Eh oui, c’est bien la fameuse 404 noire de Fernand Naudin, négociant en matériel agricole à Montauban et rangé des voitures…..

Elle arrive en mai 1960 sur le marché pour succéder à la 403 vieillissante qui a fait le bonheur des notaires, des médecins ou des sous préfets. Voici donc  à la fin du printemps 1960, la nouvelle familiale de Peugeot, la 404 qui délaisse les rondeurs de sa prédécesseure pour des lignes tendues, dynamiques et un dessin bien dans l’air du temps au début des années soixante tout en étant très élégant pour une familiale bourgeoise. Le dessin de cette berline n’est pas le fait de Peugeot mais c’est une réalisation que l’on doit à la Carrozzeria Pininfarina qui s’est inspirée d’autres de ses réalisations telle la Morris Oxford qui a vraiment inspiré les designers italiens pour cette Peugeot. Ainsi cette 404 intègre avec discrétion dans son style, des éléments en vogue à l’époque tels le pare brise panoramique et les ailerons d’ailes arrières tout juste marqués par le dessin italien.

Comme l’était la 403, 404 conserve la même architecture avec moteur avant longitudinal incliné à 45° pour abaisser le capot moteur, roues Av indépendantes ( mais avec ressorts hélicoïdaux ) et pont arrière rigide associé à des barres Panhard pour assurer le guidage.

La 404 nait avec un moteur L4 de 1.6 L et 72 chevaux SAE qui existera plus tard en version 85 chevaux lorsque Peugeot remplace le carburateur par l’injection ( une première en France ). Dans les années 68-69, apparait un 1500 de seulement 66 chevaux pour celle que l’on appelle la 404-8 et qui est un modèle basique destiné à « ratisser » plus large parmi les clients. La 404 est disponible aussi en diesel avec le L4  Indenor 1.8 L ( XD85 ) fort de 55 ch qui sera vite remplacé par le 1.9 L Indenor XD88 fort de 68 ch et qui ne consomme plus que 8.0 L/100 km au lieu des 10.0 L du 1.8 L. La Peugeot 404 est équipée d’une BVM4 avec levier au volant mais sera, selon les années, disponible avec une boite semi automatique Jaeger à coupleur électromagnétique puis avec une BVA ZF de bien meilleure qualité et avec plus d’agrément. Le freinage de la berline est assuré par des tambours thermostables puis des disques à l’avant ( à partir de 68 ) et des tambours arrières mais durant toute sa carrière le système de freins sera le point faible de la 404.

La 404 est une auto longue de 4.45 m, large de 1.62 m et haute d’1.45 m qui ne pèse que 1080 à 1100 kg ( 1530 kg pour une 407 ). Elle annonce une consommation moyenne de gamme de 10.0 L/100 km et des performances comprises entre 125 et 160 km/h ( Injection 85 ch ) pour les berlines ainsi qu’un 1000 m DA plié en 35.3 secondes.

En 1961, la gamme se développe, et on voit apparaitre une version Super Luxe en plus de Grand Luxe, puis la version coupé, cabriolet mais aussi break et familial ( 6 ou 8 places ). Viendra vite s’ajouter une version camionnette ( en fait un pick up baché ) que nous connaissons tous.

Ci dessous quelques extraits de catalogues des années 60.

La 404 commence à décliner sur le marché dès la fin 1969 car Peugeot vient de présenter la moderne 504 et les années passant, la gamme va se simplifier, les finitions et les modèles disparaitre jusqu’en mai 1975 date de production de la dernière 404 Berline. Seule la version camionnette restera au catalogue français jusqu’en 1979 année où la 504 pick up prend le pouvoir.

Mais la « Lionne de Sochaux » pense aussi à s’exporter et même à se construire à l’étranger puisqu’on la retrouve en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud où elle sera produite jusqu’à fin 1988 dans les usines Peugeot d’Argentine, elles aussi sorties de terre en même temps que la 404 en 1960. Au total ce sont 2.885.377 exemplaires ( toutes versions confondues ) qui ont été produits auxquels il faut ajouter quelques dizaines de milliers d’exemplaires produits dans le monde sous licence.

L’histoire de la 404, c’est aussi celle de la compétition et des records notamment en 1963, année où Peugeot développe sur la base du cabriolet une auto destinée à battre des records avec un moteur diesel dans une compétition engagée avec Mercedes. Ainsi à Linas Montlhery, la 404 va enchainer une quarantaine de records dont celui des 11.000 km parcourus en 72 heures à la vitesse moyenne de 161 km/h ( avec le moteur L4 1.948 cm3 ).

Mais la 404, c’est aussi le rallye en Europe et en Afrique avec 8 victoires en 1963 et 1967 dans les grands rallyes africains de l’époque ( East African Safari, 1000 Mille du Tanganyka ) et deux victoires au Tour d’Argentine en 1963 et 1965.

Ci dessous quelques images de 404 Coupé, Cabriolet et quelques modèles en fin de vie…

Et à presque 50 ans, certaines arrivent en fin de vie malgré la fiabilité Peugeot reconnue et recommandée par les garagistes qui représentaient la marque, vendaient de l’essence Esso, réparaient les autos ( sans la fameuse valise ! ) et venaient vous dépanner avec une 403 ou une 404 camionnette transformée en dépanneuse !

Et la 404, c’est aussi cela. Un morceau d’anthologie dans ce « bout de film » de Lelouche que l’on pourrait appeler « 404 vs DS » mais pas que…

En Argentine ( fin des années 70 )

Voilà une belle cinquantenaire qui mérite aujourd’hui attention surtout si l’on est collectionneur, peugeotiste et qu’on habite dans une sous prefecture ! Reste une auto importante dans l’histoire automobile française au même titre que la DS ou la R16 qui officiaient elles aussi sur le même segment. Ayant une petit faible pour la R16 TX, nous en reparlerons peut être après la R18 Turbo et je laisse le soin à Eric, disciple passionné de l’hydraulique, du LHM vert et des Citroën, de vous parler de la DS… Bon anniversaire à la Lionne de Sochaux.

Et une petite dédicace pour l’ami Franckreich ! 😉

Merci pour leurs documents et leurs photos à : Ugo Missana, F.A Topic officiel 404, 404peugeot.free, mg4sale, aussifrogies, leclub404, Classiccarsireland, Clubpeugeot.