Tel le Phoenix, Saab va t il renaitre après sa quasi mort sous l’ère GM, sa descente aux enfers commerciaux, ses méventes et ses soutiens plus en provenance des nostalgiques des 99, 900 et 9000 que d’acheteurs potentiels, on ne peut que l’espérer tant le capital sympathie, l’image décalée, la technologie du Turbo et quelques modèles devenus mythiques ont marqué les amateurs d’automobiles et les saabistes. Reste que ce n’est pas gagné et malgré les propos rassurants de Victor Muller, de Philippe Van der Meulen et quelques autres on peut encore avoir des doutes et des craintes malgré certains partenariats qui se mettent en place ou des équipes qui en veulent. 65000 autos en 2011 sera, à mon avis, un beau résultat car les Saab restent des voitures onéreuses à l’image perdue qui sont pénalisées sur le marché par une tarification peu en rapport avec les produits.

10%, 15% c’est ce que coûtent en trop les Saab par rapport aux concurrentes qui sont ou moins huppées et presque aussi performantes ou plus « premium », technologiques et statutaires. Pas facile d’exister dans le ventre mou du marché avec un SUV inadapté à beaucoup de pays ( surtout l’Europe ), une 9-5 réussie mais sans image et trop chère, une 9-3 Griffin bien remise au gout du jour mais que tout le monde ( sauf les saabsites ) oublie au moment de l’achat et une 9-3X qui se trouve face aux redoutables Allroad, XC70, Outback en attendant l’arrivée prochaine des 508 Outdoor ou Superb Scout. Cette situation critique est matérialisée en France par des chiffres de ventes minuscules et presque pitoyables ( 574 autos vendues en 2010 soit – 63.8% par rapport à 2009 ) qui ne décollent toujours pas en ce début 2011 puisqu’on reste sur une rythme de 40-50 voitures/mois soit entre 500 et 600 autos/an ce qui réduit Saab à rien et dans ces conditions on comprend mieux que Saab France soit devenu une micro structure. Je ne m’étalerais pas sur l’état du réseau Saab, l’incompétence et l’absence de motivation de bon nombre de distributeurs ( et de leurs commerciaux ), sur les show rooms indignes d’une marque qui aspire à venir jouer dans la cour de BMW, Audi, Mercedes ou même VW, Citroën, Peugeot, Renault et plein d’autres encore !

Genève 2011, beaucoup de buzz depuis des mois, des nouveautés et ô miracle, un concept car qui plus est, dessiné par Jason Castriota, ex Pininfarina et auteur de quelques belles autos et une fois sur le stand… la déception avec cette Saab Phoenix qui ne ressemble pas à grand chose et malgré les clins d’oeil à l’histoire et aux modèles du constructeur de Trollhättan, on reste sur sa faim.

 

Le profil apparait déséquilibré, l’habitacle trop haut, l’arrière est massif, l’avant trop agressif, les trop grandes roues noircies n’arrangent rien à l’affaire et le profil du nez de l’auto rappelle étrangement le le profil de la tête des monstres du film Alien de Ridley Scott ( le meilleur des 4 ), ce qui n’est pas très engageant. Que dire des dérives latérales, des deux énormes sorties centrales d’échappement, du capot bosselé plus digne d’une américaine née chez… GM que d’une suédoise ou des feux arrières qui font jouet ou jeu vidéo plutôt qu’auto.

 

 

Que penser de l’habitacle ! Là aussi, nous sommes loin des repères ( essentiels en période de renaissance et de reconquête de la clientèle perdue ) de la firme et si l’ensemble est plus réussi que la carrosserie, il n’y a pas grand chose de Saab dans cette Phoenix si ce n’est l’ancien logo sur le volant. Un peu maigre tout cela pour séduire et pour nous faire penser que dans moins de deux années nous aurons une nouvelle 9-3 séduisante !

Je suis de ceux qui pensent que Castriota a voulu mettre un grand coup de pied dans la fourmilière bâtie pas GM mais de là à nous faire cette Phoenix, il y a un coup de pied de trop qui, hors intégristes saabistes, déçoit et déroute au point de faire en sorte qu’on puisse se détourner de la marque et l’oublier totalement au moment de l’achat d’une voiture si on se souvient de cette fameuse Saab Phoenix. GM a peut être mené Saab à son déclin, si ce n’est à sa quasi mort mais durant ces années nous avons eu de très beaux concepts cars presque réalistes ( parmi les plus séduisants du marché de ces 10 dernières années  ) mais là, c’est franchement loupé, pas avenant, pas enthousiasmant ni même interessant et si les Saab du futur sont faites du même métal », il y a fort à parier que la fosse sera vite en travers du chemin du constructeur suédois !

 

Attention car il ne suffit pas d’avoir un petit L4 Turbo BMW, de vouloir vendre des Saab en Chine, de se séparer de Spyker pour s’en sortir car il faut que Saab séduise de nouveaux et ce n’est pas avec un tel vilain petit canard que la marque va s’en sortir. J’ajouterais qu’il semble que le projet attendu de citadine premium soit passé par la case placard faute de plateforme ou de budget ? Surement un peu des deux et là c’est une erreur car le buzz avait bien fonctionné l’an passé et nous sommes nombreux à avoir suivi mais hélas….

Pour rester à Genève , que dire de la première mondiale plus que discrète de la 9-5 SportCombi qui était là posée sur le stand, toute grise, pas mise en valeur par une allure pimpante, de belles roues, un interieur remarquable et remarqué, non rien de rien et ça s’annonce mal pour ce grand break qui a pourtant un coup à jouer mais qui préfère l’anonymat et la grisaille face à une Insignia Sports Tourer, une serie5 Touring dynamiques. Décevant et terne le stand Saab entre un concept car presque raté, un nouveau modèle délaissé et finalement seules les 9-3 Griffin paraissaient pimpantes grâce à leur évolution réussie tant du point de vue esthétique que mécanique. Mais comme amateur de Saab, j’attends plus qu’un tel coupé de salon à l’allure peu avenante. Saab ne va pas encore très bien et à voir le stand genevois, on se dit que la rechute n’est pas loin et le malade encore très, trop fragile même !

 

Credits photos : N&R Photography, UgoMissana, AdrienSené.