28 janvier 1972, Renault dévoile la R5 dessinée par Michel Boué sous la direction de Gaston Juchet ( Projet 122 lancé en 1968 ). Et dès 1973 c’est le début du succès avec son allure novatrice, ses pares chocs en plastique thermoformé et une super campagne de communication vive, sympathique, colorée qui donne envie de prendre le volant de la petite Renault qui arrive sur marché automobile avec ses 3.53 m en même temps que le premier choc pétrolier et qui s’en sortira grâce ses petites motorisations pas trop gourmandes. 1974, la R5 explose le marché automobile français et représente à elle seule 16% du marché… si si !

Mais chez Renault on se dit que la R5 peut avoir plus que le petit L4 956 cm3 de 45 ch et 135 km/h avec levier de vitesse en porte manteau au tableau de bord ( l’ensemble boite/moteur provient de la R4 ), le levier au plancher est en option et chez le constructeur on se dit alors qu’une version dynamique en plus des versions base, L et TL serait une bonne chose c’est ainsi que nait  juste avant le millésime 75, la R5 LS avec le gros 1300 ( 1297 cm3 exactement ) de 67 ch qui prend des allures de citadine dévergondée pour aller chercher les plus de 155 km/h avec sa boite 4, son compte tours, ces jantes sport ( que l’on retrouvera sur les R5 jusqu’au début 1983 et l’arrivée des R5 Lauréate qui reprendront les jante en tôle de…la R5 Alpine de 1976 ! ) , ses sièges inclinables et son fameux essuie glaces Ar. Un bonheur !


Genève 75 voit la R5 LS se muer en R5 TS et elle adopte pour l’occasion de nouveaux sièges intégraux, des vitres de custode entrebaillantes, une montre et des pare chocs gris foncés. Mais hélas cette petite « sportive » à la française est un peu juste et l’arrivée d’une certaine Golf GTI avec son 1.6 L de 110 ch. Au même moment chez Renault, où l’on est habitué à utiliser la griffe Gordini, on se dit qu’il est temps de rentabiliser au mieux l’appellation Alpine puisque la marque de Billancourt qui a racheté l’officine dieppoise en 1971 décide de mettre en avant la prestigieuse appellation française. Ainsi pour contrer la concurrente allemande, on décide d’associer la voiture en vogue au milieu des années 70 au nom Alpine, c’est ainsi que nait la R5 Alpine. Voyant arriver cette allemande sportive, performante, les ingénieurs de Renault ( à l’époque ce sont encore les ingénieurs qui font les autos pas les services de com et de marketing ! ) tentent de faire rentrer sous le petit capot de la R5 le 1600 de la R16, en vain et ils doivent donc se rabattre sur le 1397 cm3. Un bon bloc connu, fiabilisé et endurant qui ne craint pas les évolutions. Un bloc à arbre à cames latéral entrainé par chaine, des soupapes en V avec un beau carbu double corps Weber inversé et voilà 93 chevaux à 6.400 trs, 114 Nm à 4000 trs pour entrainer une auto qui ne pèse pas plus de 850 kg pour 3.55 m.

La R5 Alpine est aussi la première R5 a utiliser une BVM5 et c’est celle que de la R16 TX et c’est une R5 avec des grosses roues et une ligne sportive qui déboule en concession avec ses roues ( en 155/70 HR 13 ) empruntées à la R12 Gordini, ses sièges intégraux noirs ou rouges, son gros pare choc spoiler qui intègre des phares addtionnels Cibié, d’ailleurs la 5 Alpine sera la première R5 à adopter les H4. Et puis une R5 Alpine, c’est un look avec ses rétros obus que l’on trouvait chez Stand 21 ou Equip’Auto quand on voulait « tuner » sa « pteite » 5 TS et c’est surtout une déco avec le fameux A accolé au 5 qui est la réponse de Renault au liseret rouge de la Golf GTI.

Un freinage mixte disque/tambours efficace, un comportement assez performant quoique la voiture prenne pas mal de roulis du fait de l’absence de barre « anti roulis » car la R5 Alpine se contente de simples barres anti devers un peu justes en conduite en sportive ou sur petite route Dans l’habitacle, on retrouve le même niveau d’équipement que dans la TS mais, avec devant soi, le volant Alpine trois branches, un bonheur pour les amateurs et sur la demande des acheteurs, la voiture se voit dotée en 1977 d’une instrumentation plus complète. Ainsi en plus du compte tours et du voltmètre, Renault ajoute quelques manos dont une température d’eau et une pression d’huile.

Et une 5 Alpine ça donne quoi face au chrono, et bien ça frôle les 175 km/h ( mais vu la voiture on a l’impression d’aller vraiment plus vite ! ) , le 0 à 100 km/h en abattu en 10.0 secondes et il faut entre 32.5 et 33.0 secondes pour passer le cap du kilomètre départ arrèté…pas un monstre et pas la plus performante du moment mais déjà de quoi se faire plaisir pour peu qu’on soit un adepte du maniement du long levier de vitesses qui impose de bien décomposer les mouvements sous peine de faires grincer la la boite et on anticipe un peu mais à l’époque quelques préparateurs ( des as de la prépa des groupe 4 aux couleurs de Calberson ! ) commercialisent barres anti rapprochement, barres anti devers plus rigides et amortisseurs Bilstein Sport ( homologués par Renault ) de façon à améliorer les qualités de la petite auto. La direction un peu lourde, pour ne pas dire collante, est aussi un des défauts ( qu’on oublie vite! ) de la voiture et il faudra attendre 1983 pour que l’Alpine Turbo ait droit à la D.A de la R5 TX ( la version premium, ancêtre du segment des petites voitures luxueuses qui annonçait les Baccara ) .

Et en 77-78, le must sur une 5 Alpine en matière de prépa, c’est un petite modif de l’admission, un carbu Weber un peu plus gros et surtout des Gotti en 13 et le fameux pot ou mieux, la ligne complète Devil. Un bonheur pour les oreilles au moment de descendre les rapports ou à pleine charge et un stress pour les gens qui veulent leur tranquillité car le 1400 à 6000 trs ça fait un beau bruit de voiture de compèt prête à partir en spéciale, au départ d’un gymkhana ou en course de côte ! Parlez en à Jean Ragnotti, il a fait des merveilles en course avec cette auto notamment au Monte Carlo !

1978, voit l’arrivée des jolies jantes alu de l’A310  sur la R5 Alpine et avec le millésime 1980, très grande année pour la R5 avec l’arrivée de la version 5 portes et la fameuse GTL avec le 1108 cm3 et son look chic et sur, c’est aussi l’apparition de la nouvelle planche de bord, des sièges pétales et l’arrivée de l’option pneumatiques en 175/60 HR 13. Mais en 1980-1981, la concurrence se fait plus rude les Alfasud Ti, Ritmo 105 TC ( sans parler de la Ritmo Abarth 125 TC ), Kadett SR puis GTE et autres Delta GTie sont dans la place tout comme les 104 ZS2, Visa Chrono et il va être temps pour Renault de faire évoluer l’auto en la dotant d’un turbo, c’est à la mode du coté de Billancourt au début des années 80 et ainsi la faire basculer dans un autre monde de performances avec une Vmax qui passe les 185 km/h et un 0 à 100 km/h qui sera vraiment plié en moins de 8.0 secondes… mais la R5 Alpine Turbo et ses 110 ch, c’est un autre monde et une autre histoire que cette 5 Alpine qui portait fièrement son pédigrée jusque sur son moteur…

Ci dessous, l’intérieur apparu au second semestre 79 lors du fameux restylage qui verra l’arrivée de la version 5 portes.

Dans les années 70 et jusqu’à l’arrivée de la GT Turbo, la R5 Alpine est la vedette des revues automobiles comme le montrent ces couvertures !

Et pour revenir sur le fameux débat sur le « nouvelle » griffe Gordini appliquée aux nouvelles Renault, il ne faut pas oublier que dans les années 76-84, il y eu une R5 Gordini en Grande Bretagne qui ne développait que 93 puis 110 chevaux… soit par exelmple moins qu’une Twingo équipée du 1.2 L TCe de 100 ch ! Il faut tout de même savoir que c’était pour la bonne cause car au Royaume Uni, l’appellation Alpine était détenu par… Sunbeam qui allait très rapidement entrer dans le giron de Peugeot à la même période avant de disparaitre tout aussi vite !

Je vous propose une petite selection de vidéos mais les vidéos sont rares ou interessantes, alors quelques unes parmi les moins pires !

Une auto qui fut un vrai bon moment et une vraie compagne pour se faire plaisir sur petite route ou sur circuit. N’oublions pas qu’elle est l’ancêtre de nos actuelles Clio RS qui courent en rallye ou Clio Cup. Hélas pour les collectionneurs, la R5 Alpine est devenue un vraie rareté sur le marché de l’occasion, du moins  en bon état car comme beaucoup de petites sportives elle a subi les affres des mauvais traitements, du tuning fait au fond du garage avec Jacky sachant, en plus, que la R5 avait un pêché mignon qui portait le doux nom de rouille ! une auto que j’ai rarement conduite en version atmo, bien plus en version turbo et qui reste un très bon souvenir ne serait ce qu’à cause du fameux volant et du beau son rageur d’un pot Devil…

Un p’tit personnel qui m’est revenu en cherchant les informations et les photos, c’est grâce ou à cause de la R5 que je suis devenu collectionneur de documentation car à l’age de 13 ans mes parents qui voulaient changer une de leur deux autos m’avaient envoyé chez l’agent Renault d’Oullins chercher un catalogue et j’ai toujours gardé cette documentation de la R5 modèle 79 dans ma grande collection. Elle en est d’ailleurs l’initiatrice à défaut d’en être la plus ancienne !

Sachez enfin qu’entre février 1975 et août 1981, ce sont tout de même 59.202 exemplaires de ce modèle qui sont sortis des usines Renault, pas mal pour une petite sportive qui valait 80% de plus que le prix de la version de base….

Merci à Renault5.net, Clubr5, Dark-cars,Lesrenaultdepapiers, Olittlebug, Youtube.