L’homme était bien évidemment présent pour l’ouverture du Mondial 2010 et il a profité de la conférence de presse du groupe Volkswagen pour nous parler de choses et d’autres !

Pas forcément très disert, Ferdinand Piëch a tout de même un peu parlé de sa vision et de celle du groupe Volkswagen au sujet du monde merveilleux de l’automobile. Et c’est parti avec une première pique à tous les pleurnicheurs du secteur, aux quémendeurs d’aides puisque l’héritier Poesche a tout bonnement déclaré : « il n’y a pas eu de crise du secteur automobile, ce sont nos clients qui ont vu leur pouvoir d’achat diminuer et cela a eu un impact sur les ventes d’automobiles sur le marché » , et de poursuivre avec la « pseudo évolution » du comportement des consommateurs en déclarant que l’auto fait toujours rêver et que l’auto est encore et toujours le meilleur moyen de mobilité individuelle et quoiqu’en disent les sociologues du quotidien, elle reste un élément du statut et de la position sociale. Par ailleurs il affirme que les nouvelles offres de mobilités tel l’auto-partage n’ont que peu d’avenir en disant avec ironie et malice : » Je n’aime pas porter les chaussures d’une autre personne. La voiture c’est un peu comme les vêtements, il faut qu’elle soit spécifique à chaque individu sans toutefois l’être trop ! »… On est bien dans la démarche du groupe VW  qui veut des autos assez standardisées et qui les personnalise via la division R pour VW, l’option S-Line, le service Quattro chez Audi ou Tecquipment chez Porsche .

Toujours sur un air déterminé et un peu roublard, Ferdinand Piëch a abordé le cas Porsche et d’affirmer que Porsche ne pouvait rester seul avec ses 100.000 autos environs par an. La marque de Zuffenhausen était trop grosse pour rester un petit constructeur mais trop petite pour devenir un grand alors il fallait qu’il y ait un rapprochement avec soit Porsche chez VW ou VW chez Porsche. Comme le constructeur de voitures de sport était trop endetté, c’est finalement VW qui l’a emporté mais il avoue tout de même « Au début de l’opération nous ne savions par qui rachèterait l’autre ! »

Pour la voiture électrique, Ferdinand Piëch est intimement convaincu que l’euphorie et la commmunication mise en place par certains ( un tâcle pour C. Ghosn ??  ) dépasse de très loin la réalité du marché actuel et à venir. Certes il concède que VW n’est pas le plus en pointe dans le domaine et que la marque ne lancera sa première auto électrique qu’en 2013 sur le marché  ( NDLR : Bolloré annonce produire en 2013, quelques 40.000 Bluecar … je n’en dis pas plus ! ). Par contre il met l’accent sur le développement des voitures hybrides et des autos « basse consommation » et il annonce que le groupe VW pourrait très rapidement dévoiler une voiture ne consommant qu’un litre pour 100 kilomètres et d’ajouter avec un certaine clairvoyance et un petit sourire  » Si nous parvenons à finaliser notre voiture à un litre, nous n’avons plus besoin de la voiture électrique ». Cela va d’ailleurs dans le sens de certaines études qui affirment qu’en dessous de 3.0 L/100 km le bilan carbone d’une auto non électrique est meilleur que celui d’une auto sur batteries. Et zou, ça c’était pour les adeptes d’une certaine vertitude quasi intégriste et sans clairvoyance .

 Il a par ailleurs laisser entendre que le très bon Martin Winterkorn, président du directoire du groupe VW serait normalement reconduit dans ses fonctions l’an prochain. Un signe de la bonne santé et de la stabilité du groupe VW.

Puis le Docteur Piëch s’est penché, avant Martin Winterkorn, sur le cas Alfa Romeo pour remettre un peu d’huile sur le feu et un peu de pression sur le groupe italien…

Il a donc bien confirmé que VW s’interessait toujours à Alfa Roméo et d’ajouter que c’est la marque qui, avec le moins d’efforts, a toujours été capable de prospérer du fait de son excellente image et de produit toujours interessants et/ou performants. Ferdinad Piëch de poursuivre : » nous suivons de près l’évolution de Fiat et d’Alfa Romeo mais c’est encore trop tôt pour l’instant mais le temps joue en notre faveur ! » et de conclure : « Reposez moi la question dans deux ans … »

Et ce week end, c’est au tour de M.Winterkorn d’enfoncer encore un peu plus le clou en faisant savoir à qui veut l’entendre, c’est à dire à tout le monde de l’automobile que : « Alfa Romeo est une marque très séduisante et si Fiat souhaite un jour la céder, nous serions alors interessés. Il faut se rappeler que du temps où Alfa était seul ( avant 1985 et le rachat par Fiat, non pas par philantropie mais par peur de voir Peugeot notamment envahir le marché italien ) , le constructeur milanais vendait environ 300.000 autos/an et maintenant c’est environ 110.000 /an ( soit 1/3 de ce qu’Alfa produisait auparavant ). Après étude des chiffres d’Alfa par les experts du groupe VW, Alfa Romeo pourrait assez facilement retrouver ses niveaux d’antan ainsi que son excellente image sur les marchés. Le PDG de VW de poursuivre : » Alfa a aujourd’hui des problèmes de qualité notamment dans le domaine des motorisations et je suis certain que nous pourrions faire très vite d’Alfa Romeo une marque magnifique. Et si Fiat veut vendre, nous ferons très vite une offre ! »

Tout est dit ou presque sachant que Walter de Silva, entre autres, le père de la 156, a fait savoir durant l’été qu’il avait dans ses cartons des études de style très italiennes pour la firme milanaise. A cela on ajoutera le départ de bon nombre de cadres de la direction d’Alfa ou de Fiat qui ont pris la direction de Wolfsburg, le rachat de Giugiaro et on sent quand même que la machine se met en ordre de marche…

Reste ne face, le CEO de Fiat, Sergio Marchionne qui confirme qu’Alfa Romeo n’est pas à vendre mais quand on voit la gamme ( 3 modèles dont un hélas en fin de carrière  ), le stand Alfa au Mondial qui ne vaut que par les hôtesses ( les modèles sont archi connus ) et les projets qui n’arrivent pas ( Giulia, Duetto, 169, coupé..) on peut raisonnablement se poser des questions sur le devenir de la marque au biscione même si du coté de la direction du groupe Fiat, on martèle qu’un SUV va très vite arriver, que la marque sera aux USA dans 2 ans avec une vraie gamme, qu’Alfa est le joyau du groupe Fiat…rien n’est moins lorsque VW alignera les billets de l’énorme somme destinée au rachat d’Alfa Romeo.  Aspettiamo un poco ! Mais le Cuore Sportivo pourrait bien, dans les prochaines années, devenir le Cuore Germanico Appasionato…

A suivre avec grand intéret.

Via Reuters, AFP, LesEchos, Autocar.