Une sympathique invitation et une très bonne initiative de Renault Sport que nous remercions ici même : passer le Grand Prix de Pau au sein d’un Team Clio Cup ! Nous allons vous faire plonger dans l’univers un peu fou de cette épreuve en ville par un superbe week-end pâlois… Chaud, très chaud, au propre comme au figuré !

Petite page d’histoire et présentation de ce circuit atypique :
Pau est un très ancien circuit français puisque les premières courses s’y sont déroulées dès 1933, soit bien avant le deuxième conflit mondial. Ses particularités ? Virages serrés, gros dénivelé et comme tout tracé urbain, les voitures passent à quelques centimètres des rails provisoires, quelque fois moins ! Pau est surnommé le petit Monaco et représente quelques pages dans l’Histoire du sport automobile. Les plus grands noms s’y sont illustrés : Behra, Trintignant, Ascari et bien d’autres ont marqué la vieille cité de leurs traces de gommes. Aujourd’hui, deux Grands Prix, un moderne et un GP historique où les vieilles gloires de tôle et d’acier viennent en découdre !

Un rapide tour du circuit ensemble ?
Tribunes, départ pour un freinage musclé au virage de la Gare, puis c’est la montée de l’avenue Léon Zay. Virage du Pont Oscar et épingle du Lycée avant la courbe du Parc Beaumont et la chicane Foch. Ensuite c’est une suite de chicanes et virages avant la ligne droite d’arrivée. Cela va vite, trop vite des fois. Pour info les Clio Cup en qualif’ arrivent à boucler les 2,760 km en 1’27 !

Le Grand Prix regroupe 7 plateaux :
– F3 FIA European Championship, réservée aux pilotes de moins de 25 ans, Formules héritières des mythiques F3000.
– EuroCup Formule Renault 2.0, véritable pépinière de jeunes talents
– Championnat de France FFSA GT, on y retrouve six marques en duel, Porsche, Maserati, BMW, McLaren et Ginetta.
– Peugeot Racing Cup, après les coupes RCZ c’est au tour des 308 Racing de s’exprimer.
– Twin’Cup, véritable course de copains en Twingo phase 1 quelque peu modifiées.
– Et la Renault Clio Cup, à laquelle nous allons nous intéresser tout particulièrement.

Les coupes de promotion chez Renault, c’est une tradition !
De la R8 Gordini, puis la R12 Gord également, les R5 LS puis Alpine, Les GT Turbo et les différentes générations de Clio c’est un incontournable dans la Marque. Aujourd’hui parfaitement structurée par Renault Sport, les Formules Renault 2.0 et les Clio bénéficient d’un appui logistique hors pair.

Nous aurons la chance et le plaisir d’être reçus par Tarik Ait Said, responsable sportif de ce formidable circus qui nous expose en quelques mots la philosophie de RS. Notre interlocuteur qui a passé 18 ans dans le monde de la F1 et qui, lors du regroupement des activités à Viry Chatillon, a pris la direction de RS Racing. Il est le responsable de l’organisation des championnats dans 8 pays différents, autant dire que nous le remercions du temps alloué. Pour donc en revenir à l’esprit ambiant, un mot clef reviendra à maintes reprises : EQUITE.
Effectivement, il est d’une importance capitale que tous les pilotes soient à armes égales, seul le pilotage et les réglages maisons (top secret) doivent entrer en compte. Toutes les pièces sont pucées et vérifiées en cas de contrôles. Les moteurs sont tous identiques et plombés et en général les dix premiers sont soumis à la pesée et contrôles aléatoires en fin d’épreuve.

Coté logistique, des camions ateliers disposent de toutes les pièces nécessaires sur place, mécanique et carrosserie. Dans chaque semi-remorque, il y a de quoi reconstruire plusieurs véhicules, impressionnant ! Et tout ce beau monde se déplace sur les six manches annuelles (Pau, Spa, Le Castellet, Dijon, et Magny Cours) sans parler des manches dans d’autres pays européens. Il y a même sur place un camion de remise en forme, avec sauna, salle de massage et autres accessoires comme un simulateur de réflexes.

Après cette présentation rapide, je vous propose de rejoindre et de faire connaissance avec le Team Raiwoit pour faire la connaissance des équipes de deux compétiteurs, Benoit Castagne et Dorian Guldenfels, que nous suivrons tout au long du week-end.
Cette immersion totale dans un team va se révéler fort instructive sur les Coupes actuelles tant au niveau technique qu’humain. Ce facteur est très important puisque nous verrons deux jeunes pilotes pleins de promesses issus de deux parcours somme toute différents.

Benoit a suivi les traces de son père Bernard qui a débuté dans les Coupes de l’Avenir à la fin des années 70. Bon sang ne saurait mentir, c’est dès l’âge de 10 ans qu’il évolue en karting pour ensuite se diriger vers 18 ans vers les épreuves d’endurance 206. En 2010 c’est avec son père qu’il participe au relais 207. Il finira troisième du championnat 207 en 2012 pour passer en 2013 à la Clio Cup où il se classera 3e en fin de saison. Il est resté fidèle depuis à la Marque au losange et bien entouré de la famille et des amis, il est régulièrement sur les marches des podiums.

Dorian a également commencé en karting, mais pas d’antériorité familiale sur la piste, juste de parents passionnés qui ont su l’accompagner dans son talent et sa progression. Il a été trois fois champion d’Alsace Lorraine dès l’âge de 7 ans jusqu’à 14 ans. A 15 ans il prend un volant de 208 Racing Cup en entraînement et à 16 ans, c’est la première course en Championnat Junior et dès sa deuxième saison il se classera 4e ! Suivront 5 courses en RCZ et une sixième place au général puis un passage en Clio Cup pour cette année.

Après nos pilotes, nous allons nous pencher sur leurs montures.
Comme déjà indiqué, les Clio sont toutes identiques, équité encore une fois. Une rapide fiche technique pour noter qu’en ordre de marche elles ont un poids de 1170 kg (1080 sans essence ni pilote) et développent une puissance de 220 ch. Les équipements de sécurité sont bien évidemment au top, Sièges baquets, harnais, filet de protection et surtout très impressionnant l’arceau cage ! Une prise pour l’importation des données en course permet après l’épreuve de télécharger les différents régimes moteurs pendant la course. Sidérant, nos pilotes et leurs coachs passent ensuite de longs moments à analyser tout cela en regard du tracé du circuit ! « Là tu aurais pu pousser un peu », « Là tu as freiné trop tôt » (pas possible !). Moi qui en était resté au simple chrono…

Comme déjà cité, les réglages de trains sont confidentiels à chaque Team, en fonction du circuit et surtout du ressenti pilote. Les pneumatiques sont changés à chaque épreuve, le manufacturier Michelin est d’ailleurs présent avec une infrastructure d’envergure. Coté freins les plaquettes sont également remplacées à chaque course et les disques n’en supportent en général que deux ou trois au maximum. Derniers réglages autorisés, la charge du différentiel.

Présentations faites, accueil chaleureux autour d’un café (merci pour l’intégration) et nous allons passer aux choses sérieuses, voir les plus importantes, à savoir les qualifications. En effet, vu la configuration du circuit où il est très difficile de doubler, ces dernières sont d’une importance capitale ! Les mines graves et affairées ne laissent pas place au doute !
Direction le paddock depuis le parc concurrents. A noter que vu le côté provisoire de l’épreuve, ce parc est couvert de gravillons et c’est par poignées entières qu’il faudra les évacuer des Clio.
Et c’est le grand spectacle qui commence ! Ces jeunes sont fous, c’est à des vitesses folles qu’ils rasent les rails, en course les voitures sont « culs à culs » et la moindre erreur ou sortie provoque malheureusement des carambolages et autres empilements. Il s’agit bien évidemment de faire le meilleur temps afin de bien se positionner sur la grille de départ.
Panneautage, avec le temps réalisé, celui restant et la place, renseigne le pilote sur ses performances.
Des arrêts pour vérifier la pression des pneus sont fréquents, effectivement cette pression avec la chaleur de roulage peut évoluer jusqu’à 25% en plus. Avec les slicks, la surface avec la piste est plus importante, ceci expliquant cela.

Après les essais, c’est la course et pour nos Clio, c’est en nocturne avec un départ donné à 22h30. Il n’est alors plus possible de reconnaitre nos champions dans le troupeau hurlant, entre la luminosité et la vitesse, bien malin qui pourrait s’y retrouver, à moins d’une voiture avec une couleur spécifique. Au terme des 25 minutes plus un tour, Benoit termine 4e et Dorian 7e. Rendez-vous dimanche matin à 10 h pour les deuxièmes essais qualificatifs.

Dimanche, toujours aussi beau et chaud autour du circuit !
On recommence le ballet d’hier, avec les quads et leurs petits wagons chargés de pneus jusqu’au paddock et c’est reparti. Las, un fait de course pour Dorian, une touchette au virage de la Gare. Excès d’optimisme ? Non point, plutôt une recherche de la perfection. Par contre la Clio ramenée au parc n’a plus fière allure et nous allons pouvoir admirer la rapidité d’exécution quant aux réparations. Déjà un aller-retour au camion magasin pour les pièces endommagées et toute une série de vérifications et réglages divers. Mais la Clio sera prête pour la deuxième manche et notre jeune pilote saura la mener à la 6e place. Comme quoi la valeur n’attend pas le nombre des années, bravo Dorian !

En résumé un beau week-end, une belle expérience, des rencontres humaines chaleureuses et j’en profite pour adresser au Team Raiwoit et en particulier aux familles Castagne et Guldenlfels tous mes remerciements pour leur accueil et leur gentillesse ainsi qu’à leurs mécaniciens pour m’avoir accepté dans leurs travaux.

Merci également à Renault Sport pour cette invitation.

Crédit photo : Gilles Dichamp