Routes sinueuses, plaisir de conduite, voiture compacte relativement abordable…
Jusqu’à la troisième génération, la réponse évidente restait incontestablement la Renault Clio R.S.
Au-delà de notre beau pays, cette réponse restait d’ailleurs la même pour les anglais et parfois mêmes certains allemands insensibles au sérieux et à la rigueur de fabrication germanique de Volkswagen.

Avec la 4ème génération, Renault en avait mécontenté certains, convaincu d’autres, mais là n’est pas le débat puisque vous pouvez retrouver la Clio 4 RS Trophy ici-même, essayée ici par mon très estimé collègue Aymeric.
Cette fois-ci, c’est de conduite sur glace dont je vais vous parler. Avec une traction ? Quelle drôle d’idée !

Ce fut également mon sentiment au début. Mais vous allez voir par la suite qu’avec un équipement adapté et quelques gestes bien maitrisés, la Clio 4 RS devient un excellent jouet capable de vous rendre le sourire même sur la glace et sous une tempête de neige comme ce fut le cas lors de ce week-end un peu particulier !

Gare de Lyon, 6h30 un samedi matin. Autant vous dire que le réveil pique un peu pour un début de week-end, mais c’est la fin de saison hivernale et quoi de mieux qu’un court séjour à Val Thorens pour profiter une dernière fois des paysages enneigés de l’hiver ?
Fin de saison vous avez dit ? Vu le monde en combinaison de ski affublé de gros sacs à dos et de skis ou snowboards en main, rien ne l’indique.
Direction la plus haute station de sports d’hiver d’Europe !
On nous annonce un accès difficile à la station en raison de tempêtes de neige, une chose est donc sûre : il fait assez froid pour qu’il y ait de la neige.
Autre élément non négligeable : la piste sera sans doute recouverte d’une fine couche de poudreuse, permettant aux voitures de mieux accrocher afin de se familiariser avec la piste avant d’attaquer sur la glace !
Après de longues heures de train, encore une passée dans un car, nous accédons enfin à la station où le soleil, timide, pointe le bout de son nez droit sur le circuit Alain Prost.

À 2200 mètres d’altitude, le circuit Alain Prost d’une longueur de 760 mètres est homologué pour les fameuses courses du Trophée Andros, ce qui élève d’un cran encore le niveau de pilotage, heureusement que les instructeurs seront là !

L’heure du briefing a sonné, le programme de la journée nous est présenté à savoir reconnaissance en passager du circuit durant 2 tours, puis c’est à nous ! Nombre de sessions ? Illimité jusqu’à 21h, ce qui nous permettra de tester la qualité d’éclairage de la Clio 4 RS restylée.

Afin de permettre une expérience de conduite optimale, les roues avant sont équipés de pneus cloutés (permettant un grip maximal) tandis que les roues arrières ne sont équipées que de pneus hiver permettent quant à eux une dérive du train arrière pour un amusement de tous les instants !

Prise de contact. Premiers mots de l’instructeur :
« – Salut, tu as déjà fait de la piste ? »
Tout fier, je lui réponds que oui.
« – Et quelle est la dernière auto que tu aies eu entre les mains ? »
Une fois de plus, c’est en bombant le torse que je m’empresse de répondre « Jaguar F-Type SVR ! », espérant montrer à mon instructeur que j’ai déjà eu quelques contacts intéressants avec de la conduite sur piste.
« – C’est très bien tout ça ! Bon, maintenant tu vas oublier absolument tout ce que tu as appris jusqu’ici, on reprend tout à zéro. »
Ah mince alors, moi qui pensais l’impressionner, c’est raté. Ça peut même vexer quelques égos pour les plus fragiles d’entre nous.

Premiers tours de roues en passager, et c’est plus difficile que je ne l’imaginais. Le temps maussade, avec quelques averses de neige rendent quasiment impossible la distinction entre les murs de neige entourant la piste, la piste elle-même et le ciel. Heureusement qu’une reconnaissance a lieu avec une personne expérimentée !

Et c’est mon tour. Après quelques réglages siège et volant à mon goût, je m’élance non sans un certain degré d’appréhension.

A/Une traction sur la glace, je ne vois pas comment ça peut se finir autrement qu’avec un énorme sous-virage puis droit dans le mur
B/Visibilité zéro, ça promet de belles frayeurs
C/Première fois sur la glace (même s’il faut une première fois à tout)
D/Réponse D

Petite revue des consignes :

  • Accélération douce et linéaire en privilégiant le sous-régime afin d’obtenir un maximum de grip
  • Freiner par petits coups à l’approche d’un virage pour éviter de bloquer les roues
  • Bien prendre l’extérieur à l’approche d’un virage puis au dernier moment, plonger vers la corde
  • Au moment où l’avant de l’auto approche la corde, coup sec de frein à main
  • Maintien des gaz en contre-braquant puis au moment où la voiture se déporte vers l’extérieur, contre-braquage en direction de la piste.

Les premiers essais sont fastidieux, je laisse le contrôle du frein à main à l’instructeur pour les premiers essais afin de maîtriser la direction et la vitesse. Seuls 2 petits km/h peuvent tout faire capoter !
Après près d’une heure de tentatives et une météo qui s’améliore, je prends enfin le contrôle total de la voiture. Et sans me vanter, une fois que l’on a le coup de main, c’est comme du vélo, ça ne s’oublie plus !

Et hop, j’enchaine les freinages progressifs de plus en plus tard, les virages à la corde et les reprises de gaz de plus en plus efficaces, quel pied !

Oups, un cône ! C’était bien la corde cette fois Monsieur l’instructeur ?

L’avantage c’est que la vitesse dans les virages atteint très rarement plus de 35 km/h en glissade, ce qui sur la glace avec des virages en épingle est déjà très impressionnant je vous prie de me croire !

Les heures passent et malgré quelques tête-à-queue et excusions en bord de piste dans la poudreuse, aucune touchette à déplorer pour ma part (ce qui n’est pas le cas de tout le monde, petit coucou à certains s’ils me lisent, sans rancune !). 21h, seuls trois irréductibles (dont moi) entament le dernier ballet de danse sur glace.
Les nouvelles optiques full LED des Clio R.S. nous fournissent une visibilité exemplaire, quasiment parfaite. J’ai même préféré rouler de nuit que de jour, où la météo grise n’offrait pas les conditions idéales pour distinguer parfaitement la piste et emprunter les meilleures trajectoires.

En somme, une expérience inédite, où l’on prend vite le coup avec un peu de technique et où l’on s’amuse très vite même à faible vitesse bien que chaque geste ou km/h en trop nous amène droit dans le mur. Les risques du métier dirons-nous…
Une expérience inédite qu’il me tarde de réitérer l’année prochaine !

Ah oui au fait, l’hiver est bel et bien fini cette fois-ci !

Merci à Renault Sport pour ce week-end organisé de main de maître !

Crédits Photos : Ancelin Schoenhentz, Renault Sport