SJ+Blue+Racing+Suit

Pour les plus jeunes d’entre vous, ce nom ne vous dira probablement rien. Stefan Johansson, pilote suédois, né en 1956, a disputé le championnat de F1 dans les années 80, avec un passage remarqué chez Ferrari en 1985 et 1986. Mais Johansson n’est pas qu’un ancien pilote de F1.C’est aussi un personnage éminemment sympathique et qui prend le temps de réfléchir. Suite aux divers aménagements successifs du règlement par le « Groupe Stratégique de la F1 », qui semble avoir du mal à trouver un avenir pérenne à ce qui est toujours présenté comme étant le haut de l’échelle du sport automobile, le pilote suédois a mis en ligne ses réflexions et ses solutions pour sauver le monde mourant de la Formule 1.

Voici un résumé de ses principales propositions :

  1. Aérodynamisme : fixer une limite à l’appui aéro avec une diminution de 40% de ce qui se fait actuellement afin de diminuer les vitesses de passage en courbes, d’accentuer la vitesse en ligne droite, de rallonger les distances de freinage, le tout pour plus de facilité de dépassement.
  2. Pneus : augmenter la taille et la largeur des pneus pour retrouver une bonne adhérence et compenser l’appui perdu. D’autant qu’en terme d’image, une F1 avec des gros pneus, ça en impose plus qu’avec les roues de brouettes actuelles… Et aussi ouvrir à tous les fabricants la possibilité de venir en F1, la concurrence étant le meilleur moyen d’améliorer la performance.
  3. Tests : plutôt que de dépenser des fortunes dans des simulateurs, favoriser les essais des équipes sur circuit, ce qui irait dans le sens de la FIA qui souhaite réduire les coûts, puisqu’elle sera à même de les contrôler plus facilement que dans le monde virtuel.
  4. Puissance moteur : dans le même esprit que pour l’aéro, augmenter la puissance moteur (d’environ 300 ch) va permettre de favoriser les dépassements et aussi de différencier les vitesses de passage en courbes et les vitesses maxi bien plus qu’aujourd’hui. La limitation du nombre de moteurs sur une saison doit être également levée puisqu’en terme de coût, fabriquer un moteur qui doit durer plusieurs grand-prix demande bien plus de recherche et d’investissement pour les motoristes alors qu’au niveau des pièces, la quantité produite ne change pas vraiment la donne : faire 50 exemplaires ou 200 d’une pièce, cela ne va pas influer autant sur le budget.
  5. Aides à la conduite : le pilote doit être maître à 100% de sa voiture si vous souhaitez un minimum de spectacle. Supprimer toutes les formes d’aides permettrait de mettre en avant les qualités de certains excellents pilotes (ils sont tous très bons à ce niveau !) et donc entraîner les équipes à recruter les meilleurs pilotes possibles, pas seulement ceux qui ont de l’argent comme on peut le constater actuellement chez certaines petites équipes.
  6. Budgets : la fabrication des pièces d’une F1 représente un coût non négligeable puisque ces pièces sont faites en interne. Pourquoi ne pas déterminer un certain nombre de pièces à fabriquer par des fournisseurs externes et qui seraient revendues à prix fixe à toutes les équipes ? Boîtes de vitesses, freins et écopes de freins, différentiel, monocoque, aile avant, volant et contrôles électroniques pourraient correspondre à ce critère. Quand on sait qu’une petite équipe doit débourser plus de 100 M$ juste pour faire partie du spectacle… Il y a sans doute des solutions à trouver par ici.
  7. Coque : une coque pour tous. Les F1 se ressemblent déjà beaucoup. En imposant une coque identique pour toutes les équipes, en laissant suffisamment de place pour que chaque team puisse y adapter son moteur, cela irait dans le sens de la réduction des coûts.
  8. Ravitaillements : limiter à une personne par roue, favorisant la stratégie, mettant en valeur le travail des mécanos, favorisant la compétition et les écarts faits au stand, en évitant que tout le monde s’arrête en même temps.
  9. DRS : supprimer ce système et fournir à chaque monoplace une ou deux réserves de 20ch à utiliser quand le pilote le souhaite, pas seulement pour attaquer le pilote qui le précède mais aussi pour défendre sa position, comme cela se fait déjà très bien en IndyCar.

Bien entendu, ce n’est qu’un avis parmi tant d’autres mais il faut reconnaître que la F1 se cherche depuis un certain nombre d’années et qu’un retour à plus de simplicité ne ferait pas de mal au spectacle. Alors Jean ou Bernie, si jamais tu lis cet article, va faire un tour sur le site de Stefan Johansson, tu y retrouveras la totalité de son analyse qui n’est pas dénuée de bon sens !

Crédit photo : stefanjohansson.com