Coincé parmi les nouveautés de Genève, le petit carrossier Touring en a profité pour refaire parler de lui et d’un constructeur qu’on pensait disparu : Artega, et une nouvelle version de la Scalo.

Touring Superleggera, on vous en a déjà parlé à plusieurs reprises : ici avec une petite rétrospective des dernières créations de Louis de Fabribeckers ou encore avec la dernière création, la Disco Volante Spyder. Mais la petite dernière du bureau de style est bien plus discrète en voulant rhabiller la berlinette Artega. Artega ? Ouaip, Artega. Flashback ! Créé en 2006, le petit constructeur allemand a présenté son premier modèle, la GT, à Francfort en 2007. Joli petit coupé compact, propulsé par un moteur VW VR6 (pneus qui glissent, sauras tu retrouver la référence ami lecteur ?) la GT affichait de jolies performances grâce à son poids limité à 1,1 tonne, et sous certains angles une ligne proche d’une Ferrari F430 en plus petit (ou même d’une nouvelle Alpine A110 en plissant un peu les yeux, non ?).

Le dessin était alors signé Henrik Fisker, le papa de la BMW Z8 ou de la Fisker Karma par exemple. Artega passe sous pavillon mexicain en 2010 et change de cap en 2011 avec une version électrique de la GT, la SE (Sports Electric). Las, Artega jette l’éponge à peine un an plus tard et dépose le bilan sans avoir vendu beaucoup de voitures (50 ? 100 ? On l’ignore). Renaissance en 2015, toujours à Francfort, et cap sur le tout électrique avec deux nouveaux modèles : le coupé Scalo et un quad, le Karo.

La Scalo est la digne héritière de la GT et de la SE en reprenant très grandement leur design. La motorisation est à présent exclusivement électrique. Artega promet comme de juste d’excellentes performances : 0 à 100 en 3,6 secondes, Vmax limitée à 250 km/h et autonomie de 400 km. Des chiffres pour une fois vaguement réalistes, ça change. Mais alors, que vient faire Touring là dedans ?

Tout simplement en venant proposer un nouvel habillage à la Scalo, dans le cadre d’une série limitée à 50 exemplaires. Donc une série limitée d’une voiture à la production déjà assez limitée… Bien moins spectaculaire que d’autres créations de Touring, la Scalo Superelletra est directement liée esthétiquement à la gamme Artega. L’air de famille est indubitable. Mais la Superelletra innove néanmoins en proposant 3 places de front (oui, comme une McLaren F1 ou une Matra Murena). Ou du moins c’est ce qui est promis, l’intérieur de la Superelletra restant invisible.

Touring va lui donner un petit soupçon d’agressivité qui manquait à la Scalo avec une proue plus expressive, des flancs creusés et surtout un impressionnant diffuseur arrière. Le panneau arrière, justement, rappelle quelque peu une Ferrari 360 Modena avec ses deux feux ronds encadrant un panneau noir. On peut voir aussi une inspiration Maserati au vu des arêtes de toit (Bora ou Merak).

On a connu Touring bien plus inspiré, et cette Superelletra est un peu décevante sur le simple plan du design. Plus grande et plus habitable, peut être plus pratique, la Superelletra fait aussi évoluer sa motorisation, qui cède hélas à la surenchère : 1020 ch, couple de 1620 Nm, 0 à 100 km/h en 2,7 s et autonomie de 500 km. Tout cela est bien sûr purement théorique, et il faut le dire, plutôt banal sur toute sportive électrique de nos jours.

La production est prévue en petite série est prévue d’ici un an, pour un prix variant de 500 000 à 1 million d’Euros.

Crédit photo : Touring Superleggera, Ugo Missana