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Prenez toutes les déclinaisons possibles et imaginables d’une citadine, passez-les au shaker, ajoutez 3 glaçons et vous obtenez l’Adam Rocks S, une mini découvrable-baroudeuse-sportive. Fourre-tout bancal ou vraie réussite ?

Au commencement, Opel créa l’Adam. Il dit : «  que ma petite citadine branchée soit ! » Et la petite citadine branchée fut. Opel vit que cela était bon…et moi aussi, quand je l’ai essayée. Mais la sauce n’a pas pris, les gens préférant les païennes Mini et Fiat 500. Et Opel vit que cela n’était pas bon. Alors, le deuxième jour, il s’arma de suspensions rehaussées, de renforts de carrosserie, de nouveaux blocs 3 cylindres et créa l’Adam Rocks. Il vit que cela était bon…et Gabriel aussi. Mais les ventes n’ont toujours pas décollé, les gens préférant toujours se complaire dans le pêché de la concurrence. Opel sentit ses oreilles chauffer un peu ; ainsi, le troisième jour, il envoya bazarder les petits moteurs, alla taper à la porte des anges du département OPC et créa l’Adam S. Il vit que cela était très bon…et Gabriel partageait encore son avis. Moins les clients, qui se continuaient de se bâfrer dans la luxure des petites Abarth. Alors Opel en a eu marre. Il prit tout ce qu’il avait créé, les mis dans son grand chaudron magique et *pouf* se retrouva, le quatrième jour, avec un nom à rallonge : l’Adam Rocks S. Opel, qui est décidément du genre à être content de lui-même, vit que cela était bon. Mais qu’en pense BlogAutomobile, qui juge les vivants et les morts (ou du moins les autos) ?

Tout d’abord, qu’elle claque pas mal. J’ai toujours aimé le style de l’Adam, à la fois frais, pétillant et bien dans l’air du temps. Dans cette configuration rouge/toit noir et protections en plastique, elle envoie carrément ! Comme le disait si justement Jeremy Clarkson, les petites hot hatches sont les seules voitures avec lesquelles on puisse se lâcher niveau look. Une petite phrase qui a manifestement été retenue du côté de Rüsselsheim, n’en déplaise aux rageux. Un constat pas arrangé par les jantes absolument gigantesques de 18’’, qui achèvent de donner à cette mignonne Opel un look de Hot Wheels tout droit sortie d’un Joué Club. Personnellement, c’est ma came. Et si jamais ces couleurs ne vous plaisent pas, vous pourrez toujours piocher dans le teintier aussi fourni que le catalogue d’options Porsche.

L’intérieur puise un peu plus dans le sérieux. Alors, ce qui frappe en premier, c’est bien évidemment les superbes baquets Recaro (à…2 000 €) qui semblent crier « assieds-toi sur moiiiiiii ». Et puis on découvre le Pack Color Rouge dont est affublé notre modèle d’essai et qui rend le volant, le levier de vitesses et le frein à main écarlates. La planche de bord est -assez logiquement- reprise de l’Adam « normale », avec une qualité et un sérieux de finition toujours aussi impressionnants au vu de la taille de la voiture : plastiques qualis, assemblages au poil, style agréable et même un crantage sans reproche, je ne connais pas mieux dans la catégorie. L’habitabilité reste inchangée, avec des places avant accueillantes…à l’inverse de la banquette et du coffre, franchement pingres.

Un truc en revanche beaucoup moins élogieux : l’écran central. J’ai essayé l’Adam « classique » il y a déjà plus de deux ans (aaah le temps passe vite blablabla je suis vieux) et, à l’époque, j’avais été étonné de ce grand écran central qui ne servait pas à grand-chose : pour avoir la navigation affichée dessus, il fallait télécharger une application (payante, cela va de soi) sur son téléphone, puis ensuite le brancher à la voiture. Bon. J’osais espérer qu’avec le progrès technologique global, et surtout l’arrivée des systèmes Android Auto et Apple CarPlay, Opel ait revu sa copie et propose enfin quelque chose de pratique. Que nenni ! Rien de nouveau. Toujours ce système un peu nul et pas franchement utile. C’est dommage, à l’heure où toutes les concurrentes se démarquent par des possibilités de connectivité toujours plus poussées.

Allez ! Il est temps de démarrer le moteur. Sous le capot de l’Adam Rocks S se cache un « gros » 4 cylindres 1.4 turbo développant 150 ch et 220 Nm de couple, de quoi propulser la bête de 0 à 100 km/h en 8,5s. Solide. Reste que l’Opel est une citadine, et qu’elle devra par définition passer une bonne partie de sa vie dans les centre-villes. Côté bons points, la visibilité est excellente et le moteur tout doux dans les bas régimes. Et puis, un toit en toile, c’est cool. Ce qui pêche un peu plus, c’est le rayon de braquage, franchement pas excellent. Les jantes ne doivent pas être étrangères à ce constat…comme l’est celui d’un confort plutôt limité. Là, les Recaro doivent aussi avoir une part de responsabilité. Sur autoroute, le toit en toile se paye par une ambiance sonore finalement assez élevée (surtout dans les tunnels), tandis que les bruits de roulements sont quand même audibles. Il faudra donc hausser de quelques dB le volume de la sono (qui a le bon goût d’être de qualité décente). Et puis, avec un réservoir de seulement 35 litres, on se rend bien compte que les voies rapides ne sont pas l’apanage de la petite teigne. Oh non, elle préfère bien plus les petits chemins de traverse.

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Et ça tombe bien puisque j’ai passé le week-end dans la région de Soissons, où les routes ont tendance à virevolter joyeusement -en plus d’être complètement désertes. Et c’est là où on tombe amoureux de l’Adam Rocks S ! La petite Opel fait partie de cette adorable race d’autos à la fois rigoureuses et amusantes. Vous savez, ce genre de voiture qui réussissent à mettre un joli sourire sur notre visage sans devoir rouler à 168 548 km/h sur une départementale… Tout concourt à passer un bon moment : l’étagement de la boîte, couplé à la nervosité du moteur, permet de rester en troisième pendant la plupart de vos runs de dégénérés et de profiter d’une allonge et d’une puissance tout à fait suffisante. Inutile cependant de titiller la zone rouge : le moteur n’aura plus grand chose à donner au-delà des 5 500 tr/min. Non, non, autant rester dans le milieu du compteur, où la réserve de couple et de puissance permettra de se faire plaisir. En plus, vous profiterez d’un joli timbre d’échappement, qui m’a un peu rappelé celui de la MX-5 : présent mais pas agressif ou too much. Un bon point !

Les liaisons au sol sont aussi réussies. Malgré un volant à la position toujours aussi déconcertante (trop haut, trop incliné, jante pas agréable à prendre en main…? Je ne saurais pas précisément vous expliquer pourquoi, mais il me gêne) et une direction qui manque à mon goût d’un peu de feeling, je ne me suis fait absolument aucune sueur froide. Je peux dire merci à un châssis sain, équilibré et pas piégeur pour un sou. La voiture réagit sainement aux injonctions, sans râler, sans partir dans tous les sens. Si on exagère vraiment, l’arrière pourra devenir joueur, mais de façon progressive et se remettra dans le bon chemin sans qu’on ait à batailler. Que c’est cool ! Les ingénieurs ont réussi à faire une synthèse tout à fait enthousiasmante, un juste mélange d’accessibilité et de fun, et c’est pile poil ce que j’attends d’une hot hatch. J’adore 🙂

Reste un truc que j’adore moins : le prix. Mon exemplaire s’affichait à…23 820 €, pour un prix d’appel de 21 300 € (auquel il faut ajouter un malus de 250 €). Pour une voiture qui, je le répète, propose un coffre pour le moins exiguë, des places arrières franchement inconfortables et une polyvalence assez limitée. N’empêche qu’en écrivant ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser qu’une auto reprend pas mal de ces points, voir pire : il s’agit de la petite MX-5, qui est plus chère (elle commence à 25 300 €), squeeze carrément les sièges arrière et propose un coffre encore moins accueillant. Du coup, c’est quoi ma préférée ? Je reste quand même avec la Mazda, qui pousse l’engagement du conducteur encore un cran plus loin.

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Mais j’ai passé un super bon moment avec ma petite Adam Rocks S ! Amen, mes frères, en vérité je vous le dis : si vous voulez une petite bombinette avec un super look et qui vous fera bien rire, détournez-vous des pêcheresses italiennes et remettez-vous dans le droit chemin en allant dire bonjour à votre commercial Opel préféré, ça lui fera très plaisir. Et vous ne le regretterez pas !

Merci à Opel pour l’aimable prêt !

Crédits photos : Ugo Missana.

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