L’industrie allemande nous avait habitué à plus de rigueur : dans la famille Porsche, après la 911 vient la GT3, suivie par la GT3 RS qui précède la GT2 avant que la GT2 RS ne vienne signer la fin de vie du modèle. La GT3 est la version hard de la Carrera, la GT2 est la version hard de la Turbo. Les RS sont les versions  vitaminées des versions hard. Vous me suivez? Si oui, vous êtes un vrai porschiste ce que vous me prouverez définitivement en listant la totalité des versions de la 991.

Toute cette belle ordonnance s’effondre en ce mois de juin 2017 : la 991 se passera de GT2 (pas assez puissante mon fils) pour aller directement à la case GT2 RS.

Aperçue dans un salon dédié aux jeux vidéos au début du mois de juin, la voiture fait ses débuts officiels à Goodwood où est actuellement réuni tout ce que l’automobile compte de beau pour le Festival of Speed.

De vitesse, il en sera bien question avec la GT2 RS. Simple propulsion, 700 chevaux, 1470 kg les pleins faits, il va y a voir du sport. Porsche possède une solide expérience pour faire passer la puissance au sol (et un moteur bien situé pour cet exercice) ce qui ne sera pas de trop pour que les futurs acquéreurs puissent utiliser leur joujou sereinement. Ils pourront alors dépasser 340km/h et atteindre les 100 premiers km/h en 2,8 secondes. Pour ce faire, le bloc moteur de la Turbo se voit greffer de nouveaux turbos, un système de refroidissement optimisé et une augmentation du volume d’air accepté dans la chambre de combustion.

A noter que seule la boîte PDK sera disponible. Porsche nous réserverait-il une dernière surprise avec une GT2 présentée à Francfort en boîte manuelle en série ultra-limitée ? Simple hypothèse…

Côté design, la discrétion n’est pas de mise. L’aileron est une version hypertrophiée de celui de la GT3 RS qui pourtant ne semblait pas sous-dimensionné. Les sorties d’échappements vont mériter une fois de plus la classique comparaison avec des canons de 75 mm (ou les 88 allemands, NDLR). Échappements forgés en titane d’ailleurs, pour un gain de 7 kg. Les prises d’air gagnent également en volume et sont soulignées de pièces noires (en carbone) tout comme le capot largement ajouré. Le pare-choc avant disparaît dans les aérations qui prennent une forme carrée typée course. Un pack Weissach optionnel vient en ajouter une couche (de carbone) en réduisant de 30 kg le poids global de l’auto.

C’est d’ailleurs toute la silhouette de la voiture qui semble échappée d’un circuit. On comprend alors pourquoi Porsche a zappé la simple GT2. Cette 911 ressemble nettement plus à une maxi GT3 qu’à une Turbo optimisée. Certains adoreront cette proposition jusqu’au-boutiste. Porsche lorgne clairement vers la clientèle actuelle de la catégorie et il sera compliqué de lui donner tort, le trop se vend très bien. Les puristes de la marque seront peut être un peu déçus par le côté show-off sans élégance de cette version ultime de la 991 et repenseront avec nostalgie à la très réussie 997 GT2.

L’intérieur est quant à lui plus traditionnel, gainé d’alcantara et de cuir. L’ambiance est typé course bien sûr mais l’agressivité extérieure ne se retrouve pas totalement dans l’habitacle. L’arceau cage demeure impressionnant tout de même, il ne faudrait pas se faire voler la vedette par Jaguar qui n’a pas fait dans la demi-mesure avec sa XE Project 8 sur ce sujet. Gageons que chaque client pourra en faire adapter les détails de son choix et que toutes ne ressembleront pas à la version présentée dans les dossiers de presse, aux tons noirs et rouge sang, assez sympathique.

Le pack Chrono est quant à lui dédié à la piste avec de sympathiques fonctions pour tout gentleman driver qui se respecte.

Un chronographe assorti sera également proposé en exclusivité aux acheteurs de la GT2 RS pour un complément modique de 9450 €. Assorti à l’intérieur de la voiture, l’harmonie de style est à ce prix. A noter que le mouvement a été développé par Porsche Design et non pas par un horloger suisse.

La production est limitée à 1000 exemplaires, déjà tous vendus pour la modique somme minimale de 285 220 € en Allemagne, hors options. La barre des 300 000 € sera sans doute allègrement franchie avec les options afin d’aller taquiner la Lamborghini Aventador.

La concurrence directe est rare : la Huracan Performante est à ce jour la seule voiture commercialisée dont la définition se rapproche de la GT2 RS en attendant les versions Speciale de la Ferrari 488 GTB ou LT de la McLaren 720S. Quand on y pense, on vit tout de même une belle époque…

Crédit photos : Porsche