essai-nissan-np300-navara-photo-majorque-2015-2016

Le fraichement élu « Pick-up International de l’année 2016 » était disponible à l’essai il y a quelques jours sur la magnifique île de Majorque. Cela fait maintenant 80 ans que Nissan s’est lancé sur ce segment avec le Datsun 14 de 1935, depuis, plus d’une dizaine de générations se sont succédées.
Le constructeur peut alors s’appuyer sur les 14 millions d’exemplaires vendus à travers le monde pour proposer un modèle tout nouveau et encore plus performant. Dix ans après le lancement de son prédécesseur, ce NP300 Navara se veut plus séduisant mais toujours plus robuste et baroudeur.

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Une nouvelle motorisation

Le pick-up est disponible en trois versions toutes équipées du moteur 2.3 DCI de 160 ou 190ch : King-Cab, Double-Cab et King-Cab Châssis Cab (châssis + cabine uniquement). Ces nouvelles architectures moteurs permettraient aux utilisateurs, selon Nissan, d’économiser 1500€ sur 3 ans (ou 160 000 km). En fonction du modèle ou de la finition (5 disponibles), elles peuvent être couplées à une boite manuelle 6 rapports ou une boite automatique 7 rapports. La BVA7 n’est pas fortement recommandée, celle-ci n’est pas très linéaire et pousse légèrement trop les rapports. Personnellement je n’ai accroché avec aucune des deux, la boite manuelle manque de finesse, la sensation de conduire un camion est très présente.

Un style assumé

Le point fort de ce nouveau Navara est son design très agréable, faisant appel à de nombreuses courbes et arrêtes pour dynamiser l’ensemble. Fini donc le cube et sa benne, place à des formes proche des crossover de la marque, avec la présence de l’habituelle calandre en V et les feux de jours en forme de boomerang.

À l’image des nouvelles C1/107, le nouvel Espace ou mêmes les véhicules utilitaires, les constructeurs font maintenant un véritable effort en terme d’esthétique pour des véhicules qui n’avaient pas véritable vocation à plaire. La présence de pièces chromées ou en alu, les phares à LED et les peintures soignées renforcent son côté plus luxueux.

Un baroudeur pour les pros et les loisirs

Malgré son design soigné, ce pick-up n’oublie pas sa vocation première de tout-terrain utilitaire. La marque a pris la décision de laisser à l’utilisateur le choix de son mode de transmission, considérant que le mode 4 roues motrices n’était pas nécessaire à tout moment et dégradait la consommation. Grâce à une simple molette sur le tableau de bord, 3 modes de transmission sont disponibles : 2WD et 4H à sélectionner en fonction des conditions, qui peuvent être changés à tout moment même en roulant, et 4LO pour des conditions tout-terrain plus rudes. Ce dernier s’active lui à l’arrêt et roues droites. Grâce à ces deux modes de 4 roues motrices, ce NP300 passe vraiment partout sans trop forcer.

Quelques technologies embarquées aident aussi grandement à sa maniabilité comme l’aide au démarrage en côte ou le contrôle de vitesse en descente. Son empattement réduit de 50mm, à 3150mm, permet également un meilleur diamètre de braquage à 12,4m (soit 1m de gagné face à l’ancienne génération), quand les concurrents sont plutôt aux alentours de 13m.

Pour la version double cabine, Nissan inaugure une suspension arrière à cinq bras pour améliorer la maniabilité et gagner du poids (20 kg). La benne est allongée de 67 mm (1578 mm, la meilleure de la catégorie). Le King-cab conserve quant à lui des ressorts à lame améliorés pour gagner 7 kg et une benne de 1788 mm.

Informations très importantes : les charges supportées par le pick-up. Il vous est possible de charger plus d’une tonne dans la benne et jusqu’à 3,5t en tractage. Avec une charge utile maximum autorisée de 6t les deux ne sont bien sûr pas compatibles. Pour se rendre compte, 1 tonne correspond à 42 sacs de ciment et 3 500 kg de tractage correspond à 3 chevaux et la remorque.

Sur route ouverte, le NP300 reste parfois difficile à dompter. Ayant conduit ici pour la première fois ce type d’engin, j’ai quelques fois été rappelé à l’ordre, il ne faut pas oublier que l’on conduit un monstre de près de 2 tonnes avec une simple benne à l’arrière. Cependant, il peut s’avérer très joueur en désactivant (partiellement) l’ESP et atteint sa vitesse maximale de 180 km/h sans trop d’effort.

Un habitacle en nette amélioration

D’inspiration crossover pour l’intérieur, le NP300 Navara se veut rassurant pour attirer une clientèle plus attachée à l’aspect visuel.

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L’ensemble est simple d’utilisation, agréable à l’œil et au toucher. Les affichages sont intuitifs et très jolis. Le volant est simple et sans fioriture. Tout est homogène et n’apporte pas de grande évolution mais offre une grande facilité d’utilisation.

Je n’ai pas eu à me plaindre du confort lors des 8h passées dans la cabine. Pour cela, Nissan est fier d’avoir installé des sièges conçus grâce à la NASA, qui étudie les points de pression du corps, pour considérablement améliorer l’assise.

Mais malgré ce très bel intérieur il y a tout de même quelques ratés, notamment pour une version TEKNA à plus de 40 000 euros. J’ai noté par exemple des plastiques peu flatteurs face au passager avant ainsi que son bouton d’ouverture de fenêtre, soyons franc, très moche. Son siège est également manuel quand celui du conducteur est électrique. Mais il est vrai qu’il ne faut pas oublier que le Navara est un utilitaire, un intérieur de belle berline ne résisterait pas longtemps à ce que ce pick-up peut être amené à subir.

Petit plus, le GPS est vraiment très agréable : une voix douce qui parle dans un français irréprochable.

Un outil technologique

Pour ce lancement, Nissan a beaucoup misé sur l’intégration de nouvelles technologies avancées pour améliorer confort et sécurité. En cas de détection d’un obstacle sur la route, un premier bip sonore est émis puis si le conducteur ne réagit pas le véhicule freine seul. Le constructeur garantit un arrêt complet avec une vitesse initiale de 30 km/h sans accident.

Le NP300 Navara intègre l’AVM-Vision 360° qui permet de visualiser sa voiture comme vu du ciel afin de faciliter le stationnement ou le franchissement. Il fonctionne grâce à de nombreuses caméras placées un peu partout comme sous les rétroviseurs. Cette vision est disponible jusqu’à 10 km/h. De plus, un léger freinage peut être appliqué si une roue est détectée comme ayant une vitesse trop importante par rapport à l’autre.

Un futur best-seller ?

Nissan ne cache pas son souhait de vouloir imposer son pick-up dans ce segment. Pour considérablement augmenter les ventes (1800 en 2014), la marque va devoir séduire de nouveau clients. Les amoureux de SUV et 4×4 civilisés en sont clairement les cibles. Pour les aider, le pick-up étant considéré actuellement comme un véhicule utilitaire, il échappe au malus écologique. Pour ce type de modèle il pourrait atteindre les 8000 euros. De plus, les professionnels peuvent, s’ils le justifient, bénéficier de l’exonération de TVA et TVS.

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Deuxième argument fort de vente, la garantie. Le constructeur lance une garantie inédite à 5 ans ou 160 000 km pour toute sa gamme utilitaire et ce depuis le 1er septembre 2015. On se méfie toujours de ce qui peut se cacher sous ces garanties. Ici, Nissan assure couvrir de nombreuses pièces et éléments du châssis, ainsi que d’autres éléments tels que la transmission, la batterie et même la peinture. Les accessoires installés lors de la vente sont également intégrés.

Enfin, pour finaliser le choix, le modèle bénéficie d’une large gamme d’accessoires, plus de 125 options pour rendre l’engin encore plus pratique, facile à vivre et à son goût. Les plus intéressantes étant pour moi le tiroir coulissant sur la benne, le marchepied arrière rétractable ou encore de nombreux systèmes de fixations et rangements. Il existe aussi un hard-top adapté, un porte ski/vélo, un attelage, de simples stickers, etc.

La consommation est annoncée à environ 7 L/100 km en usage mixte, en pratique nous étions plutôt aux alentours de 10 L avec une conduite souple et à vide, et jusqu’à plus de 40 L lors de notre ascension jusqu’à la piste d’essai 4×4.

Un bon investissement ?

Ce NP300 Navara a été développé et est produit en Europe. Le modèle est donc totalement adapté au vieux continent. Mais d’autres versions peuvent voir le jour pour le reste du monde, au Mexique par exemple, où il sera disponible sous l’appellation FRONTIERE. Il va également servir de base au futur Alaskan de Renault et au pick-up Mercedes mais le constructeur n’a pas souhaité s’étendre sur le sujet.

Pour les plus pressés, la production ayant débuté à Barcelone, les commandes sont d’ores et déjà ouvertes. Les premières livraisons étant prévues pour janvier 2016. Le tarif hors options débute à un peu plus de 26 000 euros pour les entrées de gamme Châssis-cab et King Cab Visa et monte à plus de 41 000 euros pour le haut de gamme Tekna BVA7.

Quel bilan ?

Le bilan est plutôt bon pour ce nouveau NP300 Navara, pour seulement 500 € HT de plus que l’ancienne génération, vous pourrez bénéficier de toutes les nouvelles technologies de la marque. Son titre de Pick-up de l’année semble pleinement mérité concernant ses capacités de franchissement, ainsi que cette forte touche de modernité apportée au style et au poste de pilotage. Une meilleure tenue de route au quotidien et un habitacle encore plus soigné pour les finitions haut de gamme seraient à revoir pour les prochaines évolutions. Une amélioration de la boite de vitesse automatique est selon moi à prévoir également. À vous de jouer maintenant !

Pour terminer ce tout premier essai, je tiens bien sûr à remercier le constructeur Nissan ainsi que toute l’équipe pour l’invitation et le très bon accueil qui m’a été donné.

Crédit photo : Thomas D. (Fast Auto)

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