Mea maxima culpa ! La CLK présente à la Mercedes Gallery n’était pas une CLK-GTR mais « la » CLK-LM, seul modèle de ce type encore existant. Cela valait bien le coup d’un nouvel article…

Tout le monde peut se tromper, et sans dire que cela peut arriver aux meilleurs, je me dois de corriger un précédent article où j’affirmais que la Mercedes-Benz Gallery exposait une CLK-GTR. Un pétard mouillé puisqu’il s’agit d’une supercar plus rare encore que cela : il s’agit de la CLK-LM, châssis 002, dernier survivant d’une série de deux véhicules dont le premier a fini dans un mur lors d’un crash-test. Et son histoire vaut le détour.

A la fin de l’année 1997, le constat est fait que le programme CLK-GTR a parfaitement atteint son objectif de truster la catégorie GT1 des courses d’Endurance, obtenant les titres pilote et constructeur. Seulement, les ingénieurs d’AMG qui dirigent les opérations ne sont pas tout à fait satisfaits par leur machine. Le V12 6.0 l n’est pas suffisamment fiable, et surtout il est trop volumineux pour la nouvelle cible qu’ils se sont fixés : remporter les 24 Heures du Mans 1998, alors que l’Etoile n’y participe officiellement en son nom plus depuis le terrible accident de 1955. Forts de ce cahier des charges, les équipes d’AMG concoctent un nouveau moteur, un V8 ouvert à 90° de 5.0 l qui a déjà fait ses preuves puisqu’il s’agit du bloc « M119  » utilisé par les Sauber-Mercedes C11 du Groupe C au tout début des années 1990. Sa colossale puissance (730 chevaux) est dégonflée à 600 ch (ablation des turbos) tandis que la cylindrée passe de 5.0 à 6.0 l pour entrer dans la catégorie GT1, celle des Toyota GT-One, Nissan R390 et Porsche 911 GT1. L’aérodynamique est revue pour l’occasion : la CLK-Le Mans est née.

Comme pour la CLK-GTR, il est décidé de produire en marge des 4 châssis « course » 25 exemplaires de route (Strassenversion). Il ne faut pas trainer car le règlement GT1 impose qu’un exemplaire homologué sur route ouverte soit présenté à la FIA avant sa première course, qui est les 24 Heures du Mans. Et c’est la raison d’être du présent châssis 002 exposé à Paris que d’être montré à la presse et à l’encadrement de la course, tandis que le châssis 001 finira sa course (si l’on peut dire) sur le mur du crash-test de l’ADAC… Avec la CLK-LM Strassenversion fin prête, Mercedes peut courir au Mans : rapide, elle y réalise même la pôle position avec Bernd Schneider en 3 min 35 s 544. Mais les deux exemplaires engagés vont abandonner, au 19ème tour pour la n°35, et au 31ème tour pour la n°36, par manque de fiabilité. Après ces 24 Heures moroses, la CLK LM remplit sa mission et succède à la CLK-GTR pour remporter le Championnat FIA GT1, titres constructeur et pilotes (avec Klaus Ludwig et Ricardo Zonta), se permettant au passage de remporter toutes les courses de la saison.

L’arrêt de la catégorie GT1 à la fin de l’année 1998, et peut-être aussi l’insuccès cuisant au Mans, ne poussèrent pas les dirigeants de Mercedes à tenir la promesse de la fabrication des 25 CLK LM Strassenversion, à tel point que le châssis 002 est vendu à un grand collectionneur japonais -par ailleurs importateur de la marque sur l’Archipel- alors même que d’ordinaire la Marque conserve au moins un exemplaire de chacune de ses productions… Demeurée japonaise de 1998 à 2013, la CLK-LM Strassenversion a récemment été achetée par deux français, qui ont choisi de la présenter pour la première fois au grand public au sein de la Mercedes-Benz Gallery de l’Avenue des Champs-Elysées. Ses caractéristiques surpassent légèrement celles des prototypes d’Endurance : son V8 développe 664 chevaux et promet une vitesse de pointe de 346 km/h. Rares sont les voitures « civiles » à être aussi radicales : la CLK LM est en ce sens rejointe par sa cousine CLK GTR Supersport, bolide dont le V12 7,3 l de 720 chevaux équipe une autre hypercar, la Pagani Zonda.

Après la CLK-LM vint la Mercedes CLR, en 1999, qui s’engagea cette fois en catégorie LMGTP. Équipée d’un moteur 5.7 l V8, elle est elle aussi rapide, et elle dut abandonner, pour raison de sécurité cette fois : elle décollait de la piste !

Autres invitées de la Mercedes-Benz Gallery, qui a renouvelé ses modèles depuis le précédent article, un GLA 220 CDI, mais aussi la toute dernière Classe C.

On trouve une autre voiture de sport, la rare SLS Electric Drive. Cette dernière, 100 % électrique, détient le record de la Nordschleiffe dans sa catégorie, avec un temps de 7 min 56 s. Puissante de 751 chevaux transmis à ses 4 roues, la SLS coûte 416 500 €, pèse plus de 2 tonnes, et abat le 0 à 100 km/h en 3,9 secondes. Une sacrée sportive là encore, bien que ses batteries ne puissent pas soutenir un tel rythme plus de quelques  tours, et réclament jusqu’à 30 heures pour un rechargement complet sur prise 220 volts.

Reste la dernière pépite de la Gallery pour ce printemps : une 300 SL à portes papillon un peu spéciale, puisqu’il s’agit de l’ultime exemplaire qui soit encore une première main. Une chose rare dans un monde où l’automobile, comme les oeuvres d’art, s’échangent comme autant de produits spéculatifs dont la rareté sert à faire monter les enchères…

L’exposition se tient jusqu’au 26 juin prochain. Dans les jours à venir nous parlerons également des expositions tenues chez Citroën, Renault, FCA, BMW et Toyota.

Crédit photographique : François Mortier pour BlogAutomobile.fr