Alors que la Mercedes Classe C s’apprête à entrer prochainement en concession avec un léger restylage, j’ai eu la chance de prendre en main la version cabriolet avec une motorisation bien connue, le diesel 220d.

Sur le parking du constructeur, son habitacle « marron camel » attire tout de suite mon regard. C’est une véritable invitation à prendre place à bord. Et il y a peu de chance d’être déçu par ce qu’on y trouve, les goûts et les couleurs vous me direz… Quoi qu’il arrive, les matériaux utilisés tout comme la qualité des finitions sont irréprochables et ne pourront subir aucune critique. On oublie en réalité pour une fois l’austérité si chère aux constructeurs allemands, ce cuir coloré et le bois de la console centrale avec les quelques pièces chromées ou noir laquées qui rehaussent l’ensemble sont un véritable plaisir pour les yeux.

Et ce plaisir se poursuit lorsque l’on démarre. Le 4 cylindres se veut assez discret tant grâce au bon travail d’insonorisation que par l’absence de vibrations. Je m’élance rapidement dans la jungle urbaine et ne mets pas longtemps à prendre conscience du confort offert par ce véhicule. Le moteur est souple, il est parfaitement accouplé à la BVA9 qui est totalement invisible et les suspensions se rient des irrégularités de la route. On prend plaisir à rouler tranquillement et se faufiler aisément quand il le faut dans le flux de circulation ou les petites rues.  Avec ici une moyenne oscillant entre 7 et 8l/100 la consommation ne s’envole pas outre mesure.

Essai Mercedes Classe C (Cabriolet 220d)

Le départ le lendemain à 4h fait très mal mais grâce à mon cocon entièrement chauffant, associé à cette sensation de tapis volant offert par les suspensions (encore elles), les 500 km jusque dans les montagnes se font d’une traite sans la moindre fatigue. La très bonne stabilité et la conduite semi-autonome font de ces longs trajets sans grand intérêt, une formalité. Seuls quelques bruits de vent naissants au-dessus de 110 km/h viennent légèrement interrompre le calme ambiant, l’inconvénient d’avoir choisi un cabriolet. Avec une consommation d’à peine 6,5 l/100 il n’est pas nécessaire de s’arrêter trop souvent à la pompe.

Le plus intéressant arrive au moment où les premiers lacets du côté de Mieussy (74) apparaissent devant moi. Je sortais d’une Megane GT avec ses 4 roues directrices puis d’une S60 Polestar avec une puissance et un appui aéro assez démoniaques, mes attentes en termes de tenue de route étaient par conséquent placées très hautes mais son agilité a réussi à me bluffer. Cette Classe C Cabriolet a une vivacité assez incroyable et on ne sent aucun problème de rigidité. Les 170 ch sont forcément trop léger pour se faire plaisir en accélération mais elle compense avec tous ses autres atouts. A savoir en premier lieu l’absence de roulis, on vire totalement à plat et sans se préoccuper de la qualité du revêtement grâce au système AIRMATIC (encore et toujours) tellement efficace qu’il permet de se concentrer uniquement sur notre tracé et prendre les bonnes trajectoires. Trajectoires qui ne manqueront pas de précision tellement le train avant est incisif et les 4 roues motrices nous permettent d’attaquer sereinement, tout en se défendant très bien sur la neige ou sous la pluie.

Je tire parti d’un moment d’accalmie de la météo pour décapoter et faire quelques photos. Le coup de crayon de ce cabriolet est très réussi. Il n’y a pas de révolutions stylistiques par rapport au design Mercedes habituel mais le charme opère. Le gris habituellement ennuyeux révèle ici une classe certaine avec un soupçon de sportivité qui se marie parfaitement à la personnalité de cette voiture. La calandre originale attire l’œil sur les feux à LED dont le regard est tout droit dirigé vers la route ainsi que les larges prises d’air prêtes à dévorer de l’asphalte. L’arrière, tout en finesse, est plus sage même si le diffuseur peint et les deux grosses sorties d’échappement (factices 🙁 ) nous rappellent ce petit grain de sportivité.

La route est maintenant sèche et j’en profite pour encore hausser le rythme sur un tracé dont je rêve chaque weekend : montées, descentes, virages serrés et courbes rapides sont au programme sur quelques kilomètres. A son volant j’ai plaisir à prendre de plus en plus serrées les belles épingles de montagne avec une facilité déconcertante, dommage seulement que le montant A soit un peu large pour bien voir la route. La 9Gtronic de Mercedes est toujours aussi parfaite, il n’y a en fait pas un seul mode de conduite ou une seule situation qui ne l’a met en défaut. C’est donc seulement sur le freinage où j’aurais le plus de regrets, avec plus de 1800 kg elle est forcément un peu pataude.

Après ces moments d’émotions, je m’aperçois que cela fait déjà plus d’une heure que j’ai pu enlever le toit avec à peine 1 petit degré à l’extérieur. Pour profiter parfaitement de l’environnement sans se sentir mal ou se retrouver malade le lendemain, on peut remercier les systèmes AIRCAP (qui réduit les tourbillons dans l’habitacle) et AIRSCARF (qui réchauffe la nuque des passagers avant). Avec tout ça, la consommation s’est un peu plus envolée, s’établissant entre 10 et 11 l/100.

75 550 €. Ce chiffre, assez astronomique, est celui du modèle que vous avez sous les yeux. C’est le fruit de 15 850 € d’options (rien que ça) qui se sont ajoutés au prix de base de 59 700 €. Là, je me dis que ça fait assez mal pour un petit 4 cylindres diesel, pas vous ? Pour presque le même prix, avec nettement moins d’options, vous pouvez opter pour le V6 AMG de 367 ch et sinon vous pouvez aussi obtenir le bloc essence 156 ch à partir de 45 000 €.

Hormis ce tarif exorbitant, la Mercedes Classe C semble avoir tous les arguments pour vous convaincre. Style, classe, agilité et dynamisme : le combo parfait pour kiffer cheveux au vent.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)