Essai Infiniti QX30

Lors de la commercialisation de la Q30, sa première berline compacte, Infiniti arrivait en fanfare sur le marché européen. Plein de beaux objectifs et d’espoirs. Même si la voiture plaît et s’est écoulée depuis janvier à plus de 1600 exemplaires en France, très peu ont été achetés par des particuliers directement. Ce petit couac au démarrage a poussé le constructeur à fortement limiter pour notre marché les déclinaisons de la QX30 : un moteur, une boite, une transmission et 2 finitions.

 

A la différence des Mercedes Classe A et GLA ayant des personnalités bien distinctes, et dont la QX30  reprend les entrailles, on retrouve ici une Q30 où l’on ajoute simplement quelques touches de SUV baroudeur à la mode. Et on ne touche même pas à l’intérieur. Avec ce choix, la QX30 conserve son allure sportive tout en offrant un look de crossover. Quelques petits détails vous permettront cependant de les différencier. On retrouve des arches de roues plus marquées en plastique, tout comme les pare-chocs. Des sabots de protection font leur apparition à l’avant comme à l’arrière. Enfin, la voiture gagne 2 cm en hauteur.

Le design général de l’auto, plein de caractère, reste donc pleinement assumé. Et il devra également être pleinement assumé par le client lui-même. Elle attire véritablement les regards et ne permet pas de rester totalement discret dans la circulation. D’autant plus que la magnifique signature lumineuse, de jour comme de nuit est conservée et offre un regard incisif. Personnellement, je reste donc très fan.

De l’intérieur ce très long capot et ces ailes bombées impressionnent, il est nécessaire de parcourir quelques centaines de kilomètres à son volant afin de bien s’y familiariser. Au départ, on se sent presque à bord d’un énorme SUV.

 

Essai Infiniti QX30

Concernant l’intérieur justement, comme je vous le disais c’est le même que sur la berline. Mais pour mon modèle d’essai, j’ai été cette fois-ci un peu plus déçu, le « waouh » ressenti en montant à bord de la Q30 il y a an laisse place à un « ouais ok sympa ». La faute probablement à la configuration beaucoup trop sombre ne laissant pas la possibilité de bien découvrir les jolies lignes de la planche de bord. La couleur du cuir, pas du tout à mon goût, ne m’a probablement pas aidé à apprécier. Sans oublier le choix du bois qui, il faut bien l’avouer est vraiment très moche, et donne un sacré coup de vieux à l’habitacle.

Malgré cela on se sent parfaitement accueilli à bord et tout semble bien fini, même si malheureusement l’ensemble est gâché pas quelques mauvais plastiques. Fort heureusement le sublime Dinamica recouvrant le ciel de toit et les montants permet véritablement d’oublier ces quelques défauts.

Le réel point noir me semble être l’instrumentation qui n’est pas à la hauteur. Le petit écran de 7 pouces fait le job et est réactif mais j’avais l’impression d’avoir devant moi une version beta pas encore totalement habillée et pour laquelle des fonctionnalités n’avaient pas encore été activées. En fait le soft fait un peu vide et vieillot. Dans cette voiture aux lignes résolument modernes, et tout droit venue d’Asie je souhaiterais quelque chose de plus fun et technologique. De plus, le GPS n’était étonnamment pas totalement au point, il manquait sur mon trajet quelques routes et indications. Le guidage et la voix sont cependant très agréables.

 

Essai Infiniti QX30

Là où le coup de cœur est toujours bien présent c’est pour la conduite. C’est vraiment une parfaite dévoreuse d’asphalte. Les 4 roues motrices de série offrent une tenue de route exceptionnelle, la voiture vire à plat, accroche bien en courbe et ne montre aucun signe de faiblesse à un rythme soutenu. Son comportement est très sécurisant et les sensations derrières le volant sont parfaitement retranscrites.

Le seul moteur disponible est le bloc diesel 220d de 170 ch, d’origine Mercedes. Ce dernier donne du caractère à cette voiture, avec du punch en accélérations et en relances. On ne ressent aucun essoufflement du moteur lors d’un dépassement ou en attaquant une côte.  La boite automatique à 7 rapports et double embrayage offre quant à elle un très bon agrément de conduite et une douceur très confortable.

Même si la vocation première de la QX30 n’est pas la sportivité à 100 % elle n’en reste pas moins, pour la catégorie, redoutable d’efficacité. En mode sport, le châssis nous permet d’être très dynamique et nous laisse prendre un véritable plaisir à enchaîner virages serrés et fortes accélérations.

Mais attention, la dépense de carburant est rapidement élevée même en y étant attentif. Ainsi, j’ai observé une consommation à environ 8/9 l aux 100 km très régulièrement. Cependant je pense qu’il est possible d’atteindre une conso sur départementale à moins de 6 litres mais il ne faudra vraiment pas vouloir vous faire plaisir par de belles accélérations ou de gros dépassements : rouler vraiment tranquille quoi.

Enfin est-ce que ce côté « tout-chemin » doit-il vous inciter à quitter le bitume ? Non ! Alors oui, je me suis fait plaisir dans quelques chemins et elle les avale d’une belle façon mais vous vous doutez bien qu’avec une garde au sol de 17 cm, à la moindre ornière il vous faudra faire demi-tour. Et puis voudriez-vous abîmer votre carrosserie par des projections de pierre ou encore rayer vos jantes ? Je ne pense pas… Ce style n’est qu’un effet de mode, et fonctionne très bien sur la QX30. Mais en aucun cas il ne s’agit d’une véritable aventurière.

Parlons prix maintenant, et avec seulement 2 versions ça sera plutôt rapide. La QX30 Premium débute à 39 800 € et la Premium Tech à 44 370 €. Cette dernière offre une finition un peu plus haut de gamme ainsi que la caméra de recul, le verrouillage sans clé, les phares directionnels et à LED.

Avec un positionnement clairement premium on regrettera tout de même l’absence de démarrage sans clé (alors que l’ouverture oui…), des caméras à la qualité douteuse (mais au moins avec la vision 360°) et la fermeture manuelle du coffre (alors qu’il est très lourd). A tout cela vous pouvez rajouter par exemple le système audio Bose à 800 €, le toit panoramique à 650 € ou la peinture métallisée à 900 €. Ainsi, mon modèle d’essai montait à un total de 49 320 € avec le Pack Sécurité à 2050 € (angle mort, vision 360° et régulateur intelligent).

Pour la comparaison, sa concurrente directe, la Mercedes GLA, débute à 28 700 € (en essence 122 ch) mais pourra facilement dépasser les 50 000 € en configuration équivalente.

 

Pour conclure sur cette Infiniti QX30 et même si de nombreux défauts apparaissent j’ai du mal à rester totalement objectif au sujet de cette voiture. C’est vraiment un véhicule qui me correspond, un style sympa et original, une conduite souple ou sportive à volonté et un petit côté SUV tout en gardant des proportions raisonnables… Alors si vous recherchez une belle polyvalence tout en vous offrant un peu d’originalité c’est à n’en pas douter la voiture idéale.

Évidemment je remercie la marque pour le prêt du véhicule.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)