Après l’Allemagne et l’Italie, c’est en Angleterre que la bonne affaire fait escale cette semaine, à la recherche d’un « luxury saloon » cette fois. De recherche, il s’agira plutôt d’une chasse au grand félin, puisque l’objet de ma convoitise n’est autre qu’une Jaguar XJ40. Une auto dont la réputation précède quasi-systématiquement les qualités et ce depuis que les premiers exemplaires sont sortis de chaine en 1986.

C’est en partie l’outil de production de l’antique usine de Browns Lane qui, malgré les efforts réalisés sur le contrôle qualité, contribuera à ternir l’image du modèle comme aux pires heures de la British Leyland. Ajoutez à celà des composants électriques et hydrauliques de second choix, pas franchement à la hauteur des ambitions techniques, et l’on comprend mieux pourquoi le tant convoité marché US lui a rapidement préféré la Lexus LS400.

Jaguar XJ40

Mais vingt ans plus tard les données du problème ne sont plus les mêmes, car si la plupart des concurrentes de l’époque ne sont guère plus séduisantes qu’à leur sortie (subjectivement c’est plutôt l’inverse), elles ont également perdu de leur fiabilité ne serait-ce que par l’érosion du temps. De son côté, comme c’est presque toujours le cas chez Jaguar, la XJ gagne chaque jour un peu plus de sex-appeal: lignes fluides, chromes discrets mais présents. A l’intérieur du bois, du cuir le tout porté par la souplesse d’une suspension hydraulique et de motorisations généreuses… En un mot luxueuse mais pas ostentatoire.

Pourtant, l’argument massue d’une XJ40 en 2010 c’est son prix: Difficile de s’imaginer une auto qui en offre autant pour une somme aussi dérisoire. Il y’a vraiment là de quoi relativiser les coûts de fonctionnement et d’entretien, à condition de ne pas se porter acquéreur de n’importe quoi auprès de n’importe qui. En effet, la valeur marchande est basse depuis quelques années déjà, avec pour conséquence des propriétaires parfois peu enclins à réaliser de coûteux travaux, préferant les laisser à la charge du propriétaire suivant et ainsi de suite.

Jaguar XJ40

Toutefois avec un budget d’achat de 7000€, parfois moins, il est possible de trouver des exemplaires viables. Le modèle n’est pas rare avec plus de 200 000 unités produites; il est donc possible et préférable d’attendre la bonne, voire de passer par un professionnel de confiance pour quelques euros de plus.

Un exemple parmis tant d’autres, ma sélection du jour offre toutefois une configuration attractive. Tout d’abord elle dispose du six en ligne (AJ6) bien plus à l’aise sous le capot que le V12, lorsqu’il s’agit d’évacuer ses calories. Dans ce cas il s’agit de la version 4 litres, mais les déclinaisons 3,2 litres et 3,6 litres sont également des choix. Seule la déclinaison 2,9 litres, un peu trop sollicité pour mouvoir le poids important de la XJ semble à éviter parmis les six cylindres. Par ailleurs, celle-ci est munie d’une boite automatique, qui semble tout de même mieux approprié à l’usage de l’auto qu’une manuelle.

Les pneus et suspensions neufs ne sont pas non plus anecdotiques : les premiers, selons la monte d’origine, peuvent s’avérer rares et coûteux tandis que les secondes ne sont pas réputées pour leur longévité. Dans les deux cas, ce sont des frais qui ne seront pas à votre charge dans un avenir immédiat. Les 83000 km annoncés, comme la qualité des photos, me laissent un peu dubitatifs mais cette XJ mérite peut-être le coup d’oeil.

Enfin pour ceux qui seraient lassés de l’eternelle combinaison vert anglais et cuir crème, ou encore des phares carrés, il suffira au pire de vous armer d’un peu de patience. Avec de la chance, celle que vous convoitez pourrait même faire son apparition à temps pour rallier la côté d’azur à son volant cet été, avec passagers, bagages et une touche de classe.