Pas facile de renouveler un modèle qui a bien marché. Designers, ingénieurs, marketeux, tous se donnent un seul et unique objectif : faire la même chose…mais en mieux. Dans cette optique, que vaut le nouveau Sportage ?

Sexy…

La précédente génération de Sportage a quand même été un franc succès. Il était la meilleure vente de Kia en Europe, représentant pas loin de 30% des commandes. Grâce à lui, Kia a pu grignoter des parts de marché et faire progresser son image de marque. Le nouveau a donc fort à faire, et ne devait pas se rater sur la partie esthétique. Lorsque les premières photos sont apparues sur la toile, j’avoue avoir été un peu sceptique. La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est ça :

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Bon, je vous pardonne si jamais vous n’aviez pas reconnu le Subaru B9 Tribeca. Mais bon, en découvrant nos fiers destriers sur le parking de l’aéroport de Barcelone, j’ai bien vite changé d’avis : en vrai, le nouveau Sportage en impose. Des hanches marquées, une calandre Tiger Nose toujours plus imposante (et cette fois-ci détachée des phares) et des optiques positionnées sur le galbe du capot (‘’han comme une Porsche’’) dessinent un avant dynamique à souhait. A l’arrière, des –très jolies- optiques reliées entre elles par un jonc rouge (‘’han comme une Porsche’’) font partie d’un ensemble de lignes très horizontales. Gros point négatif : les clignotants se retrouvent sous le hayon, à un endroit rapidement invisible par les conducteurs suivant l’auto. Sans compter que les ampoules détonnent dans une voiture qui délègue le reste de son éclairage à du xénon ou des LEDs.

Cette nouvelle génération étrenne une nouvelle finition, la GT Line, qu’on retrouve aussi sur la Cee’d (retrouvez l’essai d’Ugo ici). Au programme, les antibrouillards prennent la forme de 4 petits carrés, la calandre se pare de nid d’abeille, des sabots couleur alu font leur apparition à l’avant comme à l’arrière tandis que les doubles sorties d’échappement se font visibles. De jolies jantes de 19’’ sont également au programme, de même qu’un inédit Rouge Rubis. De quoi renforcer encore davantage l’attrait de la bête.

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A l’intérieur, un mot d’ordre : qualité perçue. La nouvelle planche de bord, que ce soit en termes de style que de matériaux ou d’assemblage, se doit d’égaler des standards germaniques. Réussi ? Rien à dire au niveau de l’assemblage : rien ne bouge, aucun bruit parasite n’est audible sur revêtement défoncé. Je serai un peu plus critique sur le style général, trop massif à mon goût. On n’est pas encore au niveau « bloc de granit » d’une Seat León, mais un peu de légèreté n’aurait fait de mal à personne… Et le similicuir recouvrant la partie supérieure de la planche de bord a une fâcheuse tendance à briller au soleil. Pas très joli. L’excès de noir laqué un peu partout dans l’habitacle recevra, lui, vos traces de doigts avec grand plaisir.

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A part ça, l’ergonomie générale est très bonne, avec une disposition des écrans & compteurs bien en hauteur, garantissant une visibilité sans faille. Les boutons sont peut-être un peu trop nombreux en partie basse, mais restent suffisamment bien agencés pour qu’on y retrouve ses petits. L’écran central (7’’ de série, 8’’ sur les versions hautes) reçoit le GPS de série et aura droit à une mise à jour Apple CarPlay/Android Auto dans les semaines qui arrivent. Dans l’état des choses, pas grand-chose à redire, avec un maniement aisé des commandes et des menus clairs.

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En termes d’habitabilité, l’allongement de 40mm de l’auto a permis d’allonger l’empattement de 30mm, ce qui se traduit par un espace intérieur plus généreux, notamment au niveau des jambes. En rab, la garde au toit a été revue à la hausse (+16mm) et le coffre aussi (+38 litres, à 503 l). En clair, un habitacle plus spacieux et plus pratique.

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…cool.

Passons à la conduite. Le Sportage propose un choix assez étoffé de motorisations et de transmissions : 2 essence (1,6l 132ch & 177ch) et 3 diesel (1,7l 115ch / 2,0l 136ch & 185ch), avec, au choix et selon les puissances, une transmission à 2 ou 4 roues motrices, tandis qu’une boîte à double embrayage fait son apparition aux côtés d’une boîte manuelle à 6 rapports et d’une BVA à convertisseur. Pour ces essais, trois motorisations me sont passées entre les mains : le 2,0l diesel de 136ch en BVM & BVA et la version « sportive » de 185ch en BVA.

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Lors de la conférence de presse, les officiels de la marque ont beaucoup insisté sur le travail effectué dans deux secteurs : les bruits/vibrations et le plaisir de conduite. Tout un travail au niveau de la caisse (plus légère, plus rigide), des suspensions, de la direction et de l’aéro a ainsi été réalisé. Et en vrai ? Bon, soyons clair : conduire un Sportage, c’est pas l’expérience d’une vie. Il fait son job de crossover familial, ni plus, ni moins. Alors oui, dans les virolos de la région de Montserrat, la direction plutôt précise et l’absence de roulis sont agréables, mais à aucun moment il ne fait oublier sa nature première…d’autant plus si vous avez sélectionné la BVA, qui préfère très clairement adopter un rythme très (très très) coulé. A tel point que je ne la recommande pas sur le diesel de 136ch, qui manque sur cette configuration d’un criant manque de dynamisme. Et je ne parle pas de sportivité, mais juste de sécurité pour doubler ou s’extraire d’une sortie de péage. En revanche, ce moteur m’a bien plu avec la boîte manuelle. Dans ce cas, il se révèle sobre, alerte, avec suffisamment de couple pour se sentir à l’aise en toutes circonstances. Quant au gros 2,0l de 185ch, uniquement associé à la finition GT Line, son couple généreux (400 Nm) permet des relances et des accélérations confortables. Dommage cependant que la BVA6 soit imposée : son lissage excessif des passages de rapport gâche un peu la fête. Quel dommage qu’une boîte manuelle ou à double embrayage ne soit pas proposée !

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Dans tous les cas, le Sportage se révèle être un très bon autoroutier. Les bruits d’air et de roulement sont bien canalisés, la sellerie est confortable, la surmonte audio JBL offre un son fort agréable et le toit vitré (optionnel) offre, comme d’habitude, une lumière et une qualité de vie à bord qui le rendent difficilement dispensable. L’ajout d’un régulateur adaptatif à la -très longue- liste d’aides à la conduite permettrait de rendre l’expérience encore meilleure. Et ne démérite pas non plus en ville, où son rayon de braquage très correct, la douceur de ses suspensions (malgré des montes de 19’’ sur tous les modèles essayés) et quelques tricks électroniques (stationnement automatique mon amour) rendent l’expérience plus que vivable.

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Et côté tarifs ? Le Kia Sportage commence à 23 000 € tout rond. En échange, vous aurez droit à un bloc essence de 132ch, des jantes 16’’, une clim manuelle, un régulateur/limiteur de vitesses et…pas grand-chose d’autre. Passer au second niveau de finition, Active, vous permettra de choisir parmi une palette bien plus large de moteurs et d’équipements. Les deux derniers, GT Line & Premium, ciblent eux sur le sport pour l’un et le luxe pour l’autre, avec des tarifs en rapport. Il faut ajouter à cela la désormais fameuse garantie 7 ans, sans compter une mise à jour gratuite des cartes du GPS durant cette même période.

Du coup, ce Sportage, contrat rempli ? Hmm… Oui. Il est spacieux, se conduit bien (faites attention à la BVA quand même !), la qualité est au rendez-vous, la tarification est justement étudiée : il fait ce qu’on lui demande de faire. En rab, une plastique bien réussie permet à cet énième crossover d’émerger de la masse et permettra sans nul doute à Kia de faire progresser son image de marque… Ce qui ne serait que justice, après tout.

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Crédits photos : Jean-Baptiste Passieux.

Un grand merci à Kia pour l’invitation et l’organisation au top !

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