Hyundai, au Scrabble©, bien placé, sur un mot compte triple, ça ferait 60 points ! Pas mal… Dans la vraie vie, en France, Hyundai, c’est près de 30 000 ventes en 2016. En 2017, Hyundai souhaite augmenter ce nombre. La marque compte beaucoup sur la nouvelle i30 pour diversifier ses ventes, encore trop dépendantes du Tucson. Ça tombe bien, l’i30 est à l’essai, en version essence et boite auto. Alors, ça dit quoi ?

Ah Hyundai… Je crois que je n’aie jamais réellement su comment on devait le prononcer ! Hyundai (aille) / Hyundai (è). C’est finalement en allant chercher la i30 que j’ai eu la réponse. La première génération de i30, sortie en 2007, n’était pas ce qu’on peut appeler une voiture very sexy… La seconde mouture, arrivée en 2012, était déjà plus sympa en termes de look mais se traînait encore l’image low-cost qui collait à Hyundai comme un chewing-gum sous une chaise. 5 ans plus tard, la troisième version arrive avec une certaine ambition : doper les ventes du constructeur Sud-Coréen. Cousine de la Kia Cee’d (Faut le dire ou pas ?… Je voudrais pas vexer), cette nouvelle i30 affiche clairement ses prétentions : niveau look, elle présente bien ! Ce rouge est superbe, sa ligne s’inscrit parfaitement dans les codes actuels. Certains lui trouvent d’ailleurs une face avant inspirée de la Focus, un profil de 308 ou encore de Tipo, un arrière de Golf 6, bref, des ressemblances qui prouvent que les designers ont voulu jouer la carte européenne.

Et c’est finalement assez intelligent de la part du constructeur, pour ne pas choquer l’œil averti du client potentiel. En tout cas, l’image du constructeur « bas prix / bad quality » est bien loin. La nouvelle i30 soigne son style mais aussi son équipement. Une calandre imposante, des leds en dents de requin, un toit ouvrant intégral en verre fumé noir, des superbes jantes alu, des feux xénon, une aide parking avant et une caméra arrière, des poignées de portes chromées : avant même de se mettre au volant, ça rassure.

On se dit que si l’intérieur est aussi soigné, la copie frôlera la perfection. Cette version d’essai est dotée du tout nouveau quatre-cylindres essence 1.4 T-GDi de 140 ch, associé à une boite automatique DCT-7 rapports dont on reparlera plus tard, en finition Creative le niveau « haut de gamme ». Au menu des équipements, on retrouve de série l’accès mains-libres et le démarrage sans clé, comme déjà cité, l’aide au stationnement avant/arrière avec caméra de recul, l’assistance active au maintien de voie, un grand écran couleur tactile 8’’ compatible CarPlay / Android Auto, des feux avant bi-LED, le freinage d’urgence autonome, la navigation Europe, les rétroviseurs rabattables électriquement, la climatisation automatique bi-zone avec ioniseur et désembuage automatique, une sellerie tissu-cuir et un siège conducteur réglable électriquement.

Si on ajoute le toit ouvrant avec volant occultant électrique, la peinture métallisée, le safety pack (avec alerte de circulation transversale à l’arrière, assistance au changement de voie, lecture des panneaux de limitation de vitesse, surveillance des angles morts) uniquement disponible sur la finition Creative, on arrive à un tarif de 31 590 €. Et oui, je vous l’ai dit, Hyundai n’est plus low-cost ! D’ailleurs, si on jette un œil sur la concurrence, on s’aperçoit qu’on peut trouver à équipement égal moins cher… Tiens, au hasard, prenez la Mégane, en finition Intens, 1.2 TCE 130 EDC, elle affiche, hors options, 2000 € de moins ! What ??Alors ? Qu’est-ce qui va vous emmener chez Hyundai ? L’intérieur ? C’est bien fini, sans plus. Les plastiques sur le dessus de la planche de bord sont bien rembourrés, mais on peut reprocher un peu de « légèreté » dans ceux du dessous. Idem pour ceux qui protègent l’arrière des sièges avant, qui vont se rayer à une vitesse grand V si vous laissez vos bambins traîner les pieds comme des sauvages lorsqu’ils vont grimper à bord ! Mais cette i30 reste accueillante. On n’y est pas à l’étroit, on se sent bien assis, même si on peut lui « reprocher » de n’avoir du cuir que sur les flancs des sièges, il y a de la place et des rangements un peu partout, de ce côté, c’est mission accomplie. Côté coffre, avec 395 litres, elle se situe dans la bonne moyenne. Comme vous l’avez sans doute constaté, pour les équipements, on retrouve tout ce qui se fait de mieux chez les autres. En tout cas, tout ce qu’on peut attendre d’une voiture à 30 mille balles.

En plus, on ne cherche pas les commandes pendant trois plombes, tout se fait assez naturellement. J’ai particulièrement apprécié le réglage électrique du siège, les diverses infos lisibles  sur l’écran de l’odb entre les compteurs ainsi que le volant qu’on tient très bien en main. Et ça tombe bien ! Car, avec la i30, il vaut mieux bien le tenir le volant ! Pourquoi me direz-vous ? Ben parce que ça tient le pavé ! Et là, c’est une sacrée surprise ! La faute à qui ? Sans doute au train arrière multibras qui se révèle diablement efficace, sur tous types de routes, notamment celles qui sont les plus abîmées. On ne perd ainsi pas le confort, qui est de manière générale plutôt très bon malgré une certaine fermeté qui n’est pas sans rappeler certaines germaniques. Le comportement de l’i30 sait rester neutre, le train avant étant incisif quand on le sollicite. On frôle l’irréprochable. Mais on le frôle seulement. Car il y a un « mais ». Comme déjà dit au début de l’article, le moteur est le tout nouveau bloc 1.4 turbo de 140ch. 

Ce bloc se montre extrêmement silencieux, surtout au ralenti tant est si bien qu’on se met à douter par moment du fonctionnement du système Start&Stop, au demeurant très efficace. Sur la route, il se révèle plutôt agréable, avec de bonnes reprises et une grande souplesse d’utilisation. Mais l’association avec la boite auto à 7 rapports ne m’a pas pleinement convaincu. D’abord à cause d’une consommation approchant les 8 l/100, ce qui de nos jours, me parait quand même élevée, sauf à rouler à l’E85 (ce qui permet d’amortir la sur-consommation). Ensuite, c’est surtout à cause d’un soucis rencontré sur les deux premiers rapports à faible allure. Où la voiture semblait ne pas avancer, avec un creux de quelques secondes, comme si la vitesse n’arrivait pas à s’enclencher. Sensation particulièrement désagréable aux abords d’un croisement, lorsque la voiture peine à démarrer alors qu’il faut faire vite… Je ne saurais dire si cela n’est dû qu’à ce modèle d’essai ou pas. En tout cas, ces deux points viennent clairement noircir un tableau plutôt positif jusque là. Hyundai est capable de se hisser au niveau des meilleurs constructeurs européens, peut même les dépasser sur certains points (la garantie 5 ans kilométrage illimité est là pour nous le démontrer), cependant, il est clair que lorsque l’on passe la barre des 30m€ dans le segment C, on est en droit d’exiger un véhicule irréprochable sur tous les points. Hyundai est sur la bonne voie, il lui reste à peaufiner quelques détails pour prétendre batailler sans arrière pensée avec les meilleurs de notre continent. Car à l’heure de ramener cette i30 chez Hyundai, je peux dire que je l’ai bien appréciée cette auto. Sans ce fichu souci de rapports assez déroutant, j’aurais même pu oublier sa gourmandise pour le sans-plomb ou ses quelques plastiques décevants. Allez Hyundai, encore un petit effort !

Je remercie Victor et Hyundai pour cet essai.

Crédits photos : Hyundai – S.Lecomte