Pardonnez mon daltonisme : mais quand les démagogues nous pondent de jolis discours verts mâtinés de BS pseudo écolo, je vois rouge. L’édition 2010 du Mondial de Paris ne déroge pas à la pensée unique ambiante.

Soyons francs, je me faisais une joie d’aller admirer un Hilux faire un croisement de ponts tandis qu’un Discovery se jouerait du parcours prévu à cet effet à l’aide de son Terrain Response. Las, ce Mondial réservait une malheureuse surprise : la piste 4×4 disparaissait. Raisons budgétaires, un peu, raisons d’images, beaucoup, ce parcours ayant probablement fait les frais du politiquement correct prôné par une bande d’ayatollahs « verts » considérant que la France se résume au IVème arrondissement de Paris (ou presque)…

Mais ce n’est pas tout : les médias annoncent crânement un salon plus propre que jamais (en même temps, la logique réglementaire peut difficilement leur donner tort, les voitures devenant –et c’est heureux- de plus en plus propres). Le salon du véhicule électrique ? Objectivement, en dehors de Renault présentant deux véhicules de série (proposés dans un premier temps sur deux marchés à faible volumétrie), difficile de parler de révolution verte. On a déjà débattu de la triplette iMiEV/iOn/C-Zéro ici même, au tarif déraisonnable et au bilan carbone peu flatteur, le fait est que le véhicule électrique va se heurter à un problème d’égo entre les différents constructeurs : la standardisation des prises et des solutions de recharge… De ce côté, on ne peut pas dire que le problème se soit résolu à cette grand messe parisienne. Bref, quelques annonces, quelques stopgaps mais peu d’avancées concrètes pour le moment.

Côté véhicules de série, là encore, l’hybridation est encore limitée, les stop&start sont encore minoritaires… A qui la faute : aux constructeurs évoluant timidement de ce côté ou au client aisément râleur mais peu enclin à payer un peu plus pour un meilleur contenu technologique ? Avouez qu’entre un stop&start et de belles jantes en alu ou un châssis sport, les gens font vite leur choix. J’ai souvent tendance à penser que l’on a le marché qu’on mérite : les autocollants « verts » et autres écolabels autoproclamés finiront-ils par lasser la clientèle ?

L’édition 2010 du Mondial de Paris est finalement assez terne, plus portée sur les effets d’annonce et quelques communiqués de presse auto satisfaits que sur une vraie substance. On a le marché qu’on mérite ? On a le salon qu’on mérite. Et dire que j’ai été privé de tour en 4×4 cette année…