Essai Volkswagen Touareg V6 TDI 262 - Photos

L’actualité fut dense ces derniers mois pour les « grosses » Volkswagen : nouveau Tiguan commercialisé en début d’année 2016, Atlas présenté en novembre 2016 à Los Angeles et enfin le Allspace présenté à Detroit début janvier. Pourtant, un « vieux de la vieille » est toujours présent au catalogue du constructeur : le Touareg. Ce gros bébé, arrivé pour la première fois en 2002, en est à sa deuxième génération. C’est en 2010 que sa commercialisation a débutée, c’est-à-dire presque une éternité en automobile.

Pourtant après toutes ces années, nous n’avions pas encore pris en main la version 262 ch du V6 TDI. Avant l’arrêt complet de la production très prochainement il était absolument nécessaire d’y remédier tant le Touareg reste une référence sur le marché.

 

Le style n’a pas bougé depuis son dernier restylage fin 2014, il n’a pas vraiment pris de ride et reste toujours dans l’air du temps, tout en s’éloignant petit à petit des nouveaux codes stylistiques de la marque. Malheureusement à mes yeux il restera toujours moins impressionnant à regarder que son prédécesseur. Le Touareg de première génération en imposait franchement, des lignes arrondies et bien gonflées, de larges épaules et les sympathiques barres de toit façon « aileron »  le rendaient très attirant à mes yeux.

Le modèle que nous avons ici entre les mains reste en revanche très joli grâce à son pack R-Line qui ajoute quelques touches d’agressivité et des jantes 21’’ de série (pour l’essai, des jantes 19″ en pneus neige étaient montées). Le restylage apportait quant à lui une nouvelle signature lumineuse et une calandre « 4 branches ».

De visu je le trouve donc moins massif que le premier modèle. Pourtant, ses dimensions restent considérables, pour l’Europe tout du moins : 4.80 m de long, 1.94 m de large et 1.73 m de haut. En roulant, tout paraît petit à ses côtés, les Mercedes GLC ou Audi Q5 deviennent insignifiants. Seul un Range Rover pourra vous remettre à votre place. Mais étonnamment ses formes sont facilement assimilables, plus qu’un certain Infiniti QX70 que j’ai pu essayer. Le rendant maniable avec aisance en ville, d’autant plus que son diamètre de braquage à moins de 12 m est vraiment très bon.

C’est l’intérieur qui fait le plus les frais de la concurrence : Volvo XC90 en ligne de mire. Car oui cet intérieur commence à être dépassé, toujours haut de gamme et bien équipé mais avec des compteurs maintenant démodés, un système d’info-divertissement hors d’âge et un style légèrement trop classique.

Une fois oublié le look ou la légère vétusté et installé à bord c’est un véritable plaisir, avec une visibilité parfaite et une sensation d’espace incroyable. Ce ressenti à l’intérieur est fabuleux, vous ne vous sentirez pas oppressé par votre passager de droite. Et vos passagers arrières seront comme des rois, la place aux jambes notamment doit être extrêmement agréable lors des longs départs en vacances. On regrettera seulement le passage de la transmission venant entraver la place centrale. Et je ne peux également que vous encourager à opter pour le toit panoramique ouvrant (1945  €) qui renforcera énormément cette impression d’espace, de liberté et de luminosité.

 

La planche de bord est sobre [un peu trop] mais très bien finie. Les assemblages ne souffrent d’aucun reproche possible. C’est malheureusement trop sombre pour être accueillant mais les touches de plastique effet alu apportent un petit côté classe à cet habitacle, tout comme le cuir un peu partout qui est très agréable. La seule véritable critique que je pourrais faire se dirigerait plutôt vers le plastique moussé, agréable au toucher certes, mais excessivement présent et pas très attrayant visuellement.

Je vous disais donc que l’ensemble d’infotainment est dépassé, sans pour autant être horrible. Hormis le GPS qui est selon moi inutilisable, rassurez-vous, si vous n’êtes pas un accro aux nouvelles technologies cela sera amplement suffisant. Le Touareg bénéficie d’un écran tactile de 7 pouces permettant de tout gérer, tout en ayant la bonne idée de conserver quelques petits boutons bien pratiques. La grosse console centrale, hyper confortable, n’est donc pas digne d’un cockpit d’A380 et c’est tant mieux.

 

J’ai curieusement beaucoup apprécié de retrouver des compteurs traditionnels couplés à un petit écran. Je verrais bien un mix de l’Active Info Display (le Virtual Cockpit à la sauce VW) et de compteurs réels : en gros, avoir au centre un écran plus grand et plus graphique ainsi que deux plus petits écrans situés au centre de vrais cadrans à aiguilles. Vous saisissez ?

Immense le Touareg ? Oui, mais ce n’est malheureusement pas le meilleur pour les rangements, malgré de nombreux emplacements, ces derniers ne brillent pas par leurs volumes… A l’inverse il bénéficie sans faute de tout le confort de ce genre de voiture haut de gamme : sièges réglables électriquement et chauffants (à l’arrière aussi), prise 220V, volant chauffant, clim réglable à l’arrière ou hayon électrique.

Aussi, tout en étant plutôt bon il n’offre néanmoins pas le meilleur volume de coffre, celui-ci s’établit à 580 l quand un XC90 monte à 721 l. Il est en dessous du Cayenne (670 l) et de l’Edge (602 l).

 

Essai Volkswagen Touareg V6 TDI 262 - Photos

Vous voilà parfaitement bien installé dans les douillets sièges en cuir de votre énorme SUV et prêt à parcourir des milliers de kilomètres sur tous types de terrains, dans des conditions de confort stupéfiantes. Alors on appuie sur le bouton Start, la clé laissée dans la poche, et on profite dès maintenant de notre V6 de 3 l de cylindrée.

La Touareg s’avère ainsi dès les premiers tours de roues très confortable, la réponse à la pédale d’accélérateur est bien là et l’agrément au rendez-vous.

Tout d’abord dans un environnement urbain. Même si il n’en a pas la carrure, on sait tous très bien qu’il est destiné à cela avec la majeure partie des acheteurs. Ces derniers le choisissant également pour les quelques grands départs en vacances dans l’année. Hé bien comme je le disais plus haut, ses formes ne seront pas un problème et l’onctuosité de son moteur ne vous empêchera pas de rouler tranquillement au milieu des autres automobilistes. Il s’avérera donc maniable, agile et agréable au quotidien mais évidemment très gourmand en carburant.

Au sujet de cette conduite en ville, j’ai beaucoup apprécié le bouton « autohold » que je découvrais pour la première fois. Une fois activé, le crossover se maintiendra à l’arrêt : très pratique pour ne pas rester tout le temps le pied sur le frein et notamment éviter de relancer le moteur (Start&Stop) en enlevant son pied de la pédale.

Là où vous profiterez bien plus de votre paquebot (yacht serait peut-être plus approprié), c’est lorsque vous le lâcherez sur de plus larges étendues d’asphalte. Notre grand réseau autoroutier français s’avère être parfait pour lui. Il est absolument taillé pour les longs trajets et ne vous fatiguera en aucun cas. En effet, son confort de suspension, l’absence de bruit ou ses possibilités de relance feront en sorte que rien ne viendra gâcher les centaines de kilomètre à parcourir.

Si vous évitez les grands axes, il saura également se montrer présent sur départementales, sans pour autant en être le roi. Les suspensions réglées en mode Sport, on enchaîne les courbes de façon déconcertante pour un tel mastodonte. Il y a certes un peu de roulis, mais rien pour vous donner le mal de mer. Malgré le fait qu’il ne soit pas totalement à son aise en conduite sportive, il s’est plutôt bien démené sur la célèbre route des 17 tournants dans la Vallée de Chevreuse. La boite automatique Tiptronic à 8 rapports est très réactive et totalement invisible. Les freins font bien leur boulot pour stopper ce bébé de 2.3 tonnes, et il faut le pousser loin dans ses retranchements pour sentir venir la perte d’adhérence. Même en attaquant la remontée on sent toujours la présence des 262 équidés qui meuvent avec aisance ce Touareg.

Le kickdown manque, je trouve, de réactivé mais une fois lancé les reprises sont très bonnes et permettent de dépasser en toute sécurité. Attention à bien veiller à votre compteur, la vitesse défile rapidement et on ne se rend absolument pas compte de notre vitesse. Et ça pousse, j’ai vérifié, on n’est pas loin des 7,3 s annoncées mais bizarrement vous n’aurez presque aucune sensation. Il fait ensuite preuve d’une stabilité bluffante à haute vitesse, et même si la vitesse de pointe est annoncée à 225 km/h ne pensez pas l’emmener à ce niveau en une fraction de seconde. Il accélère avec aisance jusqu’à 180 km/h puis commencera à souffrir (à ne pas réaliser sur route ouverte ou alors en Allemagne…). On est encore loin d’un Cayenne Turbo à 570 ch mais il y en a quand même sous le capot : pour un tel engin, ça reste saisissant.

Essai Volkswagen Touareg V6 TDI 262 - Photos

Qui a dit que les SUV de ville ne savaient pas se salir ? Pas moi en tout cas, et ce Touareg nous le prouve sans sourciller.

Et enfin, là où vous devriez l’emmener quelques fois : la campagne et ses chemins, forêts ou autres chaussées boueuses. Car oui, malgré un tarif si élevé et une peur légitime de l’esquinter, sortir des sentiers battus est aussi pour lui un terrain de prédilection. Il peut être un franchisseur hors pair.

Je ne suis malheureusement pas un spécialiste 4×4 et l’humidité ambiante lors de l’essai ne m’a pas permis de le pousser dans ces derniers retranchements. Mais j’ai quand même pu être bluffé et profiter de son confort (oui oui confort) même dans un tel milieu. Les suspensions absorbent tout, il est possible de monter à des vitesses hallucinantes sur des chemins, le tout sans glissade, sans ressentir le moindre petit cratère ou sans être trop secoué de partout. De plus le réglage d’assiette intuitif proposé sur ce Touareg vous permettra de vous sortir de nombreuses situations. En effet la garde au sol passe tout de même à 300 mm, et les angles d’attaque et de fuite vont jusqu’à 30°. La transmission 4XMotion disponible sur Carat peut même aller plus loin avec des réglages plus précis.

Les outils technologiques offerts par ce Touareg permettront à n’importe quel conducteur amateur de quitter les routes bitumées pour s’engager un peu partout sans crainte de se retrouver planté.  De quoi obtenir quelques points supplémentaires par rapport à une grande berline ou un SUV 100% urbain pour quiconque rêverait un peu d’aventures avec son véhicule.

Pour finir sur la prise en main, un point important selon moi : la sonorité du moteur. Le V6 sait se faire oublier sur autoroute ou au contraire offrir une sonorité agréable pour un diesel lors des fortes accélérations. En revanche les vibrations propres aux diesels sont malheureusement bien présentes à l’arrêt.

Je vous le disais dès le départ, le Touareg est plus proche de la fin de carrière que du lancement, c’est peut-être alors le moment de faire une affaire en concession. Enfin… une affaire à plus de 85 000 € pour notre modèle d’essai. Le Touareg n’existe plus qu’avec 2 motorisations diesel et débute à 55 570 € avec le 204 ch et à 67 860 € avec le 262 ch, il passe à 73 010 € en finition R-Line auquel il faut rajouter le pack R-Line intérieur à 3625 €, la suspension pneumatique à 3605€, le pack cuir à 2445 €. Total : minimum 86 265 €. Mais attention ce n’est pas fini… depuis le 1er janvier 2017 : 7 073 € de malus sont appliqués à ce moteur rejetant 180 g/km de CO².

Il est ensuite nécessaire d’assumer l’utilisation et l’entretien de ce véhicule. Les pneus ou les consommables du système de freinage coutent une fortune, et évidemment le besoin en carburant est important. Avec un réservoir de 85 l le plein risque à chaque fois d’être douloureux : en mixte la conso est annoncée à 6,8 l/100. Ce chiffre est purement utopique, il sera assez compliqué de passer sous les 9 l/100 au quotidien (ou environ 8 l sur voie rapide), et il est possible d’être très proche des 20 l/100 avec un pied droit joueur.

Conclusion : c’est gros, ça consomme, c’est très cher, mais c’est quand même très bluffant. En effet, en terme de polyvalence, il ne peut pas y avoir mieux comme véhicule hormis peut-être du côté de la concurrence. Ce Touareg est confortable et puissant, offre des capacités en tout terrain exceptionnelles ou une agilité déconcertante pour un véhicule de ce gabarit.  Malgré son âge et quelques défauts il représente cependant toujours une très bonne alternative et a su rester dans le coup.

Je vous propose de terminer par quelques petites photos inédites de l’essai :

 

Merci à Volkswagen pour la confiance accordée lors de ce prêt.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)