On ne l’apprend qu’aujourd’hui via un communiqué de la Fondation Berliet, Paul Berliet, industriel lyonnais, successeur de Marius Berliet son père est décédé ce mardi 7 août à l’âge de 93 ans.

Né au lendemain de la première Guerre Mondiale le 5 octobre 1918 à Lyon, Paul berliet commence par travailler durant tous les congés dans l’entreprise familiale qui, à l’époque, ne fait pas que des camions mais aussi des voitures de luxe. Il entre à l’école des apprentis Berliet puis comme ouvrier car il a été recalé au concours d’entrée à Centrale mais cette situation ne le dessert pas puisqu’il est issu de la formation interne et du milieu des salariés ce qui lui vaudra très longtemps le respect et le soutien du personnel de l’entreprise. Au cotés des camions, les voitures Berliet 944 et Dauphine feront dans les années 30 la renommée du constructeur dans le domaine automobile.

La guerre de 39-45 arrive mais les usines Berliet tournent et courant 1942, son père le nomme directeur de la fabrication et malgré les destructions, les sabotages, l’entreprise travaille et fait hélas du business avec l’occupant ce qui vaut à la libération 40 mois de prison à Marius et Paul Berliet pour collaboration économique.

1949 voit la mort de son père et c’est à ce moment que Paul Berliet devient le directeur de l’entreprise, appelé par l’état qui craint pour l’avenir de la compagnie lyonnaise. Pour rappel, elle avait commencé son activité du coté de la Croix Rousse avant d’aller du coté de Montplaisir puis pour finir vers Venissieux. Il reprend la société qui est mal en point puisque placée sous séquestre depuis la libération et il doit tout relancer pour redonner à Berliet son aura dans le monde industriel de l’après guerre. Dès lors la société va croitre rapidement et devenir une des références mondiales dans le domaine du poids lourds. PL, tracteurs, camions de chantier, camions miniers, camions destinés aux exploitations pétrolières et aux transports sahariens sont dans la gamme Berliet qui fabrique aussi des autocars et des autobus. Les lyonnais se rappellent des  lignes 18, des petits trolleys rouge et crème n°6 des TCL qui gravissaient la montée de la Croix Rousse, des bus articulés de la ligne 7 qui allait à Cusset ou le 4 qui réalisait la traversée de Lyon par la rive gauche du Rhône en emmenant les familles au parc de la Tête d’Or depuis la gare de Perrache.

De 1962 à 1975, il restera à la tête de cette belle entreprise rhodanienne et cette même année 75 entre deux chocs pétroliers, il vend la société à Renault qui la rapproche de sa division PL, Saviem. En 1978, Renault qui est encore la RNUR fusionne sa propre filiale poids lourd Saviem avec Berliet pour donner naissance à TVI (Renault Véhicules Industriels) dont Paul Berliet est nommé vice-président. Il restera à cette place jusqu’en 1982, année de son départ à la retraite et de son retrait du monde des affaires. Dès lors il se consacrera essentiellement à sa grande association, « La Fondation de l’automobile Marius Berliet » qui a pour objet la sauvegarde la restauration et la valorisation du patrimoine automobile de la région rhône-Alpes et de l’histoire du camion.

Quelques petites vidéos :

Une galerie de camions et d’autocars Berliet.

Un grand et important industriel lyonnais et français s’en va, il reste à espérer que la fondation qu’il a créé il y 30 ans fera perdurer la mémoire de cette marque qui chère au coeur des français durant près d’un siècle.

Pour retrouver la Fondation de l’automobile Marius Berliet, c’est par là. Attention, on peut y passer des heures !

http://www.fondationberliet.org/

NDLA : Un conseil de lecture pour retrouver l’histoire Berliet et celle de l’automobile lyonnaise.

La Grande Aventure automobile lyonnaise par Pierre-Laurent Pouzet aux éditions La Taillanderie avec une préface de Paul Berliet

Via LeProgrès, FondationBerliet, FA, PassionAuto, AFP, Youtube.