Rendez-vous incontournable pour les collectionneurs du monde entier et pour les passionnés d’automobiles d’exception, le Grand Prix de Monaco Historique se déroule du 13 au 15 mai 2016. Organisé par l’Automobile Club de Monaco (ACM) et placé sous le haut Patronage de Leurs Altesses Sérénissimes Le Prince et La Princesse de Monaco, il célèbre cette année sa 10ème édition, un anniversaire qui se promet exceptionnel !

Le Grand Prix de Monaco Historique est un événement que j’attends toujours avec impatience, une attente qui est longue puisqu’il se déroule uniquement tous les deux ans. Voir évoluer des voitures de Grand Prix et de Sport de 1925 à 1979 sur le mythique circuit de Formule 1 de la Principauté de Monaco est une expérience que je recommande à tous, l’ambiance est exceptionnelle. Le circuit et les moyens déployés (commissaires, sécurité) sont identiques à ceux mis en œuvre lors du Grand Prix de Formule 1 qui se déroule deux semaines plus tard.

C’est en 1997 que l’aventure a commencé : pour commémorer les 700 ans de la Dynastie des Grimaldi (famille d’origine génoise des princes de Monaco[1]), l’Automobile Club de Monaco décide d’organiser le 1er Grand Prix de Monaco Historique avec des voitures ayant participé aux Grand Prix de Monaco depuis 1929. Pas moins de 210 voitures participèrent à un évènement qui devait rester unique. Mais vu l’engouement suscité il sera définitivement lancé en 2000 ! Car le succès de la première édition fut tel, que l’ACM décida de renouveler cette manifestation tous les deux ans.[2]

Pour rappel, l’idée d’organiser une course automobile sur un territoire aussi exigu que celui de la Principauté de Monaco remonte à 1890. Le 26 Août 1890 était créée en Principauté de Monaco, une association regroupant des passionnés de bicyclette, le vélocipède comme on l’appelait à l’époque : le Sport Vélocipédique Monégasque. Avec la naissance de l’automobile, cette association devint le 28 Août 1907, le Sport Automobile et Vélocipédique Monégasque.

Le 21 Janvier 1911 était donné le départ du 1er Rallye Automobile Monte-Carlo. Lors de l’Assemblée Générale du Sport Automobile et Vélocipédique Monégasque tenue le 29 Mars 1925, il était décidé de la nouvelle appellation : Automobile Club de Monaco, l’A.C.M. Le Président, Alexandre Noghes, émit alors le souhait que l’A.C.M. devienne membre de la très prestigieuse Association Internationale des Automobiles Clubs Réunis, l’A.I.A.C.R. (ancêtre de la future Fédération Internationale de l’Automobile, la F.I.A.). Il envoya donc à Paris son fils, Antony, Commissaire Général de l’A.C.M., l’organisateur du Rallye Monte-Carlo, des Meetings et Concours d’élégance de Monaco, de la Course de Côte du Mont Agel, de la Semaine Automobile de Monaco, pour défendre le dossier d’admission. Mais malheureusement il essuya un refus pour le motif qu’ « aucune compétition automobile ne se déroulait sur le seul territoire de la Principauté de Monaco. Antony Noghes, vexé, piqué au vif, lança sans trop y réfléchir et à la surprise des membres de la prestigieuse assemblée : « qu’à cela ne tienne, dès l’an prochain une course internationale se disputera sur le territoire de la Principauté de Monaco ! ». Les propos d’Antony Noghes parurent autant extravagants à ses interlocuteurs qu’à lui-même… et pourtant ! C’est ainsi qu’un matin aux aurores, Antony Noghes depuis le boulevard Albert 1er (zone de départ actuel) effectua à pied le tracé du circuit : avenue du Beau Rivage, place du Casino (Camembert), descente des Spélugues, virage Mirabeau, gare de Monte-Carlo, Portier, tunnel du tir aux pigeons, boulevard Louis II, quai de plaisance etc…

Le 13 Octobre 1928, l’Automobile Club de Monaco devint le 34ème pays membre de l’A.I.A.C.R. sous réserve qu’il organise la dite compétition annoncée. Le rêve devint réalité. C’était il y a 81 ans, le Dimanche 14 Avril 1929, sous un soleil printanier, S.A.S. Le Prince Pierre de Monaco, grand-père de S.A.S. le Prince Albert II, ouvrait le circuit du 1er Grand Prix de Monaco : 16 coureurs, représentant 7 pays et 6 marques automobiles prirent le départ d’un Grand Prix, disputé sur un circuit dont le tracé n’a pratiquement pas changé jusqu’à ce jour.[3]

Voilà pour la partie historique sans laquelle le Grand Prix de Monaco et le Grand Prix Historique de Monaco n’auraient jamais vus le jour.

Le plateau de l’édition 2016 se compose de 250 voitures formant  7 catégories :

  • Série A : Voitures de course d’avant-guerre
  • Série B : Voitures de Grand Prix F1 et F2, construites avant 1961, moteur avant
  • Série C : Voitures de Sport à moteur avant ayant couru de 1952 à 1955 inclus
  • Série D : Monoplaces de Formule Junior, moteur avant, freins à tambour, de 1958 à 1960 inclus
  • Série E : Voitures de Grand Prix de Formule 1- 1500, de 1961 à 1965 inclus
  • Série F : Voitures de Grand Prix de Formule 1 de 1966 à 1972 inclus
  • Série G : Voitures de Grand Prix de Formule 1 de 1973 à 1976 inclus

Grande nouveauté de cette 10ème édition du Grand Prix Historique de Monaco, le bâtiment ultramoderne de la Direction de Course de 530 tonnes, le fruit de 8 mois de travail. Au-delà de cette nouvelle Direction de Course, le Grand Prix Historique ce sont des moyens énormes mis en place et coordonnés par l’Automobile Club de Monaco : 1100 tonnes de tribunes, 21 km de rails de sécurité, 20 000 m2 de grillage, 1872 pneus de protection, 646 commissaires, 120 pompiers professionnels.

J’ai posé ma journée de congé du vendredi car, en plus du Grand Prix Historique de Monaco, il se déroule traditionnellement durant cette semaine de course des ventes aux enchères de prestige. Les plus grandes maisons se sont donné rendez-vous en Principauté, attirant les plus grands collectionneurs du monde qui font leur marché à coups de centaines de milliers d’euros (millions parfois).

Je me réserve donc la matinée pour essayer de faire le tour de ces ventes. Je commence par RM Auctions aux alentours de 9H15, qui présente ses voitures dans les parkings souterrains du Sporting de Monaco (un complexe de spectacle de plus de 1600 m2, situé sur la presqu’île du Larvotto[4]). Il m’aura fallu plus d’une heure pour faire le tour tant les voitures sont nombreuses et de qualité… Bugatti Type 57 Cabriolet (1939) vendue 660 800€, Lamborghini Countach LP400 S Series I (1978) vendue 504 000€, Mercedes-Benz 300 SL Gullwing (1955) vendue 1 232 000€, Lamborghini 350 GT (1966) vendue 550 000€, Ferrari 340 America Barchetta (1951) vendue 7 280 000€, Lamborghini Diablo SE30 Jota (1995) vendue 672 000€, Ferrari 275 GTS (1966) vendue 1 792 000€, Ferrari 250 GT Lusso Berlinetta (1964) vendue 1 350 000€, Ferrari 275 GTS/4 NART Spider (1968) non vendue malgré une enchère à 17 000 000€… Porsche 911 GT1 Evolution (1997) vendue 2 770 000€, Ferrari 365 GTS/4 Daytona Spider (1972) vendue 2 000 000€.

La vente totale aura atteint la somme astronomique de 27 477 354€ pour 114 voitures.

11H00. Je pars du Sporting direction l’hôtel Fairmont de Monaco où se déroule la vente Bonhams « The Monaco Sale ‘Les Grandes Marques à Monaco’ ». Les voitures sont placées dans une salle de l’hôtel. Dès l’entrée on tombe sur la Talbot Lago T14 LS Spécial Coupé de 1956 qui n’a pas trouvé preneur. Par comme les autres. La Ferrari 288 GTO de 1985 s’est vendue 1 817 000€, la Jaguar C-Type (1953) dans son jus s’est échangée contre 7 245 000€, la Bugatti Type 35 Grand Prix (1925) s’est vendue 1 058 000€. L’Aston Martin One-77 de 2011 n’a pas trouvé preneur, son prix de réserve était de 1 750 000€.

13H00, après avoir mangé sur le pouce je file à l’autre bout de Monaco, dans le quartier de Fontvieille à Monaco Top Cars Collection (au Musée de l’Automobile, là où se trouve la Collection privée de S.A.S le Prince de Monaco), pour découvrir la 1ère édition de la vente MCRoyal Auctions. Aucune véritable information n’est fournie sur les véhicules présentés (et donc leur authenticité).

La claque de cette vente est sans nul doute l’impressionnante Lamborghini Diablo GT1. Elle est l’une des deux produites, châssis WLA12000. En 1996 Lamborghini contacta SAT (Signes Advanced Technology) en France afin de dessiner et construire une version course de la Lamborghini Diablo afin de pouvoir courir en championnat GT.  A cette époque afin d’être homologuée course la voiture devait être produite en petite série au préalable.

Le projet fut mené à terme par SAT et présenté à l’usine en avril 1997 où le Ministre Italien des Transports et la FIA (Fédération Internationale de L’Automobile) confirmèrent l’homologation en 1998. Malheureusement le groupe Chrysler (propriétaire à l’époque de Lamborghini) décida d’abandonner le projet, et donc la production en petite série nécessaire à la compétition. Audi prendra le relais avec son rachat de Lamborghini et développa de son côté les Diablo GT et GTR, mais ne repris pas l’idée de la GT1.[5]

Le reste de l’impressionnant plateau se compose de 6 Ferrari : 365 GTB/D Daytona, 250 GT SWB, 250 GT Boano, 275 GTB, 330 GT 2+2, et une recréation de 250 GTO par la Carrozzeria Allegretti, 4 Lamborghini : Diablo GT1, Diablo GT, Diablo 6,0 VT et Countach 25th Anniversary, 4 Porsche (deux 911 930 Speedster, une 911 964 Carrera RS et une 906) et enfin une Alfa Romeo TZ2, Ford GT40, et une Bugatti EB110 Supersport.

Retour au Grand Prix Historique, mes pieds n’en peuvent déjà plus ! Même si Monaco ne fait que 2 km2 les ventes étant loin les unes des autres, les kilomètres s’enchainent vite. Me voilà en piste à 14H30 pour les essais qui durent jusqu’à 18H30.

Première série à entrer en piste, la Série D : Monoplaces de Formule Junior, moteur avant, freins à tambour, de 1958 à 1960 inclus. Je me place route de la piscine pour faire quelques photos puis je file rapidement au virage n°10, la nouvelle chicane juste après le tunnel.

15H40, au tour de la Série B – Voitures de Grand Prix F1 et F2, avant 1961. Avec mon 150-600 je vise la sortie du tunnel. Il faut arriver tôt à l’emplacement car d’année en année les trous dans les grillages pour les photographes se raréfient. Un seul à cet endroit cette année, d’environ 1m30 de long, de quoi loger à peine 3 photographes.

Je monte ensuite au niveau de l’Avenue de Monte-Carlo et du virage 3 « Massenet » pour varier les prises de vues. 16h30, début de la Série E – Voitures de Grand Prix F1 – 1500 (1961-1965).

Après une petite pause de 30 minutes je me place quelques mètres plus loin, devant l’Hôtel de Paris pour attendre le début de la Série C – Voitures de Sport moteur avant (1952-1955), prévu pour 17H20, la série qui m’intéresse le plus.

Fin de la journée à 18H50. Le circuit ne rouvrira à la circulation urbaine qu’à 20H20, le temps que les accès soient rouverts.

Le lendemain, (samedi) est la journée qui est consacrée aux essais et à la parade de la Série A.

Le circuit ferme à la circulation dès 6H30. De mon côté j’arrive sur place à 8H00. La Série B – Voitures de Grand Prix F1 et F2, avant 1961 ouvre le bal. Je me positionne aujourd’hui route de la piscine, au virage 14 éponyme « piscine ».

9H20, la Série G – Voitures de Grand Prix F1 (1973–1976) déboule.

Je remonte légèrement le circuit à contresens pour faire quelques photos entre le virage 12 « Tabac » et le 13 « Louis Chiron ».

Entre les courses une parade de voitures classiques donne l’occasion à certains chanceux de rouler sur le circuit de Monaco avec leurs voitures de collection. On retrouve notamment cette année une Jaguar XK120 à la sonorité folle, une Ferrari 365 GTB/4 Daytona, Mercedes 300 SL Roadster, Ferrari 500 Mondial Spyder (#0458MD).

La Série F – Voitures de Grand Prix F1 (1966–1972), entre en piste à 10H10 après quelques tours des voitures classiques de la parade. Je descends cette fois du côté Est du circuit, au niveau du virage 8 « Portier » qui se situe avant l’entrée du célèbre tunnel.

L’occasion de faire quelques photos avec un peu de mer et un énorme bateau de croisière en arrière-plan.

11H00 marque l’arrivée de la Série A – Parade voitures de Grand Prix d’avant-guerre, qui n’est donc pas une course cette année contrairement à l’an dernier, mais simplement une parade. Je remonte donc au virage 6 « Grand Hotel Hairpin », la fameuse épingle qui se situe devant le Fairmont.

Sur les coups de midi s’installe la parade « mythical cars & drivers by Chopard ». Pour la 8ème édition consécutive, Chopard est en effet le partenaire et chronométreur officiel du Grand Prix de Monaco Historique. L’engagement de Chopard dans le monde du Classic Racing témoigne de ses liens étroits avec le monde des automobiles classiques mais aussi de son profond respect pour l’excellence sportive, à la fois empreinte de passion et de précision.[6]

L’occasion d’admirer deux Porsche en provenance directe du Porsche Museum de Stuttgart : une Porsche 804 F1 de 1962 et une Porsche 718/2 Monoposto F2 de 1960. La Porsche 804 présentée lors de ce Grand Prix Historique 2016 est une des monoplace de Formule 1 engagées par l’écurie allemande Porsche System Engineering dans le cadre du championnat du monde de Formule 1 de 1962.[7]

Quand à la Porsche 718/2 Monoposto F2 de 1960 il s’agit d’une monoplace 1.5L introduite dans les championnats F1 et F2.[8]

Jacky Ickx s’élance le premier, suivi du pilote officiel de la marque, Romain Dumas dans un vacarme assourdissant qui nécessite un casque antibruit ou des bouchons d’oreille, comme pour la plupart des autres séries d’ailleurs. Sauf si vous êtes comme Volker Weidler, pilote au 24H du Mans dans les années 1990 sur la Mazda 787B (surnommée la hurleuse à cause du bruit unique de son moiteur rotatif) qui aimait tellement le bruit de sa voiture, qu’il tenait à la piloter sans aucun dispositif de protection auditive. Du coup il a rapidement été pris de bourdonnement d’oreilles, puis de troubles de l’équilibre liés à cela, le contraignant à mettre fin à sa carrière.

Une Bugatti 37 et deux imposantes Bentley 6 cylindres accompagnent les deux Porsche.

30 minutes plus tard, une autre parade s’entame : la parade “Crédit Suisse Classic Car Rally” qui se lance pour 3 tours.  Partenaire de l’Automobile Club de Monaco (ACM) depuis 2010, le Credit Suisse Classic Car Rally permet à leurs membres de présenter leurs voitures anciennes à des milliers de spectateurs en effectuant trois tours sur le circuit légendaire de Monaco.

Chaque année le plateau est superbe, cette année on retrouve des modèles splendides comme cette Ferrari 365 GT 2+2 d’un vert sublime, Bugatti Type 57C Stelvio Cabriolet, des Porsche 356, et l’une des 29 AC 428 Frua Convertible.

Les essais reprennent à 14H00 avec la Série D – Monoplaces de Formule Junior, puis la Série E – Voitures de Grand Prix de Formule 1, de 1961 à 1965 inclus :

Puis ensuite la Série C : Voitures de Sport à moteur avant ayant couru de 1952 à 1955 inclus :

A 17H00, la pluie s’invite pour la Série F : Voitures de Grand Prix de Formule 1 de 1966 à 1972 inclus. Certains diront « mince ! », de mon côté j’espère qu’elle va durer et s’intensifier. Cela peut être l’occasion de réaliser des clichés uniques, avec des gerbes d’eau qui s’échappent des roues arrière. Je vais du côté de la fameuse montée de l’Avenue d’Ostende, au virage 2 « Beau Rivage », le point idéal pour cela puisque les prises de vues se font en aplomb du tracé du circuit.

Malheureusement la pluie n’est pas assez forte et les résultats sont mitigés : c’est à peine si on distingue que le bitume est mouillé. Dommage ! La prochaine fois je penserai aux seaux d’eau !

Dernière tentative avec la Série G : Voitures de Grand Prix de Formule 1 de 1973 à 1976 inclus à la sortie du tunnel pour tâcher de faire des photos avec une ambiance dure et sombre, à l’image du temps. J’en profite pour essayer de shooter à l’intérieur du tunnel, je suis plutôt content du résultat : cela change.

18H10, fin de la journée. Je rentre chez moi avec les pieds en miettes : 11 kilomètres au compteur ! Et dire que demain cela recommence ! Je me plains mais cela en vaut largement la peine.

Dimanche, dernier jour du Grand Prix Historique de Monaco 2016, et le plus attendu car il s’agit des courses ! Des courses qui commencent à 9H00 avec la Série D – Monoplaces De Formule Junior, Moteur Avant, Freins À Tambours De 1958 À 1960 Inclus.

La série D sert de cadre à la célébration des débuts de la Formule Junior instaurée en 1958. A l’origine il s’agissait d’établir une formule nationale économique afin de permettre à de jeunes talents de gagner en expérience, en maturité et de s’aguerrir en course afin d’obtenir le plus haut niveau du sport automobile transalpin, touché par le décès d’Ascari et l’arrêt de Farina, Villoresi et Taruffi, mais aussi de permettre à des nouveaux constructeurs italiens de se mettre en évidence. Le comte Giovanni Lurani, journaliste et membre de la commission, a été un rouage essentiel dans la mise sur pied de la formule que la FIA rendra officielle et internationale à partir de 1959, année marquée logiquement par l’organisation du premier Grand Prix de Monaco Junior. Pour cette seule année, “châssis multitubulaire”, “moteur avant et freins à tambour” étaient la norme, ce qui a déterminé la règle adoptée aujourd’hui pour cette série.[9]

Cette série se compose de voitures comme la Lola Mk2 Bandini FJ, Stanguellini FJ, Gemini Mk2.

Après 1H30 de course et la victoire de Christopher DRAKE sur sa Terrier Mk4, place à la Série B – Voitures De Grand Prix F1 & F2 Construites Avant 1961, Moteur Avant.

Cette série est l’évocation des Grand Prix de Monaco disputés par les monoplaces entre 1948 et 1960. Cette période est marquée d’entrée par la domination des monoplaces à moteur avant, en situation de quasi-monopole; puis par l’arrivée en 1957 des premières voitures à moteur arrière. Celles-ci allaient s’imposer à partir de 1958, avec les retentissantes victoires de Moss en Argentine, et de Trintignant à Monaco.

Les F1 de cette période connurent deux réglementations de cylindrée : de 1947 à 1953, la limite de cylindrée était de 4500cc pour les voitures sans compresseur, et de 1500 cc pour celles qui en étaient dotées (classe 1). De 1954 à 1960, la règlementation limitait les moteurs aspirés à 2500 cm3, et les moteurs suralimentés à 750 cm3 (les classes 3 et 4 du GP historique). [10]

Cette Série Se Compose De Voitures Comme la Gordini T16 Ferrari 246 (Dino) Maserati 250F (« Interim ») Lotus 16 Cooper-Bristol T20 Ferrari 555 “Supersqualo”. Tony WOOD sur la TEC-MEC F415 de 1959 l’emportera.

11H10, entrée en piste des voitures de la Série E – Voitures De Grand Prix De F1 – 1500, De 1961 à 1965 Inclus avec des voitures comme la BRM P57, Lotus 24 Brabham Bt7 (Climax) Ferrari 1512 DeTomaso F1 (Alfa Conrero).

A propos de cette De Tomaso F1 (Alfa Conrero), 4 voitures ont été construites en 1961. La voiture présentée était engagée par la Scuderia Settecolli, pour Roberto Bussinello en 1961. Terminée en juillet elle a participé au Grand Prix d’Italie comptant pour le Championnat du Monde.

Quant à la Ferrari 1512, on compte 3 voitures construites en 1965. La voiture présentée n’a participé qu’à deux courses : le Grand Prix de Belgique, avec Surtees, s’est soldé par un abandon, tandis que Bandini l’a amené à la 4e place du Grand Prix d’Italie.

Les origines de cette Série E remontent à 1961, et jusqu’à 1965 inclus, où le règlement de la formule 1 bannissait le compresseur et limitait la cylindrée des voitures à 1500 cm3. Cette évolution indispensable tenait compte du danger que représentait l’accroissement des performances des Formule 1, due à la combinaison de plusieurs facteurs: l’amélioration de leur tenue de route, depuis l’adoption quasi générale du moteur arrière ; l’évolution des suspensions et des pneus et l’abaissement de leur ligne générale. Cela explique la présence à l’époque, dans les rues de Monaco, de ce type de monoplaces et justifie l’organisation aujourd’hui de cette série E, qui les voit à nouveau se confronter ici.[11]

Victoire de Andy MIDDLEHURST sur sa Lotus 25 (Climax) de 1962.

12H20 : Série A – Parade De Voitures De Grand Prix D’Avant-Guerre. Cette série sert d’évocation aux Grand Prix de Monaco de l’avant-guerre, ainsi qu’à la Coupe du Prince Rainier 1937 ouverte aux voiturettes (Classe 6). Elle se compose de voitures comme la Bugatti 51, Maserati 6CM, Bugatti 35A, Bugatti 37A.

Après la parade de la Série A, on retrouve à 13H15 comme hier la parade « mythical cars & drivers by Chopard » avec la Porsche 804 F1 de 1962 et la Porsche 718/2 Monoposto F2 de 1960 en provenance directe du Porsche Museum de Stuttgart.

Reprise des courses à 14H00 avec la Série C – Voitures De Sport À Moteur Avant Ayant Couru De 1952 À 1955 Inclus. Pour l’édition de 1952 les organisateurs de l’épreuve de Monaco ont décidé de ne pas faire courir les monoplaces. Les Sport de plus de 2L disputèrent le Grand Prix de Monaco, tandis que la veille avait eu lieu une course réservée au moins de 2L baptisée “Coupe du Prince Rainier”. Ce sont ces deux évènements que célèbre la Série C du Grand Prix Historique.[12]

On retrouve dans cette série de nombreux modèles mythiques de collection : Jaguar C Type, BMW Wagner Special, Maserati A6GCS, Frazer Nash Le Mans Replica, Aston-Martin DB3S, Maserati 300S, Ferrari 212 Export Vignale Spyder, Ferrari 250mm Ferrari 340MM, 166MM, 500 Mondial, Jaguar Type D, etc. URE John l’emporte au volant de sa Cooper-Bristol T24 de 1953.

En milieu d’après-midi (15H05) démarre la course de la Série F – Voitures De Grand Prix De Formule 1 De 1966 À 1972 Inclus.

La série F sert de cadre à la célébration des sept premières saisons de la Formule 1 de 3 Litres de cylindrée, née en 1966, et donc des Grand Prix de Monaco de la période correspondante. Cette réglementation donna lieu à l’apparition du mythique V8 Cosworth DFV , et ses multiples victoires (classe 1 et 2), mais aussi à de magnifiques moteurs V12, dus aux ingénieurs de chez Ferrari, Matra et BRM (classe 1 et 3).[13]

On retrouve dans cette série des modèles mythique de la F1 tels que la Tyrrell 001 Ferrari 312B, 312 B3, McLaren M19A.

Cette Ferrari 312 B a été construite à 5 exemplaires en 1970 et compte trois victoires aux mains de Jacky Ickx en Championnat du Monde. La voiture présentée est celle utilisée le plus souvent par Clay Regazzoni lors de ses débuts en F1 fin 1970 et début 1971. A son volant, en 1970, il a remporté le Grand Prix d’Italie (son 5e Grand Prix F1 !) et la 2e place au Canada et au Mexique.

Quant à la 312 B3, on compte 8 exemplaires (1 en 1972, 3 en 1973, 3 en 1974 et 1 en 1975). La Ferrari 312B3 est la voiture qui va révéler Niki Lauda, victorieux à son volant de ses deux premiers Grand Prix en Espagne et Hollande en 1974. La voiture présentée est le prototype de 1972, baptisé chasse neige, à cause des formes de son bouclier avant. Elle devait participer au Grand Prix d’Italie 1972, mais les problèmes rencontrés lors des premiers essais ont amené l’annulation de son engagement, et finalement la refonte du modèle.[14]

Enfin, au sujet de la Tyrrell 001, 4 voitures ont été construites : 1 en 1970, 3 en 1971. La voiture présentée, la toute première de la glorieuse lignée des Tyrrell, est la seule produite en 1970, elle a participé aux trois derniers Grand Prix de la saison 1970 aux mains de Jackie Stewart. A son volant il a entamé la saison suivante en terminant 2e du Grand Prix d’Afrique du Sud.

Dernière course de la journée, la Série G – Voitures De Grand Prix De Formule 1 De 1973 À 1976 Inclus.

La série G, comme la série F, sert de cadre à la célébration des Grand Prix de Monaco de Formule 1 de 3 Litres de cylindrée née en 1966. Les voitures admises sont celles fabriquées pour les saisons de 1973 à 1977 inclus. En 1973, l’obligation faite aux constructeurs d’adopter des structures  déformables, pour améliorer la sécurité, allait avoir une influence sur la physionomie des voitures, avec la généralisation des radiateurs latéraux et des formes anguleuses. Tandis qu’en 1978 apparaîtront les Renault moteur turbo et la Lotus 78 à l’effet de sol ce qui va amener une transformation de la répartition des masses, donc de la structure même des monoplaces.[15]

Le plateau est constitué de F1 comme la Ferrari 312 T2, Tyrrell 007, McLaren M23, Ferrari 312 T, Hesketh 308, Ferrari 312 T2, McLaren M26,

La Ferrari 312 B3 est issue d’une production de 6 exemplaires en 1974, plus un début 1975. La voiture présentée est celle qui a réalisé la pôle position du Grand Prix de Monaco en 1974 aux mains de Niki Lauda. L’autre 312 B3 a disputé 7 Grand Prix en 1974 aux mains de Niki Lauda qui en a remporté 2 (Allemagne et Hollande). A Monaco cette année-là elle a servi de mulet à Clay Regazzoni. [16]

La Ferrari 312 T engagée est l’un des 5 exemplaires construits et utilisés par la Scuderia Ferrari en 1975 et début 1976. Niki Lauda remporta 6 victoires, dont Monaco, et le titre en 1975 puis 2 victoires en 1976. Clay Regazzoni a obtenu quant à lui 3 succès. La voiture présentée a disputé seulement deux Grand Prix en 1975 avec Lauda (5e en Afrique du Sud) et Regazzoni (abandon à Monaco).

La Ferrari 312 T2 fait partie des 7 exemplaires produits (1 en 1975, 3 en 1976 et 3 en 1977). La 312 T2 est la descendante directe de la 312 T titrée avec Lauda en 1975. Elle a été utilisée en 1976 par le tandem Lauda/Regazzoni (et occasionnellement Reutemann) en 1976 et 1977, puis Lauda relayé par le jeune Gilles Villeneuve, en fi n d’année, pour ses début dans la Scuderia. La voiture présentée est celle utilisée par Niki Lauda (champion du monde en titre) lors de ses victoires aux Grand Prix de Belgique et de Monaco en 1976, année de son terrible accident sur le circuit de Nürburgring.

Du côté de la McLaren M23, 13 voitures ont été construites (4 en 1973, 4 en 1974, 2 en 1975, 3 en 1977). C‘est le modèle Champion du Monde avec Fittipaldi en 1974 et Hunt en 1976. La voiture présentée, sortie en 1974, a été cette année-là la voiture régulière de Denis Hulme. A son volant il a remporté le Grand Prix d’Argentine et a abandonné à Monaco. Utilisée ensuite par Mass en 1975 et Hunt en 1976. Elle a permis à l’anglais de remporter les Grand Prix de France et d’Allemagne et d’empocher ainsi le titre de Champion du Monde en fin de saison.

L’autre McLaren, la M 26, a été produite à 7 exemplaires (1 en 1976, 2 en 1977 et 4 en 1978). La voiture présentée est le prototype du type sortie en 1977. Elle a pris cinq départs aux mains de Jochen Mass et James Hunt.

17H10, fin de la dernière course et de ce 10ème Grand Prix de Monaco Historique. Un dixième anniversaire qui aura connu une affluence record au niveau des équipes sportives et qui aura attiré plus de 30000 passionnés présents dans les tribunes durant ces deux jours et demi.

Rendez-vous en mai 2018 pour la 11ème édition, l’attente sera longue !

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Toutes les photos du Monaco Grand Prix Historique 2016 :

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Toutes les photos de RM Auctions Monaco 2016 :

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Toutes les photos de Bonhams « The Monaco Sale ‘Les Grandes Marques à Monaco’ » 2016 :

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Toutes les photos de MCRoyal Auctions 2016 :

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