Elle est là, dans mon garage. Habillée de sa robe blanche, elle n’attend que moi. Ses petites touches de noir, de ci de là, sa calandre rainurée pleine d’agressivité, le petit badge collé sur sa portière, ses sièges baquets, tout est là pour me rappeler qu’elle est avant-tout une sportive dans l’âme.

J’ouvre la portière, je me glisse doucement sur le fauteuil couleur carbone, je mets la clé sur le contact et là… Quel bruit ! Mais quel bruit ! Mais c’est quoi ce bruit ??? Et merde… On est lundi, mon réveil vient de sonner et me sort de mon rêve. Pourtant, j’étais bien… Mais la vie est bien faite parfois. Dans mon malheur, je vais presque réaliser mon rêve ! Conduire une supercar ! Oui malheur, car quelques heures plus tard, je monte dans ma voiture pour aller chercher les enfants, comme tous les lundi. Je monte la côte pour rejoindre l’école, comme toujours. La côte du genre, en vélo, tu ne t’y frottes pas trop tellement elle fait mal aux jambes celle-là ! Pas pour les coureurs du Tour de France, dont je reparlerai plus tard, mais aux sportifs amateurs comme moi. Et puis il y a ce bus qui se traîne, comme moi quand je suis sur mon vélo. Et ces voitures devant moi. Arrive la double voie, cool, on peut doubler ! Le Tiguan double le premier, ça fume mais ça envoie sec visiblement. Le corbillard Vito le colle de près, moi, je suis (verbe suivre, vous me suivez ?) le Vito et tout d’un coup, paf ! Je me retrouve emplafonné dedans… Rien vu venir ! Heureusement, il était vide. Un signe de destin, ce n’était pas mon heure. J’apprendrai plus tard que le Tiguan était un DSG7 et que sa conductrice a voulu changer de vitesse en embrayant… Essayez de freiner du pied gauche, vous aurez une idée de la vitesse de décélération… Voiture direction carrossier… Une semaine de boulot. Oui, OK mais moi, je bosse à côté de l’école hein. Vous vous rappelez la côte ? Pas envie d’y aller en vélo ! Le carrossier me dit « Pas de soucis Mr, on vous prête une voiture ! ». Ouf, il me tend une clé. Tiens, ça me rappelle mon ancienne Golf ! Ha non, c’est marqué Skoda dessus. Il me dit « c’est la blanche là-bas, oubliez pas de faire le plein en la ramenant ». Vous vous souvenez mon rêve ? Tiens, une voiture blanche, des plastiques noir, des sièges baquets. Je ne sais pourquoi mais je sens qu’on va bien s’entendre, elle et moi. C’est vrai qu’elle est mimi cette Citigo ! Je n’avais jamais fait trop attention, mais on n’en croise pas beaucoup sur nos routes. La Up a pris un ascendant psychologique. Je sors mon smartphone, je file sur mon blog préféré et là, pas trace d’un essai sur notre célèbre blog ! Voilà, mon véhicule de prêt vient de se transformer en véhicule d’essai ! Ça tombe bien que je le garde plusieurs jours.

Je fais le tour de la voiture, elle est neuve ! Les plastiques noir sur les rétros, les poignées de porte, c’est un signe : ça sent l’entrée de gamme. Forcément dans ma tête, Skoda, entrée de gamme… Ca me rappelle la Favorit des années 90, ça n’inspire pas l’amour tout ça ! Mais il faut dire que les temps ont changé. Skoda a changé. Depuis le rachat par Volkswagen en 1991, il y a eu du progrès. Et cette Citigo s’inscrit complètement dans ce cycle. Dès l’ouverture des portes (5 dans ma version de prêt) et malgré ses 3,56 m de long, ce qui en fait une voiture très compacte, elle présente un espace bien plus qu’acceptable pour voyager à son aise. Le coffre surprend par sa capacité, puisqu’avec une contenance de 251 à 951 litres, c’est un des gros volumes de la catégorie. Par contre, son accès avec un seuil très bas et la découpe étrange du hayon n’est pas super aisé. Mais revenons à l’intérieur de cette Citigo : ça manque quand même de fun. L’intérieur est austère, typiquement allemand dans l’esprit VW, heureusement que le badge sur la portière apporte un peu de couleur. Quoi ? Je vous ai pas parlé du badge ? Mais si, souvenez-vous, au début, le Tour de France. Cette Citigo est une série spéciale « Tour de France ».Avec une petite touche de jaune en guise de récompense. Référence aux sportifs de la grande boucle, puisque vous le savez sans doute déjà mais Skoda est partenaire et a d’ailleurs prolongé jusqu’en 2018. Je vais finir par croire que ces voitures sont dopées ! Pourtant le 1.0 MPI de 60 ch semble à priori ne pas vouloir aller dans cette direction. Je mets la clé sur le contact et surprise, le bruit est plutôt sympa. Ha oui, c’est un trois cylindres, ça fait toujours un bruit particulier ces bêtes-là ! Je démarre et deuxième surprise, c’est relativement nerveux, la boite est précise, le poids contenu de la Citigo aide bien pour lancer la voiture. Je me prends à jouer un peu avec, elle aime la ville cette petite. Ce sera d’ailleurs son terrain de prédilection. Quand on sort de l’environnement urbain, le 60 ch atteint vite ses limites. Pour doubler, il faut être sûr de son coup. Le côté sympa, c’est qu’on peut pousser les rapports, elle aime ça la Citigo. On se croirait au volant d’une GTi, 50 ch en moins. Le comportement est sain, limite joueur parfois mais attention, elle prend vite du roulis la dame. Côté freinage, pas de problème, ça répond bien. Et puis, on est pas mal assis. Certes, à l’arrière, il n’y a que deux places, mais les passagers seront à l’aise au moins. Au volant, ce ne sont pas des Recaro mais le maintien est bon et le confort présent. La finition est par contre assez spartiate, avec beaucoup de tôle apparente, ce qui a le mérite de mettre un peu de gaieté dans l’habitacle pour peu que l’on choisisse une couleur adéquate bien entendu.L’équipement, lui,  n’est pas en reste, avec les vitres électriques (uniquement à l’avant puisque les vitres arrière s’entrebâillent) la clim manuelle et le GPS qui se met sur le support intégré au-dessus de l’autoradio. Assez spécial à vrai dire et déroutant au début, d’autant qu’il peut servir d’ordinateur de bord, avec des infos utiles comme la consommation.

Parlons-en de la conso : sur mon essai, j’ai tourné à 6,5 l/100, en ne la ménageant pas vraiment. C’est sûr qu’on peut faire moins, et atteindre aisément les 5 l/100 sur un parcours mixte. C’est ce qu’on attend de ces citadines. Au bilan et avant de rapporter cette Citigo chez mon carrossier, je suis séduit par cette petite voiture. Ce n’est pas la voiture de mon rêve, certes mais je la trouve super ! Évoluant dans un milieu urbain, elle ne manque pas d’atouts. Certains diront qu’il est dommage que la finition, bien que les assemblages soient de qualité, laisse un goût d’inachevé, comme si les ingénieurs du groupe VW s’étaient fait tatouer le mot radin sur la paume des mains… Avec un prix plancher (entrée de gamme à 9000 €) et même si la nouvelle Twingo impose sa loi, elle reste une alternative intéressante, notamment pour ceux qui trouvent la Up un peu sur-côtée.

A noter qu’une série spéciale « Monte-Carlo » est disponible au catalogue avec un look plutôt sympa…

 

Crédit photos : Skoda / S.Lecomte