Les Mercedes ont encore une fois dominé les débats ce week-end à Monaco, tant en qualifications qu’en course. La rivalité naissante entre les deux pilotes de l’écurie est encore montée d’un cran après la séance de samedi…

Le 1-2 des flèches d’argent sur la grille de départ devient une habitude. Ce fut encore le cas à Monaco, avec cette fois ci  Nico Rosberg sur la première place de la grille de départ, au terme d’une séance qui aura été marquée par un début de polémique… En effet, lors de son dernier tour et alors qu’il avait le meilleur temps provisoire, Nico Rosberg a manqué son freinage à Mirabeau et a tiré tout droit dans l’échappatoire, créant ainsi un drapeau jaune empêchant Lewis Hamilton d’améliorer son chrono. Acte volontaire « à la Schumacher en 2006 » disent certains, simple erreur due à une trop grosse attaque affirment les autres, dont le principal intéressé. Chacun se fera son avis, quoi qu’il en soit Rosberg a été convoqué par la direction de course pour éclaircir cette histoire et en est ressorti blanchi, il s’adjuge donc une nouvelle pôle position dans les rues de la principauté où il a grandi. Grosse ambiance chez Mercedes, donc. Le reste de la grille de départ, dans l’ordre : Ricciardo, Vettel, Alonso, Raikkonen, Vergne, Magnussen, Kvyat, Perez, Hulkenberg, Button, Bottas, Grosjean, Maldonado, Massa, Gutierrez, Sutil, Chilton, Kobayashi, Bianchi, Chilton.

Le départ se déroule sans accrochage, mais sans Maldonado (ça aide sans doute un peu …) qui n’a pas pu s’élancer lors du tour de formation suite à un problème mécanique sur sa Lotus. Ericsson part quant à lui depuis la voie des stands. L’absence de la Lotus à l’arrière du peloton va causer du tort à Bianchi, Chilton et Gutierrez qui avanceront chacun d’une place alors que cela n’est pas autorisé. Résultat, une pénalité de 5 secondes pour les 3 lors de leur arrêt au stand.

Raikkonen réussit un superbe envol en grillant la politesse à Alonso et à la RedBull de Ricciardo, par l’extérieur s’il vous plait, il se retrouve ainsi en 4ème position après le premier virage de San Devote. La course va être très rapidement interrompue suite au crash de la Force India de Sergio Perez à Mirabeau, touché par Jenson Button. La monoplace étant dans une position délicate, la voiture de sécurité fait son apparition. Grosjean et Sutil passent par les stands (suite à une touchette entre les deux) durant la neutralisation qui durera jusqu’à la fin du troisième tour.

Rosberg gère parfaitement la relance, Hamilton le suit néanmoins de très près mais un nouveau coup de théâtre approche : Sebastian Vettel est en grande difficulté, il prévient son stand qu’il n’a plus de puissance ! Il va rejoindre tant bien que mal son box, réussira à repartir (à 1 tour des Mercedes), mais devra finalement renoncer au tour 7, sa boite de vitesse ayant décidé de faire des siennes également en restant bloquée en 1ère…

Pas de soucis à signaler sur les Mercedes qui s’envolent en creusant un écart conséquent sur leurs poursuivants les plus proches, où les moins loin devrait-on dire… Raikkonen a profité de l’abandon de Vettel pour s’emparer de la 3ème place, mais il ne peut pas suivre le rythme imposé par Rosberg et Hamilton.

Le Grand Prix entre alors dans sa phase « soporifique », où rien ne se passe ou presque… Adrian Sutil, déchainé, enquille les dépassements (comme quoi, c’est possible !) : d’abord sur Grosjean à l’épingle dans une manoeuvre osée, puis sur Ericsson et enfin sur Chilton à la chicane après le tunnel au 17ème tour. Entre temps, Daniil Kvyat a du abandonner suite à un soucis mécanique sur sa Toro Rosso.

Les 2 Mercedes continuent leur course seules au monde et reviennent déjà sur la queue du peloton au 24ème tour ! Grosjean rentre aux stands au 25ème tour pour changer ses gommes, et quelques instants plus tard Sutil perd le contrôle de sa Sauber à la sortie du tunnel et entraine une nouvelle voiture de sécurité ! Ça se bouscule dans les stands, tout le monde profite de cette nouvelle neutralisation pour rentrer et Jean-Eric Vergne passe près de la correctionnelle en ressortant un cheveu devant Magnussen.  La pénalité pour « unsafe release » est alors inévitable pour le français…

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Hamilton, en mode « grognon », fait savoir à son équipe que cet arrêt anticipé n’était pas à son goût. Raikkonen passe une seconde fois par les stands après avoir été heurté par la Marussia de Chilton lors de sa remise dans le tour des leaders sous le régime de la voiture de sécurité…

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La course est relancée à la fin du 30ème tour. Quelques nouveaux dépassements interviennent en piste : Magnussen vient à bout de Vergne à la Rascasse, Raikkonen passe Kobayashi après un gros freinage à la chicane après le tunnel, puis Bianchi passe à son tour le Japonais, virilement, au 36ème tour. Vergne effectue sa pénalité (Drive Through) et ressort 13ème au tour 38. Grosjean passe Kobayashi à la chicane au tour 40, il est alors 14ème. Felipe Massa, qui ne s’était pas encore arrêté, rentre aux stands au tour 46 et chute dans le classement en passant de la 5ème à la 11ème place.

Le chat noir de Vergne a fait le déplacement jusque dans la principauté : le français doit abandonner au 52ème tour après que son moteur ait décidé de rendre l’âme dans un panache de fumée… Il n’est pas le seul a devoir renoncer puisque 5 tours plus tard c’est Valtteri Bottas qui subit le même sort ! La Safety-Car ne sortira pas, sa Williams est évacuée de la piste en un temps record.

Nouvel incident quelques minutes après, avec Guttierez qui tape le rail juste devant l’entrée des stands et part en tête à queue. Là encore, la monoplace même très mal placée disparait très rapidement sans voiture de sécurité grâce à l’excellent travail des commissaires, toujours très efficaces ici.

Cette hécatombe profite à Jules Bianchi, alors 10ème. Cependant, il est dans l’œil de la FIA et va écoper de 5 secondes de pénalité … pour avoir mal effectué sa première pénalité (original !). Il l’avait purgé sous le régime de la voiture de sécurité, ce qui est interdit… N’ayant plus d’arrêt à effectuer, ces 5 secondes seront ajoutées à son temps de course global à la fin de l’épreuve.

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Dans l’œil d’Hamilton cette fois ci, une poussière ! Le Britannique, très gêné, va perdre de précieuses secondes sur Rosberg à 10 tours de l’arrivée. Autre duel chez McLaren : Button passe Magnussen au tour 74, puis Raikkonen tente d’en faire de même à l’épingle du Loews mais sa tentative se solde par un échec cuisant et dans le rail qui plus est! Magnussen se retrouve alors coincé par la Ferrari, mais les 2 pilotes parviendront à repartir.

La fin de course est animée par Ricciardo qui remonte à vitesse grand V sur Hamilton. Au tour 74 l’Australien est à moins d’une seconde, mais malgré tous ses efforts il ne parviendra pas à s’emparer de la 2ème place.

Au final, Rosberg s’impose pour la 2ème année consécutive dans la Principauté en ayant mené la course de bout en bout, comme c’est souvent le cas ici à Monaco. Belle performance pour Jules Bianchi qui termine en 9ème position (8ème en course mais sa pénalité de 5 secondes lui fait perdre une place) et offre ainsi ses premiers points à Marussia ! Romain Grosjean profite de la pénalité de son compatriote pour grappiller un rang et termine donc 8ème, un résultat très honorable pour lui qui n’avait jamais vu l’arrivée à Monaco et pour sa Lotus pas très à l’aise sur ce circuit.

Le classement complet :

 classement-GP-Monaco-2014

Au championnat pilotes, Rosberg reprend la tête est compte désormais 2 fois plus de points que Fernando Alonso, 3ème :

 classement-pilotes-F1-Monaco

Pour les constructeurs, Mercedes conforte encore plus son avance et on voit mal qui pourrait les empêcher d’être champions cette année ! :

 classement-constructeurs-F1-Monaco

Prochain GP dans 2 semaines au Canada !

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