Essai : Renault Clio V. Définitivement tout d’une grande

Après un premier aperçu de la nouvelle Renault Clio peu avant sa présentation en mars dernier, nous avons pu prendre en main la cinquième génération de la citadine française sur les routes portugaises. On vous raconte…

Du coup, cet article sera un peu différent des autres. Si vous souhaitez tout savoir sur la nouvelle Clio, la théorie se trouve juste ici ; ici, on va plutôt s’intéresser à la pratique. Et la pratique commence dès la découverte des voitures à l’aéroport de Lisbonne. Première impression : il claque, cet Orange Valencia ! Encore plus pétant à la lumière du jour que sous la lumière des studios. Pétant, mais sans être criard pour autant : une vraie réussite à mes yeux. Mais derrière la teinte se cache une carrosserie, et crevons l’abcès de suite : oui,  cette Clio V ressemble à première vue énormément à la Clio IV. Un choix encore une fois parfaitement assumé par les équipes de style, qui ont décidé de capitaliser à mort sur ce qui devait être LE gros point fort de la génération précédente : ses courbes. On n’y touche pas trop, du coup. Mais, après avoir tourné autour durant deux jours (et surtout après avoir pu la comparer à la IV), je peux affirmer que cette Clio V est plus…mature. Plus moderne. Le style général est plus cohérent, les lignes se font un peu plus tendues, quelques plis viennent dynamiser l’ensemble, tout ce qui avait pu prendre un coup de vieux est passé au bistouri pour affronter sereinement les sept prochaines années. Je pense surtout aux optiques, au dessin plus sophistiqué et à la technologie améliorée : on parle ici de phares full LED dès le premier niveau de finition !

C’est à l’intérieur que la progression saute aux yeux. Tout change ! Du balai la planche de bord tristoune et pas quali pour un sou, place à un intérieur plus technologique, plus valorisant, tout simplement plus joli. Le gigantesque écran central de 9,3” attire naturellement l’oeil et le doigt…mais il faudra débourser 350 € pour l’avoir, la quasi-totalité de la gamme étant limitée à “seulement” 7 pouces (à moins d’opter pour la luxueuse version Initiale Paris). En ce qui est de l’ergonomie et de l’interface, je dirais que c’est à un niveau juste correct pour une voiture de 2019, mais je crains que le système ne soit rapidement dépassé par la concurrence -et je pense ici à la Peugeot 208 qui risque de lui faire mal. Pour continuer sur la partie doigt, on note avec une certaine satisfaction que quasiment tout ce qui est à portée de main est soit gainé, soit moussé : planche de bord, contre-portes, accoudoir… Tout y passe et c’est tant mieux. Ah, et pour terminer sur le chapitre mimines, notons avec bonheur le retour des poignées de maintien. Un vrai progrès, donc, nécessaire pour se relancer sur un segment B toujours très concurrentiel.

Niveau oreilles, je suis sacrément content : cette nouvelle Clio embarque un système Bose de haute volée. Une très bonne surprise, d’autant plus que les surmontes Bose me déçoivent en général. Mais pas là ! Le rendu est extrêmement juste, et ce peu importe le style de musique. Pour arriver à ce haut niveau de prestations, les ingés Bose ont innové en intégrant le caisson de basse dans l’aile arrière, à l’inverse de l’habituel emplacement sous le coffre. Double avantage : le caisson se sert de l’air extérieur pour donner de la voix et le volume de coffre reste inchangé. Le seul problème, c’est que cette sono n’est disponible qu’en pack pas vraiment donné : 1 600 €… Ca commence à faire cher pour une citadine ! Terminons cette partie statique par les aspects pratiques. L’ajout d’un accoudoir à l’avant est évidemment bénéfique pour les rangements, puisqu’ils passent de 22 à 26 litres. L’habitabilité est excellente, notamment à l’arrière : les sièges avant sont beaucoup plus creusés qu’auparavant, et c’est tout bénéf pour les genoux du second rang. Reste le coffre qui, s’il a la bonne idée de progresser en contenance (391 litres, nouvelle référence dans le segment !), souffre d’un seuil de chargement bien trop élevé. Renault a tenté d’y pallier avec l’ajout d’un double plancher…mais je trouve tout de même le résultat franchement pas pratique. On en reparlera quand il s’agira de charger des packs d’eau !

Il est temps d’aborder la partie dynamique. Si la carrosserie se révèle très conservatrice, tout change en-dessous : nouvelle plateforme, nouveaux trains roulants, nouveaux moteurs. Niveau plateforme, cette nouvelle Clio inaugure la délicieuse CMF-B qui sera amenée, à terme, à équiper 70 % de la gamme Renault. Ses avantages ? Plus légère (jusqu’à 50 kg de gagnés) mais plus rigide, plus aérodynamique, plus silencieuse. Et c’est vraiment le silence de fonctionnement qui est le plus impressionnant quand on conduit la Clio : jusqu’à 110 km/h, c’est vraiment le calme absolu. Bluffant !

En tout cas, au volant de cette Clio, un maître-mot prédomine : la polyvalence. Comprenez par là qu’elle fait tout bien. Le confort est extrêmement maîtrisé dans toutes les situations ; la direction est légère mais suffisamment précise ; le diamètre de braquage est réduit à 10,4 mètres, parfait pour la ville ; en dehors des agglomérations, le comportement routier est sain -comprendre par là qu’elle peut gérer quand le rythme s’accélère mais qu’elle ne restera pas spécialement engageante. Sur ce dernier point, j’aurais pu penser que la version RS-Line, avec son bouclier retravaillé, son volant à troutrous, ses sièges enveloppants et ses surpiqûres aurait pu un peu corser les choses mais raté, les modifications ne sont qu’esthétiques. De nouvelles techs sont également là pour nous faciliter la tâche, comme la caméra 360° ou “l’assistant route et trafic”, regroupant régulateur adaptatif et maintien en voie. Un équipement plutôt bien foutu, si j’en crois mon expérience après une courte démonstration sur une voiture de présérie -le système n’étant disponible que fin 2019.

Côté motorisations, j’ai pu mettre la main sur le 1.0 TCe 100 ch BVM5, coeur de gamme, ainsi que le 1.3 TCe 130, forcément couplé à la boîte à double embrayage EDC7. Concernant le premier, il est suffisant pour la vie de tous les jours ; il faudra simplement ne pas hésiter à faire jouer entre la cinquième et la quatrième pour relancer hors agglomération. Heureusement, le levier de vitesse, assez haut, tombe naturellement sous la main et son débattement n’appelle aucune critique. Quant au TCe 130, là, on est plus que large, avec 260 Nm de couple disponibles dès 1 600 tr/min. L’EDC7, douce en toutes circonstances, aurait peut-être gagné à avoir un mode 100 % manuel, sa réactivité pouvant quelquefois être améliorable -mais ce n’est qu’un détail.

Terminons par le chapitre financier. La gamme est plutôt large, puisqu’elle s’étire entre 14 100 € et 26 100 € selon le moteur et la finition choisie. Le second niveau de finition “Zen” offre l’essentiel (climatisation manuelle, écran 7” sans GPS mais compatible CarPlay/Android Auto) pour un prix dans la moyenne du segment (17 800 € en TCe 100) ; ceci dit, pour avoir tous les petits gadgets énumérés plus haut, il va falloir taper dans la finition Intens ou GT-Line, et les prix augmentent d’autant, avec respectivement des billets d’entrée à 20 100 et 21 400 €, toujours avec le TCe 100. Pour le TCe 130, c’est 2 700 € supplémentaires et il ne faut pas oublier les divers packs d’options qui augmentent encore un peu la facture. Une stratégie qui me rappelle un peu ce que propose Ford avec sa Fiesta : un coeur de gamme bien placé et des haut de gamme un peu (beaucoup) plus salés -la preuve avec cet essai de la finition Vignale.

Mais il est temps de conclure. Que retenir de cette nouvelle Clio ? Que Renault n’a pas raté son coup. Remarquable polyvalence, habitabilité généreuse, équipements à la page : toutes les cases sont cochées. Il ne manque qu’une légère retenue sur les tarifs en haut de gamme ! Mais tout est réuni pour un succès commercial bien mérité. Et ce n’est qu’un début : la version hybride arrive l’année prochaine et j’ai extrêmement hâte de me mettre derrière son volant…


Merci à Renault pour l’invitation.

Crédits photos : Jean-Baptiste Passieux

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