Jantes 18 pouces, toit ouvrant panoramique, cuir matelassé, régulateur adaptatif, aide au maintien en voie, système hi-fi Bang & Olufsen… Je cite les équipements d’une grande routière ? Raté, ce sont ceux d’une Fiesta. Des équipements de grande donc, mais les qualités routières suivent-elles ? On a pris la route pour le savoir.

La Fiesta, on la connait : Ugo est parti l’essayer pour nous en Espagne lors de son lancement. Vous êtes donc incollable sur cette septième génération de la citadine Ford et, comme on commence à en croiser pas mal dans la rue, vous vous êtes fait votre propre avis sur le style extérieur. De fait, je ne vais pas forcément m’attarder sur toutes les caractéristiques de la bête… Néanmoins, je ne peux vous cacher qu’elle présente bien, cette Fiesta Vignale. Son bouclier avant beaucoup plus ouvert que les versions traditionnelles permet d’asseoir la voiture, tandis que la calandre et ses V apportent une certaine élégance. La peinture est de très belle facture tandis que les jantes de 18 pouces font quand même un peu trop pour une voiture de 4.04 mètres… Elle a du cachet, cette petite. Un chic assez discret mais suffisamment valorisant pour se démarquer des Fiesta société.

L’intérieur, en revanche, m’a fait l’effet d’une petite claque. La planche de bord, surtout. Qu’est-ce qu’elle est bien foutue ! D’un point de vue bagnolard, la position de conduite est très bonne, l’épaisse jante du volant est bien agréable sous la main et les compteurs sont d’une lisibilité sans faille. Mais aussi –et surtout- à cause de l’écran central ! Un système haut de gamme de 8 pouces embarquant le système SYNC3. Que dire, si ce n’est que les menus sont ultra clairs, les fonctionnalités utiles sont accessibles immédiatement, le tactile est ultra réactif et l’interface, de façon générale, est terriblement pratique. En fait, j’ai l’impression de découvrir le premier système d’info-divertissement développé en fonction des besoins du conducteur. Ça fait du bien ! Je n’ai d’ailleurs jamais eu envie de basculer sur Android Auto ou Apple CarPlay, ce qui est suffisamment rare pour le signaler.

Pour le reste de l’habitacle, la qualité des matériaux est sans reproche, notamment grâce à la planche de bord gainée de simili –spécificité de cette version Vignale. L’habitabilité arrière et le coffre ne cassent pas des briques, mais il faut se rappeler que la Fiesta est une des plus courtes de la catégorie avec 4.04 mètres ; de plus, un plancher modulable permettra de compartimenter les 292 litres du coffre. La luminosité est agréable avec le grand toit ouvrant (en option, malheureusement), ce qui fait ressortir de plus belle l’harmonie intérieure, clairement féminine. Passe encore pour le cuir pourpre des sièges (agrémenté d’un joli passepoil grège, rare !), mais j’ai quand même du mal avec les placages fuschia… D’autant plus qu’il n’est pas possible de choisir autre chose. Un peu dommage quand même…

Allez, les présentations sont faites, il est temps de démarrer. Comme annoncé dans l’intro, j’ai voulu prendre la Fiesta Vignale à son propre jeu : elle a des équipements de routière ? Alors on va prendre la route ! Programme : partir à Bordeaux à quatre à bord avec les bagages qui vont bien. Première bonne nouvelle : cinq bagages cabine rentrent dans le coffre sans aucun problème. Mais voilà, nous sommes en plein Paris un vendredi soir et rejoindre l’A10 promet d’être apocalyptique. Heureusement, le GPS avec info-trafic nous trouve un itinéraire fluide qui nous fera rejoindre l’autoroute à Limours. Voilà qui nous permet de découvrir ce que vaut la Fiesta en ville !

Pour cet essai, j’ai eu droit à l’EcoBoost essence 1.0L dans sa déclinaison 100 ch / BVA6. Une boîte automatique à convertisseur, c’est quand même sacrément bien en ville… Celle de la Fiesta est une bonne élève, douce, réactive, n’hésitant pas à rétrograder quand il le faut. Cerise sur le gâteau, le reste suit : l’EcoBoost est de loin le trois cylindres le mieux élevé que je connaisse, ne grognant, vibrant ou s’égosillant jamais. J’avais peur du confort avec de si grosses jantes mais raté : les trépidations sont bien gérées, les remous aussi… Nos popotins sont entre de bonnes mains. Dernier point : la direction peut s’avérer un chouille collante en manœuvres mais devient bien plus agréable dès qu’on roule.

Allez, l’A10 est devant nous. Un trois cylindres de 100 ch, c’est suffisant pour emmener une citadine de 1 200 kg à vide + quatre adultes + leurs bagages ? Le 12.6 s pour passer de 0 à 100 km/h me fait un peu peur –précisons que la BVA ajoute deux secondes à l’exercice. Eh bien raté : la Fiesta ne se démonte pas. Oh, bien sûr, les sorties de péage n’ont rien de décoiffant et vous ne passerez pas votre temps sur la file de gauche, mais on arrive et on se maintient à 130 sans l’ombre d’un problème. Avec une belle surprise : l’insonorisation ! Jusqu’à 110 km/h, le silence est impressionnant. Au-delà, il y a certes un peu de bruits aéro, mais le moteur et les pneus restent remarquablement muets.

Ce qui permet de tester un équipement qui m’intriguait au plus haut point : la sono Bang & Olufsen. Eh ouais, 675 Watts, 9 haut-parleurs et un caisson de basse dans une Fiesta. De quoi monter à 135.3 dB ? Peut-être pas quand même. Je ne vais rien vous cacher : le son n’a rien d’extraordinaire. Il est puissant, OK, il se débrouille bien dans tout ce qui est rock, OK, mais il tombe dans le piège bien trop classique de nous submerger de basses. Et ce même en trifouillant les paramètres ! Allez, passons à autre chose, il y a bien d’autres joujoux à découvrir. Notamment le radar adaptatif bien foutu, ou l’assistant de maintien en voie pas trop intrusif. Tout cela fait que, aussi bien à l’aller qu’au retour, on arrivera à destination en pleine forme, sans dos en compote ou fessier en morceaux. Mission réussie !

Et un petit aparté sur ses performances sur départementales : dieu qu’elle est amusante ! Le châssis a l’air d’être aux petits oignons. Je dis « a l’air » car les 100 ch sont bien insuffisants pour arriver à ses limites… Pour autant, le moteur, vivant et réactif, se fait une joie de monter dans les tours, et la boîte auto se prend elle aussi au jeu. La direction, quant à elle, pèse juste ce qu’il faut et reste raisonnablement communicative. Qu’est-ce que j’ai hâte de découvrir la version ST !

Mais nous arrivons au chapitre tarif. Jusqu’ici, la Fiesta réalise un carton presque plein, et les 20 850 € exigés pour une Vignale EcoBoost 100 ch BVA semblent être en rapport avec les prestations. Sauf que ! Sauf que la petite a un penchant pour la boisson, avec 7.5 l/100 km relevés après 1 400 km d’essai. Second problème : pour ce prix-là vous avez une version 3 portes, et le catalogue des options reste sacrément fourni. Peinture métallisée ? Sellerie cuir ? Navigation ? Caméra de recul ? C’est en option ! Et si en plus vous voulez les équipements sympas vus dans l’article, l’addition enfle très rapidement. Mon exemplaire coûtait 26 950 €… Et les phares restent à halogène. Je suis allé voir les tarifs de la VW Polo, et en sélectionnant la version la plus proche (TSI 95 DSG7 Carat Exclusive), j’arrive à 25 230 € ! Sachant que la Polo embarque des optiques full LED et des compteurs numériques de série…

La Ford Fiesta Vignale est chère, donc. Trop, même. Ce qui est dommage, puisque c’est une voiture diablement agréable à conduire au quotidien. Mon conseil ? Passez sur une finition plus basse et piochez dans les options. Vous aurez une voiture certes moins exclusive mais tout aussi polyvalente et sympa à emmener sur la route. Le meilleur des deux mondes, en quelques sorte !

Merci à Ford France pour l’aimable prêt.

Crédits photos : Ugo Missana, Jean-Baptiste Passieux

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