En décembre dernier, j’ai eu la chance d’être invité par Ford avec une dizaine d’autres journalistes et blogueurs pour visiter le lieu magique où la marque stocke plusieurs de ses modèles de collection. Chose assez sympa, j’ai pu prendre en main certaines de ces voitures. Et chose encore plus sympa, j’y suis allé en Mustang GT ! Quoi de mieux qu’un V8 de 5 litres et 421 ch pour faire plus de 1000 km en 2 jours ?

9h30  : départ de Paris

Tous les journalistes et blogueurs ont rendez-vous à Paris pour prendre possession des voitures qu’ils utiliseront pour le trajet jusqu’en Angleterre. La liste des modèles est plutôt complète :

  • Mustang GT
  • Mustang EcoBoost
  • Focus RS
  • Focus ST TDCI Powershift
  • Mondeo SW ST Line
  • Focus ST Line

Je décide pour ma part d’opter pour la voiture qui offre le meilleur compromis pour parcourir plus de 1000 kilomètres en deux jours. J’ai donc choisi la Mustang GT. L’idée de me faire enivrer par un V8 de 5 litres de cylindrée et coller dans le fond des sièges par 421 purs sangs me ravit.

Il est temps pour mon binôme et moi de monter à bord. On s’installe et nous démarrons la bête. Quel bonheur, ce « glouglou » de V8. Durant les premiers kilomètres, je laisse la place conducteur à mon copilote, journaliste pour Top Gear France. Après les premiers kilomètres en ville et les premières bornes sur autoroute, nous ne regrettons pas notre choix. La Mustang est vraiment faite pour ce genre de périple. La boîte de vitesse convient parfaitement au V8 pour un trajet autoroutier. Arrivés à mi-parcours, je prend le volant. Il est vrai que chez blogautomobile nous avons essayé beaucoup de Mustang. Mais de mon côté, à part quelques tours sur circuit, lors des 1495 ch à la Ferté Gaucher en octobre 2015, je n’ai pas encore eu l’occasion de m’installer à son volant.

Ceinture bouclée, je me lance sur l’autoroute en enfonçant la pédale de droite. BRRROOOOAAAP fait le V8 dans mes oreilles. Quel bonheur ! Et cette boîte que je redoutais fait des merveilles. Les rapports passent sans aucun soucis, avec une rapidité à faire pâlir une boîte à double embrayage. N’ayons pas peur des mots : « j’ai kiffé » comme disent les jeunes. Je rétrograde et passe les vitesses supérieures du bout des palettes avec un plaisir inqualifiable. Nul besoin d’écouter ma playlist concoctée pour l’occasion, les échappements et le moteur se chargent de ravir nos oreilles.

Après plus de 200 km sur l’autoroute, nous en sortons et nous dirigeons vers le Cap Gris-Nez à travers la campagne du nord de la France. La succession de virages met en évidence les capacités dynamiques indéniables de cette Mustang. Il est loin le temps où les Mustang n’étaient faite que pour des lignes droites.

13h00 : déjeuner au Cap Gris-Nez 

Arrivé au restaurant La Sirène, je prends le temps de faire quelques prises de vue de notre carrosse :

Après un repas vite avalé et des échanges avec nos compères, il est temps pour nous de nous diriger vers le terminal de Coquelles dans le Pas-de-Calais. Il faut également faire le plein du monstre. Eh oui, c’est que ça boit un V8 ! Sur le trajet de la matinée, majoritairement sur autoroute, nous n’avons pas pu descendre sous les 10 litres aux 100 kilomètres.

15h15 : on va traverser la Manche !

Il est temps pour nous de nous rendre en Angleterre. Pour cela, nous allons traverser la Manche par l’Eurotunnel. Il faut passer et repasser des contrôles de sécurité, pour enfin pouvoir rentrer dans le train qui nous conduira sur l’île britannique.

La Mustang est large, très large. Avec 1,92 m, il n’est pas simple de se glisser à bord du Shuttle. On se gare donc en file indienne, et nous attendons les 30 minutes nécessaires à la traversée sous-marine. Pendant ce temps, nous faisons le tour des voitures du convoi. Après une petite sieste, il est temps de faire rugir à nouveau le V8. Nous sommes en Angleterre.

15h20 (heure anglaise) : arrivée à Folkestone et direction l’hôtel

Nous sommes en Angleterre, il faut donc se mettre en tête qu’à partir de maintenant, nous devons rouler à gauche. Je laisse à mon binôme le soin de nous emmener vers notre hôtel, qui se situe à Orsett, à 35 minutes de Londres. Pour lui et moi, c’est une première. La conduite à gauche en roulant avec le volant à gauche, nous ne l’avons jamais fait. Malgré nos appréhensions, cela se fait sans trop de soucis. Il suffit simplement de suivre le flux de la circulation. Même si il est vrai que prendre un rond-point à contresens n’est pas des plus évidents.

Nous sommes au mois de décembre, le jour tombe très rapidement. Je l’avais oublié et les photos que je voulais faire dans la campagne anglaise ne sont plus d’actualité. Il est temps pour nous de rallier le plus vite possible l’hôtel pour nous reposer.

7h30 (heure anglaise) : départ très matinal pour le Ford Heritage et première conduite à gauche !

C’est parti, je conduis pour la première fois sur la gauche de la route ! Je roule dans le convoi et suis la Focus RS. Les collègues ne doivent pas être très réveillés, puisqu’ils se trouvent sur la voie de droite et donc à contre-sens. Un appel de phare leur remet les idées en place. La première intersection approche et je vais connaître une petite frayeur. En arrivant sur l’intersection, j’analyse celle-ci : une 2 x 2 voies séparée par un terre-plein central. Je regarde machinalement à gauche, personne. Sauf que je ne prends pas le temps de regarder à droite… Grosse erreur ! Les voitures viennent de droite et non de gauche, foutue habitude !!! Un car me fait un appel de phare, il est loin mais j’écrase quand même la pédale de droite et fait partir la Mustang en burn pour me dégager du danger. OUF ! Pour la suite du trajet, je me concentre plus que jamais et ne me trompe plus du tout.

Située à une heure de route de notre hôtel, l’usine de Dagenham abrite en son sein l’atelier Ford Heritage. Un lieu unique en son genre où sont conservés plus de 125 modèles de la marque. De la Ford T à la dernière Focus RS, pratiquement tous les modèles de l’histoire de Ford Europe sont présents. Nous avons droit à une visite détaillée de cet atelier, qui se distingue par son style so British. Pas de fioritures, ce n’est pas un musée comme on peut en voir à Munich pour BMW. C’est un vrai atelier à l’ancienne où on peut glisser sur des taches d’huile.

Il ne faut pas longtemps à nos hôtes du jour pour faire démarrer deux mythes roulants. Le premier d’entre eux : la Ford GT 40 de 1966, qui a gagné lors des 24 heures du Mans. Un moment rare et très bruyant que ce démarrage à froid d’un V8 de 7 litres de cylindrée en échappement libre. Pour le second, nous avons droit au démarrage de la voiture, que dis-je, du Monstre : le Supervan 3. Un concept né en 1971, quand les ingénieur de Ford ont eu l’idée d’installer sur un châssis tubulaire et sous l’apparence d’un classique Ford Transit, un V8 de cinq litres préparé pour la course. Le Supervan 1 est né. Pour la deuxième version, en 1984, les ingénieurs misèrent sur le couple châssis de la Ford C-100 de course et le moteur Ford Cosworth d’endurance (V8 3,9 l de 590 ch). Celui que nous avons le droit d’approcher, la version 3 qui date de 1994, dispose d’un châssis tubulaire et d’un moteur Ford Cosworth Pro Sports 3000 de 295 ch et 384 Nm de couple. De la véritable sorcellerie ! Si vous voulez entendre le bruit, rendez-vous sur le Vlog de notre Road-Trip (un peu plus bas).

Le Vlog de notre Road-Trip et de la visite :

10h30 (heure anglaise) : on roule !

Pour cette journée, l’atelier nous a mis à disposition 8 voitures. Deux en tant que passager et 6 en conducteur.

En passager :

  • Ford RS200

  • Ford Focus RS 500

En conducteur :

  • Ford Sierra RS Cosworth

  • Ford Capri 280

  • Ford Focus RS MK1

  • Ford Focus RS MK2

  • Ford Escort Mexico

  • Ford Fiesta XR2

Je n’ai pas eu la possibilité de rouler avec cette dernière par manque de temps.

15h30 (heure anglaise) : départ de Ford Heritage pour la France 

Quel bonheur indescriptible qu’a été pour moi de vivre 48 heures à bord de l’histoire de Ford. D’abord avec la plus américaine de toutes, la Mustang et son V8 « glouglouteux ». Puis cette immersion incroyable dans cette riche histoire. Je tiens très sincèrement à remercier Ford France ainsi que l’atelier Ford Heritage pour ces 2 jours absolument dingues qui resteront très longtemps gravés dans ma mémoire.

Photos et vidéos : Ugo Missana pour Blogautomobile.fr