Essai Suzuki Ignis Dualjet 90 Allgrip

Ignis, ce nom n’avait plus fait parler de lui chez Suzuki depuis 2008. Mais pour surfer sur la vague des SUV urbain, le constructeur a décidé de le ressusciter il y a de ça quelques mois. Pour se démarquer et séduire une nouvelle clientèle, il innove par sa taille très compacte et s’attaque donc frontalement aux petites citadines du segment A. Ces dernières semblent avoir du souci à se faire et c’est ce que l’on va essayer de démontrer avec cet essai…

 

Maniable

Même si l’aspect extérieur ou l’habillage intérieur prennent de plus en plus de place dans le cœur des acheteurs, selon moi, le comportement au quotidien sera le point déterminant avant de signer le bon de commande d’une telle voiture. Commençons alors par la conduite, et elle a vraiment su me surprendre….

Grâce à un poids très contenu de moins de 900 kg, le moteur 1.2 Dualjet de 90 ch offre de bonnes accélérations et relances ainsi qu’une agilité presque épatante. Les 4 roues motrices sont également un bon point à mettre au crédit de ce mini 4×4. Lors d’une conduite de tous les jours elle s’avère précise, agile et confortable. Attention, j’insiste bien sur l’expression « conduite de tous les jours » car des mouvements de caisse apparaissent en haussant le rythme. Pour ne pas vous faire peur, je vous rassure qu’une fois parfaitement assimilées les limites, elle reste très sécurisante. Pour vous en convaincre, il a beaucoup plu lors de cet essai, et pour me rendre au travail j’ai l’habitude de prendre une route pleine de ronds-points et souvent très glissante. Les 4 roues motrices se montrent alors efficaces et nous maintiennent dans la trajectoire en évitant toute perte d’adhérence, de quoi assurer des voyages chaque jour sans stress.

Côté défauts, l’enclenchement des rapports n’est pas très précis et accroche souvent. C’est malheureux, car il est nécessaire de tomber régulièrement un rapport pour tenter tous dépassements ou insertions. Malgré ça et même avec quatre adultes à bord elle conserve un semblant de dynamisme. Dommage que les informations ressenties dans le volant soit quelque peu floues.

En ville, c’est un pur bonheur. Avec sa vivacité et un gabarit contenu elle se faufile aisément dans la circulation ou les petites ruelles. Bien aidé par un petit rayon de braquage de 4,7 m, vous n’aurez en plus aucune difficulté à manœuvrer. Elle passe partout, se gare partout, emmène toute la petite famille ou vos grosses courses. Une vraie citadine.

Qui dit 4 roues motrices dit chemins de traverses non ? Bon c’était vraiment pour le fun car ce n’est quand même pas sa fonction première.

Elle répond vraiment présent pour tout cette petite Ignis. Sur un long trajet on apprécie rapidement l’insonorisation très bien travaillée pour un véhicule de ce segment et on remarque l’absence de vibration intempestive du mobilier. A confirmer tout de même dans quelques dizaines de millier de kilomètres…

Qui plus est, pour continuer à vous laisser savourer vos nombreux kilomètres, l’Ignis est très technologique à ce niveau de finition. Mais elle se transforme en vrai sapin de Noël si vous franchissez une ligne sans clignotant, et l’assistance au freinage bipe de façon intempestive lors d’un rapprochement rapide sur une voiture qui vous précède. De quoi rapidement nous donner envie de désactiver toutes ces aides à la conduite qui pourtant, auront rapidement fait gonfler la facture.

Pour amortir la note d’ailleurs, la consommation sera une alliée importante. En près de 500 km au volant j’en conclu qu’il est facilement envisageable de tourner entre 5 et 5,5 l aux 100 km ; et au contraire de la plupart des voitures que j’essaie, il sera cette fois-ci difficile de dépasser les 7 l/100 (voire même 6 en fonction des conditions de circulations).

Mignonne

Maintenant que vous êtes plutôt satisfait de vos premiers tours de roues en Suzuki Ignis, le style peut être décisif pour le choix final. Et moi si j’ai choisi de mettre la main dessus c’est qu’en la croisant en plein tournage non loin de Paris je l’ai trouvé très attachante. En la récupérant au parc presse cela s’est parfaitement confirmé, surtout avec l’option peinture rouge métallisée à 700 €. Sa bouille est très sympa et ça claque bien au premier coup d’œil. En l’observant d’un peu plus près cela semble un peu surfait, presque « toc » comme dirait un de mes collègues à qui je l’ai présentée. On se rappelle alors qu’on est face à une voiture qui débute à moins de 13 000 € et qu’il ne faut pas s’attendre à du haut de gamme. Dans l’ensemble elle reste cependant toujours très mignonne et originale.

MAIS, jusque-là je ne m’étais pas encore attardé sur l’arrière. C’est LE gros point noir de cette voiture, et c’est malheureusement unanime. Les designers semblent s’être amusés avec l’avant de ce crossover mais avoir manqué de temps pour le reste. Le profil passe encore, mais de dos, la sensation d’avoir à faire à une voiture sans permis est inévitable. La coupe franche est assez disgracieuse, les feux bien trop imposants et le parechoc noir ne vient pas améliorer son allure.

Habitable

À bord c’est plutôt sympathique, on y est bien accueilli malgré la présence de plastique dur un peu partout. C’est bien présenté et cela reste alors acceptable. En effet, plusieurs touches d’originalité viennent agrémenter l’ensemble. Le plastique blanc, non moussé, apporte un ressenti plus qualitatif et plus de clarté. La poignée façon alu donne un peu de cachet. Les quelques touches de plastique effet carbone sont là aussi très sympa, mais elles sont un poil trop discrètes pour se la jouer pleinement fun.

 

Il est maintenant rare de ne pas retrouver d’écran à bord d’une voiture neuve. L’Ignis n’y échappe pas avec une intégration assez hasardeuse d’un écran tactile Pioneer. Il fait cependant du bon boulot même si ses boutons sont trop petits, heureusement certaines commandes se retrouve sur le volant et la ventilation possède son combiné dédié (et fonctionnel).

Côté pratique, l’habitabilité est bonne, surtout au niveau de la tête. En effet la voiture est quand même haute (1 m 60, c’est 14 cm de plus qu’une polo par exemple). En revanche le point négatif se situe surement à l’arrière où l’on ne retrouve que 2 places sur cette version. L’accès n’est en plus pas des plus aisés si l’on est grand, les sièges étant placés hauts. Mais une fois assis on est rapidement bluffé par l’espace alloué aux jambes. À contrario, elle offre une belle modularité grâce à une banquette coulissante directement depuis le coffre, de façon indépendante et facile. On bénéficie alors d’un coffre possédant un volume de 204 à 1086 l.

 

Parlons chiffres. En discutant autour de moi de cet essai j’ai tendance à commencer mes phrases par « mais à ce prix là…. ». Pourtant je reviens à chaque fois à la raison, mon modèle d’essai s’affichait à 17 590 €, ce n’est pas rien… Pour de plus petit budget, avec une voiture sans fioriture, on commence à 12 790 €. En moyenne, rajoutez 1500 € à la facture pour bénéficier de la transmission Allgrip. Pas vraiment d’option non plus, il vous faudra choisir entre les 3 finitions proposées. Sa concurrente la plus directe, la Panda 4×4 se fait vieillissante et débute directement à 16 690 € avec l’essence de 85 ch. Une twingo par exemple débutera à 14 600 € en 90 ch mais sera moins habitable et avec un coffre de 174 l. Tout comme une Opel Adam de 87 ch qui débute à 14 980 € avec 3 portes et 170 l.

Novateur dans ce qu’il propose, ce nouveau SUV ultra compact m’a séduit par son comportement : dynamique, agile et sécurisant. Mais il m’a surtout surpris par son habitabilité, de l’espace à bord et du confort. Plus original qu’une citadine classique, le Suzuki Ignis s’avèrera en sus, plus polyvalent et amusant à conduire. Un bon moyen de céder à la mode du SUV en douceur…

 

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)