La Scimitar GTE ou l’autre aspect du shooting brake classique avec les Aston Martin DB5 et DB6, la Chevy Nomad de 54 mais aussi les Volvo P1800 es et des plus récentes 480 es, Beta HPE, Z3 Coupé.

La Scimitar GTE est née de l’association de deux marques Ogle et Reliant mais aussi de la rencontre entre Ray Wiggins et Tom Karen.

Les deux constructeurs britanniques s’étaient rencontrés en 1962 au salon de Londres et les entreprises collaborèrent après le décès de David Ogle. Tom Karen décidant alors de se réorienter vers le design et la fabrication de concept car ou de prototype. Mais en 1967, alors que le coupé Scimitar GT a un peu plus de trois ans, R.Wiggins demande à Karen de concevoir un coupé avec 4 vraies places, à l’allure sportive, pratique et qui pourrait succéder au plus classique coupé GT.

Et en 1968 au salon de Londres apparait la Scimitar GTE ou Grand Touring Estate qui est développé sur le chassis “à l’ancienne” (puisque séparé) du coupé GT. La principale évolution étant un empattement rallongé de 180 mm ( 2.53 l) qui permet à la GTE de disposer de plus de place dans l’habitacle et d’une tenue de route plus stable malgré des trains roulants vieillissant. De nouveaux amortisseurs aideront à améliorer la tenue sur le sol.

La voiture plait beaucoup à son lancement notamment grâce à son allure élancée et élégante et elle reste dans la même veine qu’un précédent projet Reliant dévoilé en 1965, la Reliant GTS ( Glazing Test Special ).

 

Lors de sa présentation, la Scimitar GTE est proposée avec deux blocs V6 Ford, le 2.5 L et 3.0 L associés à une BVM ou une BVA3 mais finalement le 2.5 L n’est pas mis sur le marché car chez Reliant on estime qu’il est trop juste en performances pures et pas conforme à l’image de la GTE. C’est donc en version GTE SE5 qu’est commercialisée la voiture dès le second semestre 1968. Immédiatement la presse anglo saxone est séduite par ce shooting brake sportif, capable de faire voyager 4 passagers et leurs bagages et la marque s’offre même une pub royale puisque la Princesse Anne se fera offrir une Scimitar GTE pour ses 20 ans. Elle en aura 8 autres…

 

Ci dessus, l’habitacle bicolore est celui d’une version avant et le noir est d’après 75.

En 72, la SE 5 devient SE5a du fait d’un V6 porté à 138 ch et de quelques évolutions esthétiques intérieures et extérieures. Mais rien de formidable, juste des détails car la voiture plait toujours autant.

Le millésime 1975 marque une étape important dans la vie de la Scimitar GTE qui devient SE 6 du fait d’un plus grand gabarit ( +100 mm pour l’empattement et + 50 mm en largeur ), d’un design retouché ( la face avant ressemble un peu plus à celle de la Ford Capri ). Les pare chocs ne sont plus tout en métal mais ils sont désormais recouverts d’un gros bourrelet en caoutchouc et de nouvelles jantes alu apparaissent. L’habitacle devient un peu plus cossu et la planche de bord est redessiné pour faire plus sportive et luxueuse face aux italiennes de l’époque qui sont la référence du moment. Reste que cette évolution du chassis induit un agrément de conduite moindre notamment en matière de tenue de route et de freinage !

 

La période 1976-1979 voit la génération SE 6a mise en vente car, si la voiture en version SE 6 séduit par son allure, elle a pris un coup de vieux en matière de comportement routier et la 6a est revue du point de vue des liaisons au sol et du système de freinage qui devient enfin performant et n’oblige plus le conducteur à “serrer les fesses” avant chaque virage abordé un peu vite…

Avec la SE 6a vient le volant à gauche et arrive donc l’exportation vers l’Europe continentale et notamment le Benelux, la Suisse et l’Autriche.

Et là aussi la voiture plait et durant les années 1977, 1978 et même début 1979, Reliant produit près de 30 Scimitar GTE chaque jour.

 

La version SE 6b sera quasiment la dernière génération de GTE. Au début des année 80, Ford abandonne le V6 3.0 L pour le 2.8 L Injection ( Granada, Capri ) de 150 ch et Reliant est obligé de suivre tout en délaissant le 3.0 L Essex né chez Ford UK pour celui de Ford Allemagne. Le constructeur britannique profite de l’occasion pour réhausser son niveau d’équipement mais la voiture révue en 1982 séduit bien moins la clientèle qui lui préfère des voitures plus modernes, moins chères. Il faut se rappeler que dans les années 80, deux shooting brake feront un carton outre Manche, le Lancia Beta HPE et la Volvo 480 es.

Au final cette dernière génération de Scimitar GTE n’atteindra pas le chiffre des 500 unités produites.

 

Même la version découvrable (GTC) ne sauvera pas la mise au modèle qui mourra en fin d’année 1986 en laissant la place à la très britannique et peu séduisante SS1 qui ne connaitra pas la gloire de son ancêtre !

 

En 1987, la société Middlebridge tente de relancer la production de la GTE, mais en vain puisque seulement une cinquantaine d’exemplaires trouveront preneur en 1987 et 1988.

 

Au total et en une vingtaine d’années ce sont 14.275 Scimitar GTE qui sont sorties des chaines de Reliant, auxquelles on ajoutera les 50 Middlebridge ce qui fait qu’il reste aujourd’hui bon nombre de GTE en circulation et dans les clubs anglo saxons.

Quelques vidéos pour découvrir autrement cette anglaise très seventies !

Une auto qui a marqué le genre mais qui est plutôt rare sur nos routes françaises et qu’il vous faudra aller apprécier au Royaume Uni dans les clubs, les courses de VHC, chez les passionnés ou chez les amateurs de toit ouvrant en toile !

 

Via Sporting.reliants, ClassicSportAuto, CLassicCar, A.Leroux, Youtube.