Fiat-Chrysler... ça ne va pas

Après le lancement réussi de la nouvelle Alfa Romeo 4C et les premiers bons avis et essais, retour aux affaires courantes qui rythme la vie de l’entreprise italienne. Et en ce milieu de semaine, elles sont au moins au nombre de quatre et concernent, dans le désordre Jeep, VM Motori, Alfa Romeo et Chrysler.

Chrysler :
Alors qu’en début de semaine, Fiat et Chrysler ont annoncé aux médias et au monde de la finance le dépôt du dossier comme une vraie décision de leur part, on a appris et eu la confirmation que le dépôt par Chrysler du dossier est une initiative de son deuxième actionnaire, Veba. Avec cette action, le fonds américain qui détient encore 41.5% du capital de la marque a exercé la clause prévue lors du dépôt de bilan et de la restructuration de Chrysler en 2009 – pilotés par les autorités américaines – lui permettant d’engager une procédure d’introduction en bourse. Cette nouvelle escalade de l’affrontement entre Veba et Fiat, est à prendre très au sérieux puisque le second actionnaire de l’entreprise d’Auburn Hills menace désormais de reconsidérer l’ensemble de ses relations avec le constructeur américain.
Aussi, le fonds Veba réaffirme son désaccord radical avec la firme de Turin sur la valorisation du groupe américain. Fiat évalue la totalité de Chrysler à 4.2 milliards de dollars, tandis que le fonds Veba l’estimerait à… 10,3 milliards de dollars c’est à dire 2.45 fois plus que Fiat. Et dans l’affaire le fonds espère obtenir cinq milliards de dollars, alors que le groupe italienne estime l’affaire aux environs de 2.2-2.4 milliards.

De son coté, l’administrateur délégué fait monter la pression en faisant savoir via Chrysler qu’il était en train de reconsidérer les avantages et les coûts de l’évolution de sa relation avec l’entreprise US tout comme il réévalue les relations entre les deux groupes en matière de partage de technologies, de motorisations, de plateformes communes et d’autres ressources liées à l’industrialisation des voitures.

Reste que cette mise en bourse ne facilite en rien les affaires de Sergio Marchionne et son projet de pouvoir profiter des 12,2 milliards de dollars de trésorerie et équivalents de Chrysler qui sont nécessaires aux projets du possible future groupe Fiat-Chrysler.

Alfa Romeo :

Alfa Romeo aux USA, ce n’est donc pas encore pour demain ! Initialement le retour d’Alfa Romeo était prévu outre Atlantique en début d’année 2012, puis fut reporté à la fin de cette même année. Ensuite on annonça le retour d’Alfa aux USA en 2013… au moment du lancement de la 4C… Mais le retour fut repoussé une fois de plus et la date officiellement fixée à la fin du second semestre 2013. Et là, badaboum ! C’est un porte parole lié aux deux entreprises qui est intervenu ce jour pour annoncer que le retour d’Alfa Romeo sur le marché américain était reporté au second semestre 2014 (si tout va bien…) et ce, sans date précise. Selon les observateurs et plusieurs sources proches du dossier, il semble que les actuels soucis de Fiat pour prendre le contrôle total de Chrysler sont à l’origine de ce nouveau report.

Jeep :

On pensait que l’arrivée de la nouvelle Jeep Cherokee était actée et que les soucis avec la fameuse BVA9 ZF étaient résolus. Il semble qu’il n’en soit rien puisque l’on vient d’apprendre que le lancement était encore reporté. Les raisons de ce report sont déjà connues puisqu’il s’agit d’un problème de fonctionnement de la BVA9 avec les 8eme et 9eme rapports.
Jeep promet une arrivée du SUV en concession dès la semaine prochaine et il faudra attendre quelques jours supplémentaires pour en avoir ou non la confirmation. Reste qu’avec déjà 10.000 Cherokee fabriqués et en stock sur parc, le constructeur a de quoi assurer tranquillement le lancement du Tout Terrain et satisfaire les premiers clients. Cette situation fait que Jeep va réaffecter pour quelques semaines 600 salariés et mettre en congé pour deux semaines environ 500 autres afin d’écouler les stocks déjà fabriqués. On restera toutefois dubitatif devant tant de retard et les « fameux » problèmes de la BVA9 qui officie déjà sans aucun souci chez Land Rover.

VM Motori : 

Detroit Diesel en 1995, Daimler AG & Chrysler en 2000, Penske Corporation en 2003, puis GM avec Penske en 2007 et Fiat avec GM en 2011, voici le nombre d’entreprises qui ont pris possession de VM Motori depuis 18 ans. En 2011, Fiat entre dans la danse et prend 50% de VM Motori comme ce sera le cas pour GM. Malgré une coopération courtoise et bien menée, il semble que Fiat veuille intégrer VM Motorio dans sa division Fiat PowerTrain (FPT) et pour cela Fiat envisagerait de racheter purement et simplement l’ensemble des parts détenues par le géant américain.
GM n’a toujours pas commenté cette annonce de début de semaine mais le groupe industriel turinois Fiat évoque l’exercice par General Motors d’une possible option de vente qui serait prévue dans le contrat de partenariat signé entre GM et Fiat au moment de l’entrée de Fiat dans le capital de VM Motori, il y a un peu plus de deux ans. Si l’on en croit les déclarations faites par les responsables du groupe italien, on souhaiterait du côté de Turin boucler l’affaire dans les trois prochains mois si cela est possible.

Via Financial Times, Reuters, Fiat, AutomotiveNews.