Rapide retour sur une sportive française née en 1970 et qui sera en produite en série dès 1971, je veux parler de la R12 Gordini qui succède à la R8 portant le même nom. Passée du tout à l’arrière au tout à l’avant, les puristes de l’époque crient au sacrilège en découvrant cette nouvelle Renault sportive avec moteur à l’avant et roues avant motrices mais la 12 Gord’ apporte son lot de vraies innovations et de perfectionnements .

On notera les 4 freins à disques avec disques avant ventilés, la BVM5, le moteur 1600 issu de la R16 TS avec un nouveau vilebrequin, un nouvel arbre à cames et gavé par de  gros carbus double corps Weber voyait sa puissance passer de 85 à 113 ch à 6250 trs/min et 141 Nm de couple à 4500 trs. La R12 Gordini innove avec son double circuit de freinage et se différencie de la banale TL ou TS par son équipement allégé, son compte tour, son volant tulipé à trois branches, ses fauteuils à peine enveloppants en skaï noir glissant et froid l’hiver, collants et brûlants l’été.

Et la 12 Gordini c’est aussi un look avec le fameux bleu de France paré des deux bandes blanches, les jantes alu « sport », l’absence de pares chocs avant et arrière et les petits projecteurs additionnels Cibié ou Marchal que l’on protégeait avec des petits caches blancs frappés du fameux chat Marchal ou du logo Cibié.

La 12 Gord’ c’était une voiture pensée pour la course tant sur circuit que sur route, une mangeuse d’asphalte et de gomme ( à cause d’un train avant qui avait tendance à se dérègler assez vite et d’un train arrière un peu léger du fait de sa simplcité ) mais qui ne laissait guère de chances aux sportives allemandes du moment, seules , les Giulia pouvaient lui tenir la dragée haute en conduite sportive.

Un auto qui avait, durant ses deux premières années de commercialisation, comme option… les pare chocs ! L’auto s’embourgeoise en 1972 en adoptant les pare chocs de série et les sièges intégraux de la 12 TS mais elle garde son grand réservoir de 89 litres, nécessaire vu le gros appétit du 1600 gavé des Weber qui avait tendance à se dérègler et à devenir glouton.

Au début des années 70, la Gordini dépote grave avec une Vmax qui passe les 185 km/h et un 0 à 100 km/h abattu en bien moins de 10 secondes ( 9.8 sec exctement ) . Renault la fera courir sur piste, en rallye les grands français du rallye roulent sous sur Berlinette soit sur R12 Gordini ( Jacquemin, Ragnotti, Nicolas, Therier ) et en 1972-73, pour être hype et un peu mauvais garçon, il faut un perfecto, des Ray-ban et une 12 Gordini équipée de Gotti 2 parties, de la prise d’air de capot moteur et du fameux échappement Devil à deux sorties coniques ( lui qui réveillait bien les papis et les mamies la, nuit dans les villages et les bourgs de campagne )…

Celui qui, à l’époque, roule en BMW 1600 ou Audi 80 ( B1 ) fait figure de « bourgeois » conformiste, un peu rétrograde qui a mal vécu ou digéré mai 68 ! Comme quoi tout passe …

On imagine sans mal à la vue de cette photo, le Saviem d’assistance pas loin du garage recouvert des autocollants Renault, Ferrodo, SEV Marchal et Elf avec les « neiges cloutés » en 250 ou 270 sur la galerie en compagnie du auvent et de bidons d’essence. On dirait qu’on serait du coté de Burzet ou de Lans en Vercors…

Ci dessous une 12 Gordini en version presque embourgeoisée avec ses pare chocs métalliques chromés, ses sièges intégraux.

La R12 Gordini et le sport c’était ça.

Une image pour l’ami Sethalpine…

…Et tout ça parce que ce soir en cherchant la vidéo du teaser Pagani, je suis tombé sur celle ci…

Et il fut un temps que Jacques Seguela a du oublier où pour avoir réussi sa vie vers la quarantaine, il suffisait d’une Tissot et d’une R12 Gordini …

La Douze Gord’ existait, pour les originaux, aussi en orange !

Via Renault, Gorde.org, FA section R12 Gordini, Youtube.