Fidélisation. C’est un des nombreux buts recherchés par le service commercial de chaque constructeur. À travers de petites attentions, une communication élaborée ou autres spécificités produit, les conseillers commerciaux parviennent à faire de certains clients de véritables aficionados d’une marque. Pour Renault Sport (tout comme le slogan Renault le rappelle à juste titre), la passion est primordiale et constitue l’essence même de ce que doivent ressentir les clients au volant de leurs produits. Ultime opération sous le signe de la passion : les « Journées Passion Renault Sport ». Nous avons tout récemment pu vivre l’expérience sur le mythique circuit Paul Ricard au Castellet. Attachez vos ceintures.

Destinées à tous les propriétaires d’une voiture de la gamme passée ou actuelle Renault Sport, les Journées Passion permettent à n’importe quelle personne désireuse d’emmener sa RS tâter du circuit, que ce soit à niveau quasi professionnel ou débutant, de s’amuser le temps d’une journée en toute sécurité et ce sur les plus beaux circuits du monde.
En France, après Magny-Cours et Spa Francorchamps, c’est encore une fois le tour d’un circuit de Formule 1 : le circuit Paul Ricard du Castellet, d’ailleurs programmé pour la saison 2018 du championnat F1.
D’une longueur totale de 5,8 km, le circuit Paul Ricard est réputé pour la rapidité de son tracé et de ses grandes zones de dégagement aux larges lignes bleues qui font le bonheur des photographes et le malheur des pilotes amateurs trouvant difficilement leurs repères de freinage à chaque virage. Et du frein, il va nous en falloir aujourd’hui !

Effectuons également un rapide zoom sur notre monture de la journée.
En plein renouveau, la Clio est actuellement le seul modèle de la gamme Renault Sport a bénéficier de la griffe « R.S. ».
Je passerai donc la journée derrière le volant d’une Clio R.S. 220 EDC Trophy « Blanc Nacré » sortie des chaines de production de l’usine de Dieppe il n’y a pas deux semaines. Après un rapide rodage, cette journée circuit sera pour elle son premier véritable baptême du feu ou autrement dit, sa première utilisation adéquate. N’en déplaise aux puristes adorateurs de la 3 R.S. et détracteurs de la 4 R.S. , elle sera la compagne idéale pour aujourd’hui, me permettant d’appréhender plus sereinement le circuit avec une monture peu capricieuse, intuitive et rassurante dans son comportement puis somme toute plutôt facile à mener.
Mise à part le léger face-lift, rien n’a vraiment changé. Je vous invite donc à revenir passer quelques minutes sur l’excellent article d’Aymeric à son sujet ici.

Après un petit mot de bienvenue, un briefing complet sur les particularités du circuit et le déroulé de la journée nous est proposé, et enfin un mot d’encouragement de la part de Jean Ragnotti. Trois groupes de niveaux répartis sur la journée avec 6 sessions de 20 minutes pour chaque groupe (débutant, confirmé, expert). J’apprends avec stupeur que l’on m’a attribué une place dans le groupe expert, oups….
1/ Je n’ai jamais tourné au Castellet
2/ Après m’être attardé quelques temps sur le paddock alloué à ce groupe, je me suis rendu compte que la plupart des autos présentes dans ce dernier n’avaient plus grand chose en commun avec l’origine. De plus, les pilotes ressemblaient plus pour certains à des gladiateurs en manque de sang qu’à des gentlemen drivers (à prendre au second degré bien évidemment !).

9h30, c’est parti pour une première session avec deux tours sous safety-car (une Clio Cup, excusez du peu). Malheureusement, le deuxième tour n’est pas terminé que l’excitation prend le dessus : certains se décalent et appuient sur la pédale. Cette fois ça y est, le doute n’est plus permis, il faut tout donner ! On commence tranquillement avec le mode « Sport » où la boîte EDC se charge encore du passage de vitesses, malgré une réactivité optimisée et un son à la sortie d’échappement plus rauque (merci Akrapovič). Je me concentre sur le tracé et les trajectoires à adopter. À plusieurs reprises, les freinages musclés alternent avec des passages en courbe « à fond ».
La ligne droite du Mistral permet d’aller titiller les 200 km/h avant de chopper violemment les freins juste avant la chicane Montréal à angle droit, piégeuse et éprouvante pour les disques et plaquettes tout comme pour les pilotes qui doivent parvenir à maintenir l’arrière train de leurs montures qui à cet endroit du circuit ne cherche qu’une chose : passer devant.
Bilan de la première session : ça roule très fort dès le début et quelques virages me posent problème au niveau des trajectoires, nous y reviendront prochainement.

Petit tour dans les paddocks et découverte des montures des participants.
Le ton est donné : pour aujourd’hui ce sera Mégane 3 RS !
Je remarque d’ailleurs que bien peu nombreuses sont les Clio 2 RS1/2/3, pourtant réputées comme excellentes pistardes pour débuter.
Même la Clio 3 RS se fait assez discrète dans les 3 groupes excepté un bel exemplaire « Vert Alien » (cc Aymeric) et deux trois autres perdues au milieu de la horde de Méganes.

Deuxième session, on reprend la même et on recommence !
Revue des bases ? Plutôt rapide et efficiente, là n’était pas l’objectif de la journée. Travail des trajectoires et de l’attaque du point de corde ? Là il y a à progresser. Mon approche des virages se fait parfois progressive, comme si j’allais effectuer une manœuvre alors que la règle est simple : planter les freins roues droites, on relève doucement la pédale pour attaquer le virage le plus tard et le plus efficacement possible sans perdre de précieux km/h à la relance face aux gros calibres qui s’agitent dans mes rétroviseurs.
Le comportement de la Clio 4 R.S. reste d’une manière générale très intuitif et encore mieux que ça, sécurisant ! Les défauts d’une traction puissante à savoir un train avant perdu dans certaines situations est inexistant, vous pouvez même vous permettre de jouer de ce train avant et reprendre plus fort en sortie de virage, grisant ! L’efficacité du châssis Renault Sport n’est pas une légende, un bon placement et un freinage adapté permettent à la Clio 4 R.S. Trophy d’enrouler littéralement chaque morceau de courbe. Il peut même pardonner les erreurs (car oui, ça m’arrive aussi et bien plus souvent que je ne le laisse sous-entendre). Un petit toucher de pédale de frein en plein milieu d’un virage « à fond » et habituellement, c’est le drame, mais pas ici ! Merci la largeur de piste et le châssis affuté, c’est que ça se rattrape encore cette affaire !

3 sessions passées et l’heure du repas sonnée, le spectacle est assuré par le passage sur le circuit d’une RS01 mais surtout, par les habituelles cabrioles de M. Jean Ragnotti (qui me fera d’ailleurs bénéficier d’une démonstration en Clio 4 R.S. Trophy pour quelques tours de circuit, j’ai encore du boulot !).

Le programme de l’après-midi sera rigoureusement identique à celui de la matinée : 3 sessions de 20 minutes.
Le tracé mémorisé et mes axes de progression en tête, je commence vraiment à m’amuser. L’instructeur se fait plus silencieux, mes freinages plus tardifs, mon regard mieux positionné, bref le seul mot de mise devient « plaisir ».
Reste encore ce satané Double Droite du Beausset où je replonge beaucoup trop tôt oubliant la forme particulière et irrégulière de la courbe me positionnant bien mal pour le virage suivant, le virage de Bendor où là également le point de freinage est essentiel.
Vous savez quoi ? Mes derniers tours de 3ème et dernière session de l’après-midi ont enfin vu naître un sourire sur mon visage et quelques compliments bien mérités de la part de l’instructeur, apparemment satisfait de mes négociations de courbes et vitesses de passage.
Beau bilan pour une progression au milieu du groupe « expert » !

Le Castellet c’est fini.
Rendez-vous suivant le lundi 4 Septembre sur le circuit Bugatti au Mans !
Ça m’a donné envie de me mettre aux TrackDays plus régulièrement tout ça…

Merci à Benoit de Renault Sport et Teddy pour l’organisation et l’ambiance toujours au top !

Crédits Photos : Ancelin Schoenhentz