… et ainsi faire payer à l’état et aux contribuables un plan social déguisé !

Renault annonce la mise en place de ce plan de départs « volontaires » qui va s’étaler de fin 2010 à 2013 et qui permettrait à Renault de se séparer de 3.000 salariés de plus de 58 ans en mettant en avant la dureté et la pénibilité ( cause retoquée par le Conseil Constitutionnel et non prise en compte dans la réforme des retraites… ) du travail.

Cette mesure est destiné au salariés qui ont effectué au moins 15 ans de travail posté ou qui ont une incapacité permanente égale ou supérieure à 10%. Cette proposition concerne les ouvriers, les agents de maitrise, les employés… mais pas les cadres ! Mais au delà de ce plan, le problème vient surtout du fait que Renault n’a aucunement exprimé le désir de remplacer ces 3000 départs volontaires. Même Xavier Bertrand, ministre du travail a fait savoir sa très grande réserve sur ce plan quasi social qui ne dit pas son nom. Par ailleurs, il a confirmé que l’état français ne mettrait pas un seul euro dans ce plan et d’ailleurs la Direction Générale du Travail et la Délégation Générale à l’emploi ont été sollicitées pour se pencher avec beaucoup d’attention sur ce dossier afin de vérifier l’exacte conformité du plan avec les textes de la loi.

Même la très patronale Laurence parisot s’est dite très surprise par ce plan qui est mis en place seulement quelques jours après la promulgation de la nouvelle loi sur les retraites. Du coté syndical, on dénonce haut et fort un plan social qui avance masqué et FO demande d’urgence l’instauration de débats et de discussions afin de mettre en place des négociations de branche et de mise en place d’un réel accompagnement des salariés qui seront concernés par cette mesure.

François Chérèque à la CFDT se dit même inquiet de voir les très grandes entreprises dégraisser ainsi au nom de la pénibilité liée aux jeunes « seniors » et d’ajouter que les charges qui sont payées par les TGE vont, à l’avenir, se reporter sur les PME/PMI qui devront hélas supporter de nouvelles charges sociales et financières tout en se mettant en péril budgetèrement et donc dans leurs possibles recrutements ou pire cela pourrait les amener, elles aussi, à dégraisser pour subsister… N’oublions pas que les PME/PMI représentent en France l’immense majorité des emplois et en agissant de la sorte les TGE mettent en péril à moyen terme le tissu économique et social français déjà bien mal en point !

Reste qu’il ne faut pas qu’à l’avenir la pénibilité du travail soit une variable dans l’ajustement des marges bénéficiaires des entreprises afin de satisfaire encore plus les actionnaires car à force de licenciements, de massacre social, on va très vite arriver à la cassure. On est bien loin des propos d’un certain Henry Ford ( c’est loin le XXeme sciècle et pour les financiers, ce doit être la préhistoire ! )  qui disaient qu’il fallait garder et bien payer ses employés pour en faire de bons salariés mais aussi et surtout de bons clients ayant les moyens d’acheter des producits manufacturés. Et je ne crois pas que c’est en mettant tout le monde dehors ou au minimu , on relancera la machine économique bien au contraire et les salariés, de clients sont entrain de se transformer, contraints, en fourmi ou en non consommateur…A croire que les dirigeants ne voient pas au delà de l’année qui vient et gèrent leurs entreprises avec l’idée du  » ce qui est pris, est pris » ou  » après moi, mes dividendes, mon profit immédiat, le déluge » . Des comportements patronaux, qu’on soit de sensibilité de droite ou de gauche, qui dérangent et risquent de mener à un certain chaos plus vite qu’on le pense ! Dommage.

Via AFP, Argusautopro, LeParisien.