la Performance Line de l’extérieur à ses jantes noires brillantes, le toit et les coques de rétroviseur noirs, ainsi que les petits logos et liserés qui, accrochez-vous, symbolisent la passion pour le carmin, le blanc pour le pureté et le gold pour la victoire. Bien, bien…

Toujours est-il que posée sur ses roues de 19 pouces (une option à 790 € pour ceux qui ne se contentent pas des roues noires de 18 pouces d’origine), ma DS4 a une certaine allure, c’est sûr. La touche sportive est présente, bien que dans une certaine discrétion, et il faudra sûrement un œil, exercé pour la reconnaître du premier regard dans le trafic.

Les jantes de 19 pouces sont en option

Même chose à l’intérieur. Subtil mélange de chic et de sport, on trouve une planche de bord recouvert d’un beau cuir dans sa partie supérieure (une option à 1650 €), des placages d’aluminium de bonne facture, de beaux sièges baquets en cuir et en tissu avec surpiqûres rouges (l’option full cuir est à 1250 €). Le soufflet du levier de vitesse a aussi ces surpiqûres, les tapis de sol sont spécifiques, le pédalier est en aluminium. Les vitres arrière sont surteintées, pour renforcer le côté bad boy…

Subtil mélange, disais-je, car en même temps, ce n’est ni totalement sport (la position de conduite reste un peu haute et le tableau de bord, s’éclairant de diverses teintes sur les tonalités bleues et violettes, reste assez light en info sportives, telles que les températures d’eau et d’huile, par exemple) ; et en même temps, ce n’est pas over-chic non plus, car si tout est plutôt bien agencé et relativement ergonomique dans cette génération de DS, qui a perdu un grand nombre de boutons sur la console centrale (12 de moins, avec l’apparition de l’écran de 7 pouces), ce n’est pas non plus au top de la modernité, car la base de la DS4 remonte à 2010 et ça commence à se sentir par l’absence des derniers gadgets et assistance à la conduite (freinage auto, maintien de ligne, régulateur adaptatif, affichage tête haute). Mais je le répète : si l’intérieur n’est plus super moderne, il est quand même plutôt sympa dans cette version.

Pour le reste, les places arrière font partie du charme (ou pas) de cette auto : on se sent un peu confiné, les vitres ne descendent pas et les portes possèdent une excroissance que vous vous prenez dans la poitrine quand vous les ouvrez pour accéder à l’arrière. Cela fait partie des singularités de cette auto !

Plus GT que GTI

Néanmoins, il y a 210 chevaux sous le capot. Et ça, j’aime. Ce moteur THP, je commence à le connaître pour l’avoir fréquenté dans la DS5 THP 200 « édition limitée 1955 » ainsi que dans DS3 Performance Cabrio Black Special. Les 210 chevaux sont délivrés à 6000 tr/mn et le couple est de 285 Nm à 1750 tr/mn. Par rapport au THP 200, qui a longtemps officié chez PSA, le THP 210 gagne un stop & start et 10 Nm, ainsi que des émissions en baisse.

Dans la DS4, je l’ai trouvé assez discret (DS a fait l’impasse sur le « résonateur de son » utilisé précédemment), et assez souple et rond à bas régime. Rien à lui reprocher, à part quelques petits à-coups à très bas régime en ville, lorsque l’on évolue en seconde ou en troisième proche du régime de ralenti, par exemple.

Pour le reste, rien à dire, les 210 chevaux sont certainement là, même si la DS4 THP 210 a une personnalité à deux facettes. Tranquille sous 4000 tr/mn ; ensuite, ne disons pas énervée, mais plutôt déterminée de 4 à 6000 tr/mn. L’arrivée de la puissance n’est cependant jamais violente, mais on peut enrouler rapidement sans trop forcer. Rappelons qu’en THP 210, la DS4 a des performances carrément honorables : 235 km/h en pointe et le 0 à 100 couvert en 7,8 secondes.

Louons la démultiplication qui a le mérite de ne pas être trop longue : 3000 tr/mn en 6ème à 130, 4000 tr/mn à 170 (pour nos amis allemands, toujours fort nombreux à nous lire), régime de croisière où les bruits mécaniques commencent à être présents dans l’habitacle.

En THP 210, seule la BVM6 est proposée. Les fans de moteurs essence et d’automatisme devront se replier sur le THP 165. Petit levier, grosse boule et débattements courts, la sélection de vitesse promettait ; hélas, elle se révèle parfois accrocheuse et caoutchouteuse dans son maniement.

Avec les roues de 19 pouces et les sièges un rien fermes, le confort est effectivement typé sport à basse vitesse, surtout avec une suspension avant ferme en compression et en détente sur les petites irrégularités. On s’étonne au début, car cela tranche avec les bonnes manières de cette auto. Puis, quand on trouve un itinéraire bien sinueux, le châssis redevient équilibré, avec un petit peu de course morte pour le confort, mais des mises en appui franches, une direction bien calibrée, des freins qui n’appellent pas de critique.

Côté conso, la DS4 Performance Line THP 210 est donnée à 5,9 l/100 en officiel mixte (138 grammes de CO2). Pour ma part, j’ai fait une moyenne à 8,1, avec des extrêmes à 7,2 sur départementale et 8,7 sur autoroute.

La série Performance Line s’affiche à partir de 31 000 € alors que la gamme DS4 commence à 23 700 €. Dans cette motorisation THP 210, le ticket d’entrée est à 36 000 € et l’on a vu qu’avec quelques options, on frôle les 40 000 €. Car seul le blanc est de série, les autres teintes demandent un supplément de 730 (dans le cas de mon gris platinium) à 890 € (blanc nacré ou rouge absolu). Autres options utiles : 400 € pour l’accès et démarrage mains libre, 900 pour le pack détection et caméra de recul (on ne voit effectivement pas grand chose vers l’arrière), 200 € pour le Mirror Screen. Pour ce prix-là, on a aussi une Mercedes-Benz A250 (211 ch) en finition haute Fascination. La DS4 Performance Line n’a pas peur de la bagarre…

Photos : Gabriel Lecouvreur