Le concept de Shanghaï

Après la fausse photo espion postée sur Twitter par Maxime Picat, directeur de Peugeot, montrant Carlos Tavares, PDG du groupe PSA essayant un prototype à Mortefontaine… Après la communication resserrée au salon de Francfort, où Peugeot parle d’un concept dont tous les éléments peuvent être industrialisables à relativement court terme en petite série… Après la présentation dynamique au circuit du Castellet dans le cadre du GT Tour, à la fois du concept et d’un prototype, et l’essai par nos confrères d’Auto Moto sur TF1 du prototype.

Revoici un communiqué de presse, dans lequel Peugeot détaille partiellement les caractéristiques techniques et fournit des données de performances.

Décidément, pour ce qui ne reste à l’état actuel qu’un concept, cette 308 R Hybrid fait beaucoup parler d’elle. Surtout d’ailleurs au travers de la communication officielle Peugeot. Chaque communiqué semble nous rapprocher d’une production en série.

Pour rappel, la 308 R Hybrid combine un moteur thermique, le 1.6 THP 270 ch de la 308 GTI, combiné à deux moteurs électriques de 115 ch et 230 nm chacun, logés respectivement en sortie de la boîte automatique à 6 rapports et sur le train arrière. La batterie pour les alimenter est quant à elle logée à la place du réservoir qui migre dans le coffre.

Dans ce communiqué, on n’apprend pas grand chose, le 0 à 100 est confirmé en 4 secondes tout rond. La Mercedes A45 AMG, dans sa dernière évolution de 381 ch est donnée officiellement pour 4,2 secondes, l’Audi RS3, quant à elle, abat la même mesure en 4,3 secondes. On ne parlera même pas du cas de la Focus RS, pénalisée par sa boîte manuelle, qui doit se contenter de 4,7 secondes.

Bref, c’est un avion. Mais ça, on le savait déjà.

Ce que l’on apprend en revanche, c’est que les 5 modes de conduite du prototype ont été ramenés  à ce qui apparaît être 3, avec un launch control.

Avec tout d’abord un mode tout électrique au démarrage, le bien nommé ZEV. Il fonctionne jusqu’à 100 km/h, vitesse à laquelle la voiture bascule automatiquement dans le second mode, baptisé HYbrid.

Dans ce mode HYbrid, seul le moteur thermique fonctionne. Il est simplement aidé ponctuellement par la machine électrique avant lors des accélérations pour compenser le temps de réponse du turbo et au changement de vitesse de la boîte automatique à 6 rapports, pour assurer un couple constant à la roue. Dans ce mode, le système de régénération permet à la batterie vide d’être complètement rechargée en 15 kilomètres seulement.

Ensuite il y a le mode HYbrid Sport (accessible à partir d’un bouton sur la branche droite du volant), dont la puissance s’élève toujours à 400 ch et 530 nm, grâce aux 270 ch du moteur thermique, 15 ch du moteur électrique avant et 115 ch du moteur électrique arrière.

Enfin, il y la fonction Launch Control, pour lequel il faut pêle-mêle être en HYbrid Sport, désactiver l’ESP et appuyer conjointement sur le frein et l’accélérateur. La gestion électronique maintient alors le régime à 4 000 tr/min et permet le départ arrêté le plus rapide de l’histoire pour une voiture française. Dans le détail, la machine électrique avant joue dans cette situation un rôle d’antipatinage en captant le « couple thermique surabondant » pour maintenir les roues avant à leur maximum de motricité.

Il n’y a donc que dans cette fonction launch control que l’on disposerait des 500 ch. Le mode Hot Lap du concept présenté à Shanghai a disparu. Peugeot précise dans son communiqué qu’à la fin de la procédure de Launch Control, le système rebascule automatiquement en mode HYbrid Sport et l’on ne dispose plus que des 400 ch.

Sinon, Peugeot annonce que  les freins seraient repris de la 308 GTI. On aurait aimé quelques indications complémentaires, notamment sur la suspension arrière (un multibras comme sur les HYbrid 4 ?).

On ne peut s’empêcher de saliver, car il ne faut pas oublier que la 308 R Hybrid, toute hybride et lestée d’une lourde batterie qu’elle est, est basée sur la très légère 308 GTI (1 205 kgs), le communiqué de presse du concept présenté à Shanghaï, par un subtil jeu mathématique, indiquait un rapport poids puissance à 3,1 kg/ch, soit 1 550 kgs pour 500 ch, autrement dit carrément dans le coup quand on sait qu’une Focus RS va tutoyer les 1 600 kgs.

Reste la question soulevée par tous les responsables de Peugeot au moment d’évoquer cette belle récréation : la rentabilité globale du projet. Deux freins indéniables : la propension des clients à acheter une 308 à un prix voisin de celui d’une RS3 ou d’une A45 AMG et surtout la santé du groupe PSA n’aide certainement pas à faire pencher la balance vers une commercialisation, même en petite série. Reste les impacts, certainement massifs, en terme d’image d’une telle fantaisie, et ils sont loin d’être négligeables.

Bon Peugeot, à quand les essais des prototypes ?! Si vous cherchez des volontaires, on doit être quelques-uns.