Alors qu’en avril le marché français est encore à la hausse, les marché des autres pays où les diverses primes sont terminées accusent le coup et marquent vraiment le pas en terme de chiffres de ventes. C’est le cas de l’Allemagne où il ne s’est vendu en avril dernier que 259.414 autos alors qu’en avril 2009, l’Allemagne avait mis en circulation 379.624 voitures soit une chute de près de 32% ( -31.7% exactement ).

Et si le phénomène est remarquable, cela fait tout de même 5 mois que le marché d’outre Rhin est à la baisse et ce, de manière continue. L’ampleur devrait être du même ordre sur notre marché en fin d’année mais il ne toucheras pas les catégories de voitures. En Allemagne, ce sont surtout les constructeurs dits généralistes qui sont touchés et les marchés des citadines et des compactes alors qu’à la lecture des chiffres , on constate que les marques dites HDG ou premium semblent bien moins pénalisées par cet effondrement du marché. On note + 32.7% chez Land Rover, + 16.1% chez Porsche, +21.0% pour Volvo, +7.1% pour BMW/Mini et + 4.3% pour Mercedes. Seul Audi est touché par la baisse mais de manière bien moins sensible que pour les généralistes ( -24% pour VW ). Le carton vient de Nissan/Inifiniti qui a explosé le marché avec un exceptionnel + 63.2% du en grande parti au Qashqaï, à la Micra et à la Note.

On notera les fortes chutes des marques françaises, les plongeons d’Opel, Toyota, Mitsubishi, Ford, Seat, Skoda et le terrible trou d’air pour le groupe Fiat et toutes ses marques  ( de -67.6% à -24.2% avec un peu avenant -66.5% pour Fiat ). Au final, on constate que la crise touches les voitures courantes et donc les classes ouvrières et moyennes qui représente la majorité des acheteurs de voitures neuves. En France, pas sur que l’on assiste à un plongeon des segments des citadines et des compactes et à une forte hausse du HDG mais il se pourrait bien que la crise touche tous les segments du marché automobile de manière plus étale pour finalement parvenir à des chiffres comparables d’ici à la fin d’année.

Pour complèter l’information, sachez que le marché italien a reculé de 15.6% durant la même période, seul le marché espagnol ( seulement 93.700 autos/mois  ) a augmenté de manière sensible ( +39.6% ) mais il faut savoir que le marché espagnol profite pour quelques temps encore d’une prime à la casse qui hélas, pourrait s’interrompre plus tôt que prévue pour des raisons budgétaires. Un beau coup de blues se prépare pour Q4 et début 2011 sur l’ensemble du marché européen surtout si la conjoncture n’évolue pas. Et ce phénomène pourrait aussi prendre un grand coup d’accélérateur avec la crise du secteur industriel automobile européen et français pour cause de délocalisation massive de la production. Ne perdons pas de vue que si la production de nos constructeurs part à l’étranger, il y a dans un premier temps, les salariés des marques qui sont touchés mais il ne faut pas oublier les soustraitants qui souffrent encore plus et qui devraient voir disparaitre dans les 18 mois à venir environ 40 – 50.000 emplois rien qu’en France, soit autant de consommateurs potentiels en moins pour le marché automobile ! Sale temps sur l’automobile en prévision et il pourrait s’installer durablement malgré les promesses faites par les constructeurs et nos hommes politiques.

Via LesEchos, Autosblog, CCFA, AutoActu.