Moody’s s’inquiète pour l’avenir des deux groupes industriels européens et donc bien évidemment l’agence financière abaisse leurs notes ! C’est logique… quand une entreprise est en difficulté, il vaut mieux continuer à l’enfoncer.
Par l’abaissement des notes des deux groupes, l’agence sanctionne par principe et met en garde tout le secteur automobile en Europe. Ainsi ce mercredi matin, l’agence de notation a annoncé l’abaissement de la note de PSA de Ba2 à Ba3 et c’est la même punition pour Fiat qui voit sa note elle aussi chuter de Ba2 à Ba3 (Fiat, c’était dans l’air du temps. je vous en parle depuis la fin du printemps !).

Pour PSA, Moody’s par la voix de Falk Frey explique : « Les défis importants que doit relever le groupe pour se restructurer avec succès et redresser la performance opérationnelle de ses opérations automobiles. Aussi nous anticipons un nouveau recul de la demande de véhicules particuliers de l’ordre de 3% et une plus forte pression sur les prix en Europe en 2013. Les initiatives annoncées par PSA pourraient ne pas être suffisantes pour atteindre les objectifs financiers que le constructeur s’est fixé dans le cadre de son plan de restructuration. Nous doutons de la capacité de Peugeot à atteindre son objectif de retour à l’équilibre du cash flow opérationnel d’ici à l’année 2014″. L’abaissement de la notation est donc le reflet de l’analyse de Moody’s qui ne voit pas de mieux sur le marché automobile européen avant 2014 voire même plus surement 2015.

Le cas Fiat est lui aussi sous surveillance par les agences depuis de longs mois et Moody’s fait surtout remarqué l’importance de la baisse de la demande en voitures italiennes enregistrée depuis le début de l’année sur l’ensemble des marché d’Europe de l’ouest. L’agence pointe essentiellement la baisse des ventes de Fiat entre -20 et -35% en moyenne mais surtout celles d’Alfa Romeo (-30 à -55% selon les mois et les pays) qui atteignent un niveau historiquement bas. L’agence estime dans son communiqué que la demande de voitures en Italie devrait se contracter d’environ 20% en 2012 et qu’elle devrait se stabiliser à ce bas niveau en 2013. Je ne vous en ai pas parlé en fin de semaine passée pour cause de gros bug mais vous savez surement qu’en Italie, il se vend désormais plus de vélos que d’autos ce qui est du jamais vu depuis la fin de la seconde guerre mondiale et le signe d’un marché automobiles en très mauvaise santé. Par ailleurs Moody’s relève que les principales marques du constructeur sont lourdement focalisées sur le marché domestique du groupe Fiat et ceux du sud de l’Europe. L’agence met aussi en avant la surcapacité de production du groupe Fiat et ce malgré la fermeture l’an passé du site de Termini Imerese en Sicile. L’agence fait comprendre à demi mots que le problème de la surcapacité n’est pas encore résolu et va pour cette affaire dans les sens des envies de l’administrateur délégué qui envisage la fermeture d’encore au moins un site italien.
Enfin Moody’s note que Fiat pourrait être vulnérable à de plus grandes pressions de la concurrence au Brésil qui est, hors USA et marques US, le marché le plus profitable au groupe industriel. Mais la montée en puissance de VW, GM, des japonais et même des chinois pourrait faire perdre dans les prochaines années de belles parts de marché à Fiat en Amérique du sud. L’agence pointe enfin du doigt la faible présence de Fiat en Asie et en Russie (la récente annonce du report, surement de plusieurs années, de la construction de l’usine de St Petersourg ne va pas aider).

Difficiles situations pour les deux groupes mais dans les deux cas nous y verrons un peu plus clair et nous en saurons plus à la fin de ce mois d’octobre 2012. Car se profile le 25  une importante réunion pour PSA avec l’état et les syndicats, puis le 30 ce sera au tour de Sergio Marchionne de présenter un premier bilan pour les 9 premiers mois de 2012 et d’annoncer la suite des évènements et des projets pour le groupe turinois.

Via Moody’s, AP.