Depuis la reprise de Mini par BMW, la marque britannique a pris une part importante du marché de la citadine premium dans nos villes. Mais grâce à cette association, Mini a pu multiplier les modèles jusqu’à compter 7 véhicules différents ! Aujourd’hui, la gamme est heureusement resserrée avec 5 modèles : la 3 portes, la 5 portes, le cabriolet, le Clubman et celle dont je vais vous parler aujourd’hui : le Countryman. Ce dernier marque la fin du renouveau de la gamme de Mini. Sur une base de X1, ce SUV urbain chic et compact est-il assez armé pour faire face à son concurrent direct qu’est le Q2, mais aussi face à son cousin le X1 ou encore le vieillissant GLA de Mercedes ?

C’est au Portugal que Mini m’a convié à essayer son tout nouveau Countryman en même temps que BMW pour essayer sa nouvelle Série 5 (mais j’y reviendrai dans un deuxième article). Sur 2 journées, j’ai pu essayer 2 versions de ce petit SUV : la version Cooper S et la Cooper SD. Toutes deux en version boite automatique sport et transmission All4. Les deux versions les plus puissantes (hormis la version JCW) avec respectivement 192 et 190 ch. Dans ces versions on s’attend donc à avoir une voiture dynamique et donc le fameux kart feeling des autres Mini malgré le gabarit en hausse de l’auto. Eh bien, je suis un peu déçu…

Tout d’abord, faisons le tour du propriétaire. Je dois l’avouer tout de suite : le design de ce nouveau Countryman m’a beaucoup déçu lors de sa présentation officielle en octobre dernier. Pataud et très peu ressemblant à l’idée que je me fais d’une Mini. En vrai, je dois dire que cette version a changé. Il est vrai que le nouveau Countryman n’est pas la plus belle Mini que la marque ait sorti. Mais il est plutôt harmonieux et son côté tout terrain lui va vraiment bien.

A l’intérieur, les amoureux du style Mini ne vont pas être trop dépaysés. Le rond central illuminé avec le combiné multimédia/GPS est toujours présent, mais devient enfin tactile. Le bas de la planche de bord est en plastique et éclairé avec des LED, une première sur les modèles Mini. Et enfin la vrai nouveauté de l’intérieur de ce Countryman : les aérateurs de climatisation placés de manière verticale, en rappel aux feux arrières. Pour ce qui est de la finition, on est dans le premium, c’est une certitude, et lorsque l’on le compare à ses concurrents il n’a pas à rougir. Après, il faut aimer son originalité.

Niveau habitabilité, on est très loin d’une Mini hatchback, il y a de la place, vraiment pas mal de place. On est bien, que ce soit à l’avant ou à l’arrière, malgré un gabarit comme le mien. La taille du Countryman n’a rien à voir avec la petite 3 portes, le SUV fait 4,30 m de long, 1,56 m de haut et 1,82m de large, le gros bébé ! Pour ce qui est du coffre, il est en augmentation de 100 litres par rapport à la génération précédente pour atteindre 450 litres.

Pour ce qui est de la conduite, lors de ma visite de la région de Porto et de la Vallée du Douro avec mon complice du jour Guillaume du GDB.tv, on a pu voir ce que le SUV urbain Mini valait. A la sortie de l’aéroport, une autoroute s’ouvre à nous. Guillaume prend le volant et très vite on se rend compte de la nature des voies rapides lusitaniennes. Très peu de lignes droites, très souvent de longues courbes très appréciables. Et au volant de ce Countryman, on a peine à trouver les 192 ch du moteur lors des reprises, ou encore des dépassements. Oui on sent une poussée forte, mais rien de très impressionnant. Vraiment dommage… Par contre en courbe, la stabilité renforcée grâce aux 4 roues motrices du système All4 est très impressionnante, le châssis typé sport et l’esprit Kart Feeling des Mini reste conservé malgré un embonpoint assez important de 1530 kg pour cette version S All4 avec la boite automatique.

Allez hop on sort de l’autoroute et on se rend sur le réseau secondaire, des routes plus sinueuses et donc encore plus exigeantes. Entre temps, j’ai pris en main la voiture et il est vrai que je sens toujours ce manque de puissance malgré ses 280 Nm de couple. Les routes maintenant sont un vrai régal, elle vire le plus souvent à plat malgré le rythme soutenu tout en gardant un sentiment de sécurité très agréable. Un vrai tour de force de la part de Mini de conserver un esprit aussi sportif. Encore plus frustrant…

On arrive près d’un barrage déjà essayé par Guillaume, où nous décidons de nous arrêter pour faire quelques prises de vues dynamiques des versions essayées S et SD (S Melting Silver ou gris et SD Chestnut ou marron) :

Ensuite, on se dirige vers un chemin dégradé en pierre, histoire de voir ce que le SUV nous offre en terme de confort. Et bien c’est pas mal du tout, surtout avec des jantes de 18″. Lorsque l’on force un peu le rythme, on a même le droit à un arrière un tout petit peu joueur. Ce qui est le résultat du fonctionnement de la transmission All4 non permanente. La puissance est en fait en permanence transmise aux roues avant et lorsque ce train est en difficulté la puissance se transmet aux roues arrières pour permettre de garder assez de traction pour être en sécurité. Mais ça permet aussi de s’amuser un peu !

A la sortie de ce spot photo, on échange notre monture avec celle de nos amis et on prend en main la version SD. Et là, on sent vraiment une grosse différence avec la version essence. On comprend alors que ce n’est pas de puissance que la Cooper S manque, mais de couple. La version diesel est moins puissante (190 ch) et plus lourde (1535 kg) mais elle gagne 110 Nm en passant du côté obscur de la force et pour le coup c’est très appréciable. Les relances sont là, et bien là.

Arrivés à l’hôtel, c’est la fin de notre courte prise en main du Mini Countryman dans ces deux versions très haut de gamme. Oui elles sont chères dans ces versions bardées d’option, presque 50 000 € dans les 2 cas. Mais sachez que le Countryman commence à 26 900 € dans sa version Cooper essence et en version 2 roues motrices de 136 ch avec un moteur 3 cylindres, que l’on peut retrouver dans les BMW (18i). Les versions S et SD, elles, sont proposées de base à 31 500 € et 35 400 €. Ajoutez 2 000 € pour équiper votre monture de la transmission All4, très utile et sécurisante.

Pour conclure, la Cooper S n’est pas très sportive… Et c’est vraiment dommage car tout le reste est vraiment bon ! Si vous voulez des sensations de puissance, il faut plus se tourner vers la version diesel ou SD, un comble… Si l’on laisse ce désagréable sentiment de côté, le Countryman réussit à gagner en poids sans trop le faire sentir niveau performance. On garde l’allure indéniable d’une Mini avec le sérieux de la mécanique BMW, qui lui permet de se placer sur le segment des SUV urbains dans une niche très peu accessible à la concurrence. De quoi se vendre comme des petits pains dans les prochains mois, malgré un tarif qui nous fait redescendre très rapidement sur terre. Qui a dit que l’automobile était un achat raison ?

Ah oui j’allais oublier ! Le Countryman devrait voir sa gamme enrichie d’une version JCW de 231 ch avec transmission All4 et d’une version hybride nommée SE (136 ch thermique et 88 ch électrique, un total de 224 ch). Bref de quoi avoir encore plein de choses à vous raconter sur cette version musclée de la Mini.

Je remercie Mini France pour l’invitation, ainsi que mes complices du voyage Guillaume, Philippe, Michael et Alexandre pour ces bons moments.

Photos : Ugo Missana