Après l’Ile Seguin, l’usine Renault Sandouville va t-elle devenir le symbole de la lutte entre les salariés et la direction automobile, pour le moins rien de sur mais ça pourrait en prendre la direction.

On parle presque plus de Renault dans les pages « Faits divers », « actualité sociale » que dans la vie automobile où la Latitude ne va probablement pas faire de vague ( c’est d’ailleurs son but ), le restylage de Laguna passer inaperçu, la Wind n’est toujours connue que des initiés et au delà d’une communication faite à grands coups de « Prime à la casse mulitpliée par 6 ou 7 , de remise spéciale », on ne parle pas beaucoup de la marque au losange qui semble comme assoupie ou pire, assommée par la conjoncture et le marché !

Après l’affaire en justice pour l’utilisation du nom Zoé, Renault revient sur le devant de la scène avec les affaires de suicide au Technocentre après que le Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale a rendu un jugement dans l’affaire du suicidé de 2007 qui énonce, succintement, que Renault n’a commis aucune faute inexcusable. Ainsi la famille du défunt et leur avocat vont faire appel de la décision et connaissant les derniers éléments d’une affaire similaire à France Telecom qui vont dans le  sens opposé, on peut se dire que Renault n’en a pas fini avec la justice.

Mais c’est surtout du coté de Sandouville qu’il faut regarder et que l’on sent monter la grogne avec l’annonce ce jour de la mise en place de 61 jours chomés sur les chaines de production de la Laguna et 70 jours sur celles de fabrication de l’Espace. Ces deux mois supplémentaires viennent donc s’ajouter aux 60 jours chomés de 2010, ce qui commence à faire beaucoup. Le problème est aussi d’ordre financier car au 31 décembre 2010 cesse l’aide que l’état versait aux salariés pour complèter le manque à gagner et ainsi parvenir à la garantie du maitien du salaire à 100% ( hors prime bien évidemment ). Par ailleurs selon Nicolas Guermonprez et Fabien Gache, secrétaires de la CGT chez Renault, la direction s’apprêterait à annoncer un nouveau plan social à l’échelle nationale comme cela s’était produit en 2008 et qui avait entrainé la suppression de 900 emplois et près de 4000 départs volontaires et aidés. Ces mesures seraient mises en place pour parvenir, selon les représentants syndicaux, à un vrai gain de productivité afin que la profitabilité des actionnaires et la rentabilité de l’entreprise soient en phase avec les promesses faites par Carlos Ghosn.

Pour Sandouville, la direction de Renault met en avant la mévente de ses deux modèles Laguna et Espace pour justifier les périodes d’inactivités et comme pour enfoncer le clou, on parle d’une production 2011 de 53.000 véhicules soit une baisse de 22.5% environ de la production entre 2010 et 2011 ( 69.000 autos produites en 2010 ) . On mettra ces chiffres en parallèle avec la capacité de production de Sandouville qui est de l’ordre de 350.000-400.000 véhicules/an depuis une dizaine d’années environs. Du coté des salariés et des syndicats, on peste méchamment en avançant que la mévente des deux autos à bon dos et que petit à petit on en arrive là simplement parce que Renault a choisi de faire fabriquer son Haut de Gamme en Corée plutôt qu’à Sandouville.

Pour tenter de couper court à toutes ces polémiques naissantes, le constructeur remet en avant le fait qu’il a trouvé une solution au printemps dernier pour sauver Sandouville et qui s’appelle Trafic 2012 ( et ses alter égo Nissan et Opel ). Et on apprend enfin que durant l’été 2011, l’usine sera quasiment à l’arrêt durant deux mois pour transférer les chaines de production des Laguna et Espace à Douai et implanter les nouvelles chaines de fabrication du nouvel utilitaire de la marque.

Attendons de voir maintenant comment cela évoluer dans les semaines à venir car la direction de Renault a annoncé qu’elle ne communiquerait plus qu’en interne…

Via AFP, RTLinfo, LeParisien.