Retour aux affaires pour Italdesign qui se lance à son tour dans la production de modèles exclusifs en toute petite série avec un premier véhicule… qui ne porte aucun nom !

Une éclaircie pour les carrossiers italiens ? Alors que Bertone vient de se faire racheter par le français Akka Technologies, que Pininfarina est passé dans le giron de Mahindra (et promet des choses intéressantes pour le salon de Genève) et que Touring Superleggera poursuit son petit bonhomme de chemin avec des créations très réussies (relire ici ou ), il restait encore à faire sortir Italdesign de son hibernation industrielle, même si le bureau de design (passé dans le giron de VAG) sortait vaille que vaille des protos plus ou moins réussis.

Suivant la même stratégie que Pininfarina (la Sergio) ou Touring Superleggera (les Disco Volante), Italdesign vient de créer un département dédié à la production en toute petite série de véhicules exclusifs. Ce département dénommé Italdesign Automobili Speciali vient de révéler sa première création par le biais de quelques rendus 3D. Comme indiqué en en-tête de cet article, la voiture ne porte pas (encore) de nom de baptême…. Nous l’appellerons donc « Choupette » pour simplifier.

Basée sur un châssis modulaire en fibre de carbone et aluminium, Choupette est propulsée par un V10 atmo de 5,2 litres… Attendez… un V10 atmo ? Il y en a fort peu sur le marché, sauf chez Lamborghini. Car c’est bien là l’origine de la motorisation de Choupette, même si aucune indication de puissance n’est donnée. Les trains roulants et probablement de nombreuses autres pièces doivent avoir la même origine. Rayon performances, Choupette ne démérite pas avec une Vmax de 330 km/h et un 0 à 100 claqué en 3,2 secondes. Soit à quelques pouillièmes près la même chose qu’une Huracán. Mais alors, qu’est ce qui va distinguer Choupette de sa cousine ? Tout bonnement l’exclusivité (5 exemplaires produits) et un design extrêmement spécifique.

Enfin… spécifique… pas tant que ça. A bien regarder Choupette, les gênes de Lamborghini sont bien là : diffuseur hypertrophié de Veneno/Centenario, profil d’Asterion (le joli concept hybride de 2014). Seul le capot avant s’achevant par une entrée d’air des plus curieuses fait figure d’originalité, mais on aurait clairement pu s’en passer. Ajoutez à ces morceaux épars de Lambo’ quelques appendices aérodynamiques brillant par leur bon goût et leur discrétion (aileron, moustaches, sideblades, ventilations sur les ailes, ailerons, etc…) et vous obtenez probablement une des pires créations d’Italdesign de ces dernières années. Choupette est peut être spectaculaire, mais quel manque de finesse, d’élégance et d’originalité ! Comparez avec ce que réalise Zagato pour Aston Martin, et vous comprendrez tout de suite que la démarche est radicalement différente. L’esprit « Grand Tourisme » revendiqué par le bureau de design, je le cherche encore, tant j’ai l’impression d’avoir du tuning devant les yeux. La seule bonne nouvelle, c’est que la très faible production envisagée induit que je ne verrai probablement jamais d’exemplaire de Choupette. Allez, pour se changer les idées, je vous propose un interlude visuel de petites séries de bon goût ci-dessous :

Si l’aventure vous séduit néanmoins, il est très probable que les 5 exemplaires soient déjà vendus à un prix inconnu et très élevé. Mais vous pourrez en voir un dès l’ouverture du salon de Genève dans quelques jours. Bon courage !

Crédits photo : Italdesign