C’est par un bref communiqué la semaine passée que Jensen International Automotive a annoncé que la production de l’Interceptor était relancée. C’est durant l’été dernier qu’on avait eu la confirmation que la production pourrait reprendre lorsque JIA avait annoncé qu’un investisseur avait été trouvé en la personne de Charles Dunstone, le fondateur de Carphone Warehouse.

C’est donc chose faite la Jensen Interceptor va renaître et reprendre la route dans les mois qui viennent sous une forme quasi identique à celle de la version Mk III de 1975-1976. Mais la grande nouveauté, car il y en a une c’est l’arrivée du moteur V8 6.2 L LS3 de Général Motors dans une version forte de 430 chevaux. C’est la version S qui est entrée en production puisque la plus aboutie de toutes les Interceptor. L’autre nouveauté associée au moteur GM c’est la fin de l’antique BVA3 au profit d’une BVA4 plus contemporaine dans son fonctionnement et sa gestion. Ainsi 2011 voit Jensen passer de Chrysler à GM pour toute la partie mécanique.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’Interceptor, sachez qu’elle est née en 1966 ( une bien belle année ! ) pour succéder à la vieillissante et très british CV8. Elle est présentée lors de l’Earl’s Court Motor Show ( l’équivalent de l’actuel Salon Privé de Londres  ) et elle séduit tout de suite non pas pour ses gros V8 6.2 ( puis 7.2 L ) nés chez Chrysler mais pour sa belle allure novatrice pour l’époque que l’on doit au dessin du carrossier italien Vignale. L’Interceptor est aussi la première Jensen tout en acier, une vraie innovation la marque née en 1931.

Au delà de sa ligne élégante avec sa bulle arrière qui fut une innovation remarquée lors de sa présentation, l’Interceptor est une auto marquante à plus d’un titre. On vous a dit que les premiers à avoir installé l’ABS sur une auto ce sont les gens de Mercedes, c’est faux puisque cette auto disposait dès 1967, du système de freinage Maxaret développé par Dunlop qui était l’ancêtre de l’ABS mais hélas bien plus complexe puisqu’hydraulique et… un moins fiable . Nous sommes dans l’industrie automobile britannique des années 60 qui ne  sont pas les meilleurs crus en matière de fiabilité !

Mais ce n’est pas tout puisque vous croyez que les 4RM sont le fait d’Audi et de son fameux coupé; allez hop, à la trappe puisque l’Interceptor FF ( Ferguson Formula ) dispose dès la fin des années 60 de transmission intégrale. On doit le nom du système çà son ingénieur-inventeur qui développa le principe pour les McLaren de F1 mais qui ne l’utilisa jamais pour des raisons de poids excessif . Jensen acheta le brevet et l’installa sur quelques 320 Interceptor entre la fin 1966 et 1971. La Jensen disposait aussi de 4 freins à disques ( ventilés dès 1971 ) bien nécessaires pour freiner cette voiture qui avalait le 0 à 100 km/h en 7.5 sec et qui atteignait selon les années entre 225 et 230 km/h. La voiture ayant surtout été développée pour abattre les longues distances à des vitesses moyennes sur autoroute inavouables aujourd’hui puisque chez Jensen on estimait la voiture capable de croiser entre 185 et 193 km/h, de quoi mettre la Riviéra à une journée de voiture de Londres.

Cuir sellier cousu à la main, boiseries faites sur mesure, installation hifi réalisée à la demande et à l’oreille du client, tout est envisageable chez Jensen sur l’Interceptor 2011 qui n’est hélas pas une 4 RM mais une propulsion comme le furent les SP et les Mark III. Pour les amateurs, sachez qu’il n’y a pour l’instant que le coupé qui soit de retour en production, pour le cabriolet il faudra encore attendre un peu.

La Jensen est d’ores et déjà commandable auprès de JIA à partir de 105.000€ pour la version de base, sachant qu’une version « full op » sur mesure faite par les mains expertes des artisans vaudra quasiment le double. Penser aussi à prévoir un beau budget carburant car cela n’a jamais été le point fort de l’anglaise qui, dans les années 70, engloutissait sans peine ses 30 L/100 km en consommation mixte ! Et pour la conduite en France, pas de problème, la voiture est homologuée et existe en conduite à gauche, que demander de plus !

Pour retrouver le constructeur ou commander votre auto typically british , c’est par là.

http://www.jensen-cars.co.uk/

Et pour le plaisir de découvrir une belle anglaise méconnue ou oubliée, c’est par ici.

Et pour les amateurs de TV, n’oubliez pas que Le Saint ( 2nd  Gen) roulait en Jensen Interceptor.

Après la Bristol que je vous avais présenté il y a quelques mois, voici un autre moyen de rouler différemment tout en profitant du luxe et du savoir faire unique des petits constructeurs britanniques. Jensen aujourd’hui, c’est la voiture ci dessous, demain ce pourrait être comme l’illustration de V.Eight et à la fin des années 60-début des années 70, c’était comme avec la dernière image !

Pour plus d’images sur les belles anglaises mais par forcément petites, c’est par là.

http://www.greatescapecars.co.uk/

Via Jencot, vea.qc.ca, FlickR, GreatEscapeClassicCarHire, Jpblogauto, Youtube, JIA.